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L'Etat islamique a exécuté 600 hommes dans le désert irakien : l'émouvant témoignage des survivants
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Histoire vraie

L'Etat islamique a exécuté 600 hommes dans le désert irakien : l'émouvant témoignage des survivants

L'organisation Human Right Watch a rencontré neuf hommes ayant réussi à réchapper au massacre. Ils s'en sont tirés en roulant dans le ravin, prétendant être mort, ou grâce aux corps des autres prisonniers qui tombaient sur eux, les protégeant ainsi des balles.

Il s'agit peut-être du pire massacre de masse réalisé par l'Etat islamique. Le 30 juin dernier, en Irak, les djihadistes ont conduit 600 prisonniers males, chrétiens, chiites et yazidis en plein désert, les ont aligné près d'un ravin et les ont exécuté à bout portant, a rapporté d'Human Right Watch jeudi 30 octobre. L'organisation a recueilli les témoignages de neuf hommes ayant réussi à en réchapper. Ces derniers s'en sont tirés en roulant dans le ravin, prétendant être mort, ou grâce aux corps des autres prisonniers qui tombaient sur eux, les protégeant ainsi des balles.

Au cours des 24 heures qui ont précédé la fusillade, les djihadistes n'ont donné ni à boire ni à manger aux prisonniers, leur promettant qu'ils auraient tout ce qu'il leur fallait une fois arrivés à destination. Le moment venu, ils leur ont dit qu'ils auraient de l'eau au paradis et les ont forcé à s'agenouiller sur une seule ligne derrière delaquelle ils ont creusé un fossé très profond. Puis ils leur ont demandé de lever la main, un par un, et de donner leur numéro. D'après les survivants interrogés par Human Right Watch, les combattants étaient jeunes, quelques-uns semblaient nerveux et d'autres très excités.

Avant de tuer les prisonniers, un des djihadistes a décidé de les regrouper en fonction de leur appartenance religieuse."Si je découvre un Shia parmi les Sunnites, je lui tranche la tête", aurait-il dit, selon un survivant. Les djihadistes ont ensuite demandé aux hommes leur croyances, leurs noms, leur ville d'origine et d'autres détails. "Ils nous ont tout pris : argent, montres, bagues, cartes d'identité. A partir du moment où ils nous ont demandé d'abandonner nos possessions, je savais qu'ils allaient nous tuer" raconte l'homme. 

"Avant qu'ils commencent à tirer (parce que c'était plus rapide pour exterminer les prisonniers que de leur trancher la gorge), j'ai embrassé les hommes à côté de moi, parce que je savais que nous allions mourir. Après qu'on se soit dit adieu, j'ai embrassé la photo de ma fille, priant Dieu de me sauver pour elle, parce que je n'ai personne d'autre", se remémore un autre.

Voyant que quelques-uns des prisonniers avaient survécu à la première salve, les prisonniers ont recommencé à tirer, jusqu'à ce qu'ils soient à cours de munitions. "Mon visage était plaqué sur le sable. J'ai entendu les pas d'un djihadiste, il était devant moi et a tiré dans la tête de l'homme à mes côtés. Il m'a tiré dessus aussi mais la balle a atteint mon avant-bras droit. J'ai senti quelque chose sur moi. C'était chaud, c'était le sang de mon ami Haider. J'ai pris un peu de son sang et l'ai mis sur mon visage pour qu'ils pensent que j'étais mort", témoigne un homme.

Les militants ont ensuite mis feu aux buissons à proximité et ont rependu les flammes autour des corps des prisonniers. Après leur départ, les survivants se sont enfui. "J'ai marché un peu puis je suis tombé à terre parce que je perdais trop de sang. Je faisais partie d'un groupe de 11 survivants. L'un d'entre eux n'avait pas été touché et il m'a aidé à marcher. On s'est assis. L'homme qui m'avait aidé a uriné dans une bouteille, nous avons tous bu l'urine. Autrement, nous serions morts de soif. "

Lu sur businessinsider.com

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