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Donald Trump rebat les cartes et propose une politique familiale ambitieuse
©REUTERS/Carlo Allegri

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Donald Trump rebat les cartes et propose une politique familiale ambitieuse

Il propose six semaines de congé maternité obligatoire, et la déductibilité des frais de prise en charge des enfants, une nouveauté pour un candidat de la droite américaine.

Donald Trump a donné un discours attendu où il s'est prononcé en faveur d'une politique activiste de protection des familles et des femmes, proposant notamment un congé maternité obligatoire de six semaines, rémunéré par l'État, ainsi que la déductibilité des frais de prise en charge des enfants de l'impôt sur le revenu. Aux États-Unis, les employeurs ne sont pas obligés d'offrir de congé maternité, bien que de nombreuses entreprises le font. 

La campagne Trump propose de financer le coût du congé maternité par la lutte contre la fraude aux allocations-chômage, mais la plupart des experts ne pensent pas que cela pourra défrayer le coût. La déduction de l'impôt sur le revenu ne profiterait qu'aux foyers déjà aisés, puisqu'environ la moitié des foyers américains ne payent pas d'impôt sur le revenu. La déduction irait jusqu'à quatre enfants ou personnes âgées dépendantes, et serait plafonnée au "coût moyen de prise en charge" de l'état de résidence du contribuable. 

Il s'agit d'une proposition inédite et surprenante pour un candidat du Parti républicain. Le Parti républicain s'est toujours opposé à un congé maternité obligatoire, arguant que de nouvelles réglementations au marché du travail grèveraient l'emploi, particulièrement des femmes. Lorsqu'il était candidat, Marco Rubio avait proposé un crédit d'impôt pour les entreprises qui offrent un congé maternité, ainsi qu'un crédit d'impôt par enfant, applicable non seulement à l'impôt sur le revenu mais aux charges sociales, qui aurait ainsi bénéficié aux classes ouvrières et moyennes et pas seulement aux classes aisées.

La proposition fait que Donald Trump se rapproche encore plus de l'approche des partis populistes européens, qui se veulent conservateurs sur les sujets de société mais veulent également protéger l'État-providence, à la différence du mouvement conservateur américain, traditionnellement libéral économiquement. Tous les observateurs s'accordent qu'Ivanka Trump, fille de Donald et un de ses plus proches conseillers, est à l'origine de la proposition du candidat. Celle-ci a d'ailleurs fait une allocution d'introduction avant le discours de son père, déclarant qu'elle avait eu les moyens d'élever trois enfants tout en assumant une carrière, mais que beaucoup de femmes n'ont pas ces moyens. "Il faut que ça change. Notre société doit avoir une politique qui soutient tous les parents, et permettra à la famille américaine de prospérer", a-t-elle déclaré. Pour certains observateurs, nous assistons à la naissance de l'"Ivanka-ism", un "féminisme des classes moyennes qui met en valeur le travail".

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Lu sur le Washington Post

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