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Dix ans après avoir tué 77 personnes en Norvège, Anders Behring Breivik a plaidé ce mardi 18 janvier pour sa remise en liberté.
Dix ans après avoir tué 77 personnes en Norvège, Anders Behring Breivik a plaidé ce mardi 18 janvier pour sa remise en liberté.
©OLE BERG-RUSTEN / NTB / AFP

Justice

Dix ans après le carnage d’Utøya, Anders Behring Breivik demande sa libération

Dix ans après avoir tué 77 personnes en Norvège, l’extrémiste Anders Behring Breivik plaidait ce mardi 18 janvier pour sa remise en liberté, une procédure a priori vouée à l’échec. Anders Behring Breivik a fait un salut nazi à l’arrivée des trois juges.

Le 22 juillet 2011, Anders Behring Breivik avait fait exploser une bombe à Oslo, faisant huit victimes, puis il avait tué 69 autres personnes, une majorité d’adolescents, dans un camp d’été de la Jeunesse travailliste sur l’île d’Utøya. Anders Behring Breivik a plaidé, ce mardi 18 janvier, pour sa libération dix ans après avoir tué 77 personnes en Norvège. Il a transformé une procédure judiciaire a priori vouée à l’échec en une tribune idéologique comme le redoutaient les familles de ses victimes, selon des informations de L'Obs.

Devant trois magistrats siégeant, pour des raisons de sécurité, dans le gymnase de la prison de Skien où il est incarcéré, l’extrémiste de 42 ans a une nouvelle fois dit se démarquer de la violence et assuré qu’il ne pouvait être tenu pour responsable de ses attaques, invoquant un « lavage de cerveau » par sa mouvance.

Ses propos n’ont convaincu ni les experts, ni les rescapés de la tuerie, ni les proches des victimes qui redoutaient que cette procédure de trois jours, retransmise avec un léger différé par certains médias, ne lui serve de plateforme.

En 2012, il avait été condamné à 21 ans de prison avec possibilité d’extension, assortis d’une peine minimale de dix ans - le maximum à l’époque.

Anders Behring Breivik est entré dans le prétoire avec un écriteau « Cessez votre génocide contre nos nations blanches » en anglais sur sa mallette. Il a également fait un salut nazi à l’arrivée des trois juges.

Lors d’une longue intervention, il a ensuite affirmé n’avoir été qu’un simple « fantassin » du mouvement néonazi Blood & Honour à qui il a imputé la responsabilité des attaques, n’endossant, lui, que celle de s’être laissé radicaliser.

Donnant sa « parole d’honneur » que la violence, en ce qui le concerne, relevait du passé, il a déclaré être prêt à renoncer à tout engagement politique.

Dans sa tentative de se disculper, Anders Behring Breivik a disséqué son processus de radicalisation, l’occasion pour lui de tenir un laïus idéologique, rarement interrompu par le juge, où il a longuement parlé de « guerre culturelle » et de « white power ». La publicité qui lui a été accordée a scandalisé les rescapés et les familles.

Dans un pays qui n’avait pas connu de crime aussi violent depuis la Seconde Guerre mondiale, la demande de libération conditionnelle n’a, de l’avis général, aucune chance d’aboutir. Mais elle est considérée comme un test que l’Etat de droit - que Breivik avait tenté de détruire - doit surmonter en traitant l’extrémiste comme tout autre justiciable.

En 2016, Breivik avait réussi à faire condamner l’État pour traitement « inhumain » et « dégradant » en raison de son maintien à l’écart des autres détenus. Le jugement avait été cassé en appel.

L'Obs

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