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Escalade

Crimée : annulation du sommet UE/Russie, une opération militaire russe en préparation dans l'est et le sud de l'Ukraine

Par ailleurs, ce jeudi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon s'est rendu à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine. Il s'est dit "très préoccupé" par la crise ukrainienne.

"Il y a des indications que la Russie est prête à lancer une intervention d'envergure à l'est et au sud de l'Ukraine", a affirmé ce jeudi, à la presse, le chef de la mission de l'Ukraine auprès des Nations Unies à Genève, Youri Klymenko. "L'Ukraine et les Ukrainiens sont prêts à défendre leur sol par tous les moyens nécessaires, mais, à ce stade, nous restons engagés dans la voie d'une solution pacifique", a-t-il ajouté. "L'utilisation du droit à l'autodéfense serait le dernier recours pour l'Ukraine", a-t-il enfin assuré. Dans le même temps, François Hollande, actuellement à Bruxelles en compagnie des autres dirigeants européens pour chercher une riposte crédible à Moscou, a annoncé l'annulation du sommet de l'Union européenne et de la Russie, prévu en juin. "Il y a une suspension des relations politiques (...) la réunion UE-Russie ne peut avoir lieu dans ces conditions", a affirmé le président de la République ce jeudi. Au-delà des sanctions individuelles visant des responsables russes et ukrainiens, l'UE "doit préparer" des sanctions économiques contre la Russie en cas d'escalade supplémentaire, a-t-il précisé.

Le président Obama a, quant à lui, annoncé ce jeudi que les Etats-Unis faisaient le nécessaire pour imposer des sanctions contre de nouveaux responsables russes, mais aussi dans des secteurs-clés de l'économie. Vingt personnes ont été ajoutées à la liste des personnes sanctionnées dans le cadre de la situation en Ukraine, a précisé le département du Trésor. Onze responsables russes ou pro-russes en Ukraine avaient déjà été punis lundi, voyant leurs éventuels avoirs aux Etats-Unis gelés. La banque concernée est "Bank Rossiya", présentée par des responsables américains comme très proche du Kremlin, détenant des avoirs de membres de l'entourage du président Vladimir Poutine. Barack Obama a aussi brandi la menace de sanctions aux conséquences sur des "secteurs clé" de l'économie russe si Moscou ne change pas de comportement. "Ce n'est pas ce qui a notre préférence", a assuré Barack Obama, en prévenant que de telles mesures auraient des "conséquences importantes" sur l'économie russe. Le président américain en outre insisté sur le fait que le soutien de son pays à ses alliés de l'Otan resterait "inébranlable", et qu'il ferait passer ce message lors de la tournée qu'il va entreprendre en Europe à partir de lundi, aux Pays-Bas, en Belgique et en Italie. Il a toutefois assuré que "la diplomatie se poursuit entre les Etats-Unis et la Russie", et que Moscou pouvait encore résoudre la crise via une "solution diplomatique" avec les autorités de Kiev.

Une diplomatie qui parait pourtant au plus mal. En effet, la Russie n'a pas tardé à riposté aux sanctions américaines. Moscou a déjà publié sa propre liste de sanctions contre des responsables américains. "Qu'il n'y ait aucun doute : à chaque acte hostile nous répondrons de manière adéquate", a prévenu le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. La liste russe, visant neuf personnes, touche trois conseillers de Barack Obama et plusieurs parlementaires. 

Plus tôt ce jeudi le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est rendu à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine, où il s'est dit "très préoccupé" par la crise ukrainienne. Ban Ki-moon, qui doit également se rendre en Ukraine, a fait le déplacement pour inviter toutes les parties à trouver une issue pacifique à la crise, centrée sur la Crimée, que la Russie a annexé illégalement, selon Kiev et les puissances occidentales.

Par ailleurs, en Ukraine, une résolution votée ce jeudi par le Parlement ukrainien a précisé que l'Ukraine va se battre pour "la libération" de la Crimée, dont elle ne "reconnaîtra jamais l'annexion par la Russie" : "L'Ukraine ne cessera pas sa lutte pour la libération de la Crimée aussi longue et douloureuse qu'elle soit", déclare cette résolution votée à l'initiative du président par intérim Olexandre Tourtchinov.

Lu sur Le Point
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