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S'attaquer au chiffrement risque selon l'ANSSI d'entrainer des effets indésirables. Les hackers par exemple pourraient en profiter.
S'attaquer au chiffrement risque selon l'ANSSI d'entrainer des effets indésirables. Les hackers par exemple pourraient en profiter.
©PATRICK KOVARIK / POOL / AFP

Vaste programme !

Bernard Cazeneuve demande une action internationale contre le chiffrement

Bernard Cazeneuve pose le chiffrement comme un défi majeur dans le cadre de la lutte antiterroriste.

Après un conseil de défense restreint jeudi, le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve a déclaré lors d'un point presse qu'il souhaitait une action internationale pour répondre au défi du chiffrement, dans un contexte de lutte contre le terrorisme.

L'un des deux terroristes qui avait égorgé un prêtre à Saint-Étienne-du-Rouvray avait par exemple eu régulièrement recours à la messagerie chiffrée Telegram, une application qui aurait d'après les responsables du projet, environ 100 millions d'utilisateurs actifs par mois. Cette application offre une option "Secret Chat" pour sécuriser les communications de bout en bout.

Bernard Cazeneuve recevra le ministre de l'intérieur allemand, Thomas de Maizière, le 23 août pour traiter de ce dossier : « les interpellations récentes, les enquêtes conduites par les services de renseignement, montrent l’importance de l’enjeu et la nécessité d’y faire face au plan international, parce que ce n’est pas un pays seul qui peut prendre des initiatives ».

 En coopérant avec des pays étrangers, qui abritent parfois les sièges des messageries concernées, le ministre de l'intérieur espère agir plus efficacement pour prévenir les futurs attentats.

Mais l'ampleur de la tâche est conséquente d'après Pavel Durov, l'un des fondateurs de Telegram : « Toutes les discussions sont chiffrées. Les communications secrètes sont sécurisées d’un bout à l’autre de la chaîne et les clefs sont disséminées dans plusieurs centres basés dans divers pays, eux-mêmes soumis à des lois différentes. Il faudrait un niveau de coopération internationale sans précédent pour nous contraindre à fournir ces éléments »

L'agence nationale de sécurité des systèmes d'informations (ANSSI), dans une note à laquelle a eu accès Libération, estime quant à elle qu'il existe un risque important d'effets indésirables liés à l'introduction de portes dérobées (backdoors) pour échapper aux protections des logiciels. "Il est techniquement impossible, dit le document, d'assurer que ce dispositif ne bénéficiera qu'aux personnes autorisées". Autrement dit, les hackers, les agences de renseignement pourraient plus facilement avoir accès aux communications des citoyens.

LU SUR NUMERAMA

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