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Alain Juppé est mitigé sur la déchéance de nationalité (mais la voterait quand même)
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Entretien fleuve

Alain Juppé est mitigé sur la déchéance de nationalité (mais la voterait quand même)

Alain Juppé estime que la déchéance de la nationalité pour les binationaux nés Français "ne permettra pas de prévenir de nouveaux actes terroristes" mais il choisirait de la voter s'il était député, explique-t-il dans un entretien au Journal du dimanche.

Candidat à la primaire de novembre, Alain Juppé publie le 6 janvier son deuxième livre-programme : Pour un État fort. Il détaille ses propositions dans le JDD ce dimanche et appelle notamment à un "Etat fort", en particulier sur la politique pénale. "Je n’ai jamais attaqué la personne de Mme Taubira et je ne le ferai pas, mais j’attaque vigoureusement sa politique pénale : puisqu’il n’y a plus de place dans les prisons, ne mettons plus les délinquants en prison. C’est un signal de faiblesse qui est mal ressenti par les policiers, par les gendarmes, par les magistrats, et surtout par les Français", déclare-t-il.

Selon lui, "un État fort, c’est un État qui assume avec autorité ses missions régaliennes de sécurité et de justice, ce n’est pas un État tatillon et procédurier qui prétend régenter la vie quotidienne des entreprises et des citoyens", ajoute-t-il.

Sur la question de la prolongation de l'état d'urgence, il précise que "s’il faut aller au-delà de février, je n’y suis pas hostile par principe : nous verrons. La première des libertés, c’est de continuer à vivre, et pas de se faire massacrer au Bataclan".

Il est plus critique sur la déchéance de nationale pour les binationaux nés français. "Ce n'est pas une réforme utile. Son efficacité sera faible, voire nulle. Elle ne permettra pas de prévenir de nouveaux actes terroristes, elle ne dissuadera aucun djihadiste de se faire sauter", déclare le candidat à la primaire à droite pour la présidentielle de 2017.

"C'est un coup politique de François Hollande pour semer de la confusion dans le débat. De ce point de vue, c'est plutôt réussi ! Mais dans un moment où notre pays a besoin d'unité et d'apaisement, c'est un acte de mauvais gouvernement".

Pour autant, s'il était parlementaire, il voterait cette mesure "à condition que le texte définitif se limite aux incriminations déjà prévues dans le Code civil pour la déchéance des Français binationaux naturalisés".

Lui qui était premier ministre quand, après les attentats de 1995/96, a été rendue possible la déchéance de la nationalité française pour terrorisme, explique que "le plus important pour lutter contre le terrorisme n'est pas là. Il faut un plan d'ensemble visant par exemple à investir dans les nouvelles technologies, la biométrie et la reconnaissance comportementale, à pénaliser la consultation des sites radicaux, à appliquer effectivement les peines prononcées".

Concernant les moyens, et notamment l'annonce de 5000 policiers et gendarmes supplémentaires, il déclare qu'il y a  "incontestablement un effort à faire. J'ai reconnu que nous avions sans doute eu tort d'en supprimer 13.000 avant 2012. Mais recruter et former un gendarme, cela demande deux ans. Donc, il faut dans un premier temps redéployer nos moyens. Enfin ne perdons pas de temps et faisons appel aux réservistes de la police et de la gendarmerie", plaide-t-il.

Dans son livre, Alain Juppé se fait le tenant d'une "identité heureuse", définition d'un "patriotisme moderne". "Nous sommes divers, c’est un fait. Ce dont je ne veux pas, c’est d’une France communautariste où chaque groupe se replierait sur lui-même et entendrait appliquer ses propres règles. Notre diversité n’est vivable que s’il y a unité autour des valeurs et du sentiment national, incarné par le drapeau et l’hymne national, La Marseillaise", insiste-t-il.

Lu dans Le JDD

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