Agha Jan Motassim, le taliban déchu pour avoir prôné la paix | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
International
Agha Jan Motassim, le taliban déchu pour avoir prôné la paix
©

Pacifiste

Agha Jan Motassim, le taliban déchu pour avoir prôné la paix

Il voulait que les talibans respectent les besoins humanitaires des civils et entament des pourparlers de paix.

Agha Jan Motassim était un des membres les plus importants des taliban afghans. Pourtant sa chute a été brutale et s’est soldée par une tentative d’assassinat dans les rues de Karachi. L’attentat n’a pas été revendiqué mais Agha Jan Motassim est persuadé que ce sont des membres de la frange dure des taliban qui l’aurait commandité.

Sa faute ? Avoir suggéré que le groupe devrait respecter les besoins humanitaires de la population civile et ouvrir des pourparlers de paix.

Dans une interview accordée au Daily Beast, Agha Jan Motassim explique : "En raison d'un manque de compréhension, certains de mes collègues et amis ne sont pas d'accord avec mon idée que les taliban devrait être aussi un mouvement politique".

L’an dernier, la Quetta Shura (conseil de décision taliban qui tire son nom de Quetta, la capitale de la province du Balouchistan, au Pakistan) avait pourtant approuvé des discussions de paix avec les États-Unis et l’Occident, mais les pourparlers sont aujourd’hui suspendus. Les taliban semblent ne se déchirer sur l’opportunité d’engager des négociations et avec qui. Et ceux qui défient la frange dure de la Quetta Shura en font les frais. Comme Agha Jan Motassim. Celui-ci a été un des premiers à organiser et à collecter des fonds pour l’insurrection afghane.

En 2009, il a été jugé coupable de détournements de fonds et de contacts non autorisés avec des représentants occidentaux. Il nie les accusations de détournement. Sa plus grande faute aura été d’engager des discussions de paix avec les Etats-Unis et l’Occident. "Motassim a été le premier à réaliser que, outre la puissance militaire des taliban doit avoir un programme politique et la paix", explique anonymement un haut fonctionnaire taliban.

Il s’est heurté à la colère des extrémistes lorsqu’il a suggéré que les organisations humanitaires soient autorisées à effectuer des travaux de développement dans des zones contrôlés par les taliban.

Agha Jan Motassim se considère toujours comme un taliban mais estime que "la guerre n’apportera que plus de souffrance au peuple afghan". Il prône également un régime qui prendrait en compte "les autres groupes et partis d’Afghanistan".

Lu sur The Daily Beast

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !