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Syrie : l'intellectuel qui ne 
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Dissonance

Syrie : l'intellectuel qui ne soutient pas la contestation

L'un des plus grands auteurs syriens, jadis "révolutionnaire", refuse de s'engager en faveur des manifestants contre el Assad.

Sa (non) prise de position dérange.

Adonis, de son vrai nom Ali Ahmed Saïd Esber, est un poète syro-libanais influent. Réputé pour ses engagements en faveur de la liberté, il ne soutient pas ouvertement  la contestation contre le régime de Bachar el Assad. Pire pour ses détracteurs, il la soupçonne d'être instrumentalisée à des fins religieuses, ce qui provoque un tollé parmi les intellectuels arabes.

Ainsi, Sinan Antoon, écrivain irakien, regrette cette retenue sur Al Jazira. Dans son texte traduit par Courrier International, il s'étonne qu'Adonis expliquait en 2007 : "Nous sommes un peuple en voie d'extinction. [...] Nous n'avons plus la capacité créative d'édifier une grande société humaine ni de participer à la construction du monde".

L'auteur irakien écrit à propos des soulèvements qui agitent la Syrie : "On s'attendait à ce qu'un poète salue le courage de ces citoyens désarmés n'ayant à opposer aux balles d'un régime odieux que leur voix et leur conscience. Or Adonis n'en fit rien".

Le poète syro-libanais redoute que la non séparation de la religion et de la politique débouche à long terme sur la domination d'un Islam "modéré". S'il critique le système du parti unique, il regrette que les mouvements de contestation partent des mosquée à chaque jour de prière. C'est oublier, selon Sinan Antoon, que tous les participants ne sont pas musulmans.

La dernière prise de position d'Adonis fut un lettre ouverte adressée à Bachar el Assad dans laquelle le poète écrit notamment : ""Politiquement, les Arabes n'ont jamais connu la démocratie dans leur histoire moderne, ni dans leur histoire ancienne. C'est quelque chose d'extérieur à l'héritage culturel arabe".

Deux hypothèses, donc. Soit Adonis, jadis chantre de la liberté, est aujourd'hui dépassé par les événements. Soit il les anticipe mieux que tout le monde.

Lu sur Courrier International

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