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Zone euro : France et Italie à la traîne, Roumanie, Slovaquie et Bulgarie au devant du traîneau Europe : les pays leaders en matière de croissance venaient de l'Est
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Rythme à deux vitesses

Zone euro : France et Italie à la traîne, Roumanie, Slovaquie et Bulgarie au devant du traîneau Europe : les pays leaders en matière de croissance venaient de l'Est

Après un très bon premier trimestre 2016, la croissance européenne a à nouveau ralenti à 0,3%. Ce résultat masque de fortes disparités entre les pays et peut inquiéter sur la solidité de la zone euro.

Philippe Crevel

Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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Atlantico : Selon les dernières estimations d'Eurostats, le PIB de la zone euro a augmenté de 0,3% au deuxième trimestre 2016, contre 0,6% au premier trimestre. A quoi est dû ce ralentissement ?

Philippe Crevel : Après un premier trimestre de vivre croissance, ce ralentissement était prévu, mais d'intensité moindre. Il est principalement dû au ralentissement des pays émergents, qui s'est confirmé, et à la remontée des prix pétroliers. En 2015-2016, nous avons fortement bénéficié de la baisse des prix du baril. Les  craintes autour du Brexit ont également découragé les investisseurs, ce qui a un peu pesé sur la croissance. Même si le référendum s'est déroulé le 23 juin, les débats ont démarré en mai. Cela a plus pesé sur l'Europe continentale qu'au Royaume-Uni, dont la croissance a accéléré lors de ce deuxième trimestre.

La croissance a également ralenti outre-Rhin, passant de +0,7% à +0,4% au cours de cette même période. Comment expliquer ce ralentissement malgré le fait que le pays reste la locomotive économique européenne ? Quels autres pays tirent la croissance de la zone euro vers le haut ? Quels sont qui, au contraire, fragilisent cette croissance ?

La croissance allemande a diminué à cause de la baisse des importations des pays émergents. Les importations chinoises se contractent mois après moi, ce qui signifie moins de ventes machines-outils, moins de ventes de biens d'équipement et également moins de ventes de voitures de luxe. Cela pèse sur la croissance allemande, même si la consommation intérieure progresse légèrement avec les migrants.

L'Espagne, qui malgré l'absence de gouvernement enchaîne trimestre après trimestres de très bons résultats (0,7% après 0,8%), figure parmi les locomotives. Ils sont sur une base de croissance annuelle de 3,2%. Les pays d'Europe de l'est et d'Europe centrale connaissent des croissances relativement fortes. C'est le cas de la Roumanie (5,9% en croissance annuelle), de la Slovaquie (3,7%) et de la Bulgarie (3%).

A l'opposé, la France et l'Italie stagnent. Le recul de l'investissement français pèsera sur l'activité. L'économie italienne  est atone depuis un moment. Par ailleurs, la Grèce est sortie au dernier trimestre de la récession, mais reste en rythme annuel dans le négatif. Les deux principaux pays qui tirent la croissance vers le bas sont la France et l'Italie.

Ce ralentissement est-il temporaire ou bien devons-nous nous attendre à une persistance du phénomène ? Une nouvelle crise économique européenne est-elle à craindre ?

Il y a un certain nombre d'incertitudes qui pèsent sur la croissance européenne et mondiale. Certains estiment que le pire est passé et qu'il y aura une amélioration des pays émergents. Cela vaut pour le Brésil et la Russie, et nous pouvons espérer que le point bas a été atteint en Chine. Concernant le prix du pétrole, le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie indique qu'il n'y a aucune tension sur les prix. L'incertitude la plus préoccupante est évidemment le Brexit. Les Britanniques ont gagné du temps. Nous avons un peu mis le problème derrière nous, mais un nouveau conflit entre Européens et Britanniques pourrait éclater. Mais chacun a intérêt à trouver une solution. Nous pouvons estimer que le risque de récession européenne est plutôt faible. Pour la France, nous prévoyons entre 0,2% et 0,3% de croissance pour les prochains trimestres. Ce n'est pas exceptionnel, certes. Toutefois, cela confirmerait une croissance lente, mais réel du PIB français.

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