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Mais où va donc Yahoo ?
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Le Ying sans le Yang

Mais où va donc Yahoo ?

Cofondateur de Yahoo en 1995, Jerry Yang démissionne, avec effets immédiats, de ses fonctions de membre des comités de direction de Yahoo!, Yahoo Japon et Alibaba. Retour sur l'histoire et les perspectives d'avenir de ce géant aux pieds d'argile de l'Internet.

Vincent  Abry

Vincent Abry

 

Vincent Abry est un spécialiste du web résidant à Montréal.

Il est le fondateur du blog vincentabry.com qui est un lieu d’information et de veille sur l’actualité internet et web 2.0, le webmarketing, l’argent, les nouvelles technologies, la robotique et les mobiles...

Vincent Abry participe également à un portail sur la finance personnelle destiné à informer les particuliers sur l'économie, les offres d'épargne, les taux d'intérêt immobilier...

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Yahoo est l'une des sociétés internet dont la destinée n'a jamais cessé de nous surprendre. Tour à tour brillante puis imprévisible, opportuniste puis irrationnelle, l'entreprise et surtout ses dirigeants ont toujours manqué de ce petit quelque chose qui aurait pu la transformer en un Google ou Facebook de ce monde. Encore aujourd'hui, le portail internet marque l'actualité avec des changements dans la haute direction qui laissent planer un flou sur son avenir.

Petit retour en arrière. C'est en janvier 1994 que Jerry Yang et David Filo, deux étudiants de Stanford, créent une première ébauche de ce que sera Yahoo : un annuaire de sites web. La première version "David and Jerry's Guide to the World Wide Web" sera vite renommée quelques mois plus tard en "Yahoo", pour "Yet Another Hierarchical Officious Oracle". Puis en 1995 le nom de domaine Yahoo.com est déposé et la société constituée. C'est le véritable début d'une aventure aux rebondissements inattendus. En 1996, l'annuaire qui commence à se transformer en portail est introduit en bourse, puis lancé en France.

Les rendez-vous manqués avec Google et Microsoft

La première erreur stratégique, qui est sans doute la pire, est ce rendez-vous du PDG de l'époque Terry Semel en 2002, avec les fondateurs de Google. Yahoo veut acheter Google pour 1 milliard de dollars. Puis tarde trop. Le prix passe à 3 milliards. Yahoo laisse tomber. La suite, on la connait trop bien... Google vaut aujourd'hui plus de 200 milliards.

En 2008, deuxième gaffe majeure du portail. Alors que Microsoft offre 44 millards de dollars pour acquérir Yahoo, Jerry Yang refuse parce que selon lui, l'entreprise vaut plus que cela. Ni son départ du poste de CEO en janvier 2009 et son remplacement par Carol Bartz ne changeront grand chose. Finalement, durant la même année Microsoft et Yahoo arrivent à un accord sur la technologie utilisée pour leur moteur de recherche (Yahoo utilisera les résultats de Bing).

Au cours des années, l'entreprise n'a cessé de faire des acquisitions de services ou en lancer de nouveaux, qu'elle a ensuite souvent fini par fermer (Mybloglog, Delicious, Altavista, AlltheWeb, Yahoo Buzz,...).

Fin 2011, Bartz est remerciée. Les revenus de Yahoo sont passés de 6,5 millliards en 2009 à 5,2 milliards en 2011, même si la dame a réussi à couper dans les dépenses. Pourtant 5 milliards c'est beaucoup d'argent : c'est loin d'être négligeable mais c'est insuffisant. Il manque à Yahoo l'essentiel : une stratégie et une vision claire.

2012 : Yahoo fait le grand ménage

2012 démarre avec l'annonce de la nomination de Scott Thompson au poste de président. Mais l'arrivée de l'ancien CEO de Paypal n'est pas très bien vue. Ou plutôt n'annonce rien d'excitant. Quatre PDGs en 4 ans ; un de plus en fait. Même si le rôle de Thompson est de relancer la croissance et le chiffre d'affaires, son manque d'expérience dans la publicité et les médias pourrait poser problème.
Le seul espoir pour Yahoo réside peut-être dans les paiements sur mobile. Car l'expérience du CEO de Paypal pourrait s'avérer payante si Yahoo réussit à s'imposer sur ce créneau.

L'actualité de ce début d'annnée ne s'arrête pas là puisque Jerry Yang vient d'annoncer son départ de la compagnie il y a quelques jours. Un changement peut-être anodin car il était anticipé depuis un moment, notamment à cause de sa baisse de popularité depuis la mauvaise gestion de l'offre d'achat de Microsoft en 2008. Mais pas si anodin que cela selon certains analystes, qui voient dans son départ un signal de changement de toute la direction. Plusieurs autres directeurs pourraient donc partir. Un grand ménage serait en préparation.

Et sans Jerry Yang aux commandes, des barrières viennent de tomber sur le dossier en Asie. Le portail pourrait en profiter pour se débarrasser de ses actifs dans Alibaba Group (40%) et Yahoo Japan (35%) pour aller chercher du cash. Les analystes estiment à 18 milliards de dollars le montant des cessions. Selon Eric Jackson de Forbes, les actionnaires verraient un retour de 8 milliards en cash et 4,5 milliards de dollars en actifs divers. On pourrait ensuite s'attendre à la distribution de gros dividendes et à un rachat d'actions de la compagnie. Aujourd'hui à 16 dollars, le cours de l'action YHOO pourrait monter à 20$ dans les prochaines semaines et même atteindre les 30 dollars d'ici un an.

Tout cela bien sûr, si le nouveau CEO Scott Thompson a enfin une vision limpide du futur de Yahoo. Si c'est le cas, l'homme pourrait être pris au sérieux par les géants du moment tels que Google ou Facebook. Surveillons l'actualité, car 2012 réserve sûrement de nombreux rebondissements pour la société. A quand une série télévisée sur l'histoire du plus célèbre des portails internet ?

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