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Votre Voyant-Entrepreneur vous prédit l’année 2018
©Flickr

Les entrepreneurs parlent aux Français

Votre Voyant-Entrepreneur vous prédit l’année 2018

Dans ma boule de cristal brille l’année 2018. Limpide, claire, sans aucun doute pour la divinité que représente l’entrepreneur, et sa lucidité légendaire.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Nous savons tout, nous voyons tout, rien ne peut nous échapper. En tous cas, c’est ainsi que nombre d’experts auto-proclamés par la presse, parfois par eux-mêmes, nous dessinent chacun des 365 jours qui vont se présenter à nous. Comme si ce qui était obscur, pour 99% de nos concitoyens, était une évidence pour ces Dieux de la prospective, qui scrutent chaque ligne statistique issue de notre « terra economica », pour le peindre aux couleurs de notre drapeau tricolore. Une année qui dévoile sa nudité à des hommes (souvent) et quelques femmes (plus rares), que leurs lunettes déshabilleuses avantagent de façon presque indécente.

Alors, pour un soir je me suis mis dans la peau d’un expert, un rêve impossible que les fêtes permettent de s’offrir, en guise de cadeau de noël. Un moment de folie dont la griserie équivaut à la montée des bulles de champagne au cerveau. Euphorie passagère pour quelque moment d’intelligence simulée, pourquoi devrais je me refuser cela ?

Tout d’abord, je prédis que l’année se terminera le 31 décembre, ce qui est déjà un pari risqué, mais j’ose tout !

Ensuite, je prédis que nous aurons un Président qui continuera son sans faute. Je vois avec clarté, un Président qui va continuer à « épater » la galerie, et laisser ses commentateurs, notamment ses opposants politiques, désarçonnés, réagir, toujours avec un temps de retard, pour n’avoir ni la capacité, ni la vision nécessaire pour faire autre chose que de petits commentaires de bas étage. Son Ubérisation de la politique française, va se parachever cette année.

Il va continuer son travail, un travail qui inlassablement continue d’assécher le terrain de ses adversaires. Après avoir fait de la réussite, des « premiers de cordée », le credo d’un pays qui n’accordait jusqu’alors que peu d’importance au travail sans faille des entrepreneurs. Après avoir lancé l’idée folle que la réussite de quelques uns pouvaient être utiles à tous. Après avoir démontré que l’on pouvait réformer ce pays, sans qu’il descende dans la rue. Sur le travail aujourd’hui, les régimes spéciaux demain. Après avoir mis la pression sur ceux qui trichent et profitent. Après avoir fait sa petite crise d’autorité, néanmoins salutaire, face à l’armée.

Après avoir illuminé la scène internationale, provoquant des commentaires dithyrambiques de la plupart des journalistes internationaux, faisant de lui, l’un des rares dirigeants de pays majeurs qui fasse l’unanimité. Après avoir rétabli l’autorité de l’Etat, tout en concentrant massivement les pouvoirs, après avoir dit clairement à Erdogan qu’il n’était pas le bienvenu dans un espace démocratique (enfin !). Après avoir fait tout cela, il annonce une année sociale, tournée sur « les gens », sur la suite de la cordée, dans un ordre chronologique impeccable.

En clair, il va continuer un parcours sans faute, ou peu, soutenu par une croissance que nous n’avions pas vue depuis bien longtemps, signe supplémentaire que cet homme bénéficie d’une conjonction astrale idéale, qui semble avoir gravé son destin. Certains l’aiment beau ! Et si cette chance nous profite, qui s’en plaindra ?

Bien évidemment, la réussite française dépend de celle des autres. Le monde est un réseau sinueux d’interconnexions insondables, et imprévisibles. Mais il existe une certitude, c’est que le destin des uns dépend totalement de celui des autres.

En France, toute chose égale par ailleurs chez nos voisins et ailleurs, il y aura quelques créations d’emploi. Pas à la hauteur de la croissance du pays. Les années qui corrélaient très exactement la création d’emplois à chaque décile au dessus de 1.5% sont désormais révolues. Nous en aurons, mais pas autant que nous pouvions l’espérer avant. Et l’impact du digital, de l’automatisation, de la transition des grands groupes, va détruire en partie l’effet booster de cette croissance sympathique mais poussive. Les grands groupes, qui font vivre la France, sont en danger et leur mutation va sa traduire par des chiffres d’emploi net en baisse. Les grands groupes ont un solde net négatif en termes d’emplois, et cela sans discontinuer depuis 5 ans. Voire plus. Ce mouvement va s’amplifier.

La France dépend de l’Europe, et des exportations des grands groupes. L’Europe, n’est pas au mieux. Mais sans grand danger, mis à part les taux d’intérêts. Leur remontée serait fatale. Les grands groupes exportent, mais sur les gros contrats, la panne de l’A380, et des ventes de rafales aléatoires, la montée en puissance des concurrents chinois sur nos gros secteurs d’excellence, vont rendre notre déficit extérieur encore plus fragile.

La France comme nous tous, dépend des USA. Les USA sont dirigés, par un type imprévisible, dont les déclarations sont moins importantes que ses effets. Sa réforme fiscale pourrait réserver des surprises. Positives. Pour les entreprises américaines, et même ses salariés. Nombre d’entreprises américaines ont décidé de donner à leurs salariés, une partie de l’économie fiscale réalisée. Actionnaires, et salariés, unis dans ce bonheur, même si il était éphémère.

Les USA, c’est toujours ce paradoxe permanent. Une bulle financière et immobilière (et de crédit auto), qui plonge ce pays dans un endettement encore plus important, des villes-état de plus en plus développées et un centre au bord de la mort. Un chômage bas, mais un seuil de pauvreté très « fréquenté » et plus de 12 millions de personnes qui renoncent à chercher un emploi, ce qui donne au chiffre du chômage de 4.2%, un éclat très relatif.

Mais au final, l’année va tenir. Le vrai cliquet est en 2020. D’ici là, l’afflux d’argent disponible, les faibles taux, qui profitent malheureusement aux impécunieux, la croissance suffisante pour ne pas s’effondrer, le retour d’un peu de confiance, va permettre à chacun de passer l’année au chaud.

Donc faites ce que vous avez à faire, cette année sera sans surprise, au moment où je vous parle. Rien ne changera, jusqu’à ce que… tout change. Alors, merci qui ?

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