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Les attaques à l’arme blanche se multiplient à travers le pays.
Les attaques à l’arme blanche se multiplient à travers le pays.
©Capture d'écran DR / Adobe Stock

Phénomène qui s'aggrave

Voilà ce que les pouvoirs publics devraient mettre en œuvre pour endiguer l’explosion des attaques au couteau (et qui a marché ailleurs)

Les attaques à l’arme blanche se multiplient en France. Face à la multiplication de ces actes, comment d’autres pays ont-ils réagi ? Des solutions sont-elles transposables ?

Xavier Raufer

Xavier Raufer

Xavier Raufer est un criminologue français, directeur des études au Département de recherches sur les menaces criminelles contemporaines à l'Université Paris II, et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet. Dernier en date:  La criminalité organisée dans le chaos mondial : mafias, triades, cartels, clans. Il est directeur d'études, pôle sécurité-défense-criminologie du Conservatoire National des Arts et Métiers. 

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Atlantico : Depuis quelques années, les attaques à l’arme blanche, notamment au couteau, se multiplient en France. Outres les métropoles, des villes moyennes : Amiens, Metz ou Montpellier sont tou­chées. Plusieurs victimes à déplorer lors du week-end du 14 juillet...

Xavier Raufer : Partons comme toujours des fondamentaux criminologiques. Qu’ils opèrent seuls ou en bandes ; qu’il s’agisse d’éphémères « meutes » ou de séculaires familles mafieuses, partout et toujours, les malfaiteurs sont des prédateurs violents. Tous sont à la base des « hors-la-loi » : nul criminel ne peut en poursuivre un autre en justice, lui coller une contravention ou l’assigner aux prud’hommes. Au sein de leurs gang ou entre rivaux, les comptes se règlent uniformément par l’intimidation ou la violence.

Naguère, les médias publiaient maints reportages sur les armes de guerre (kalachnikov, etc.) uti­lisées lors de règlements de comptes ; gros braquages, etc. ; maintenant, les armes blanches sont une mode médiatique. C’est en réalité le même phénomène : Au sommet de bandes criminelles brassant des millions, on protège les gros trafics à l’arme de guerre, qui effraie les rivaux et vous assure le « respect ». À la base on s’équipe modestement - poignards, etc. Les armes à feu coû­tent cher - un couteau se trouve dans le premier tiroir de cuisine venu, ou se vole aisément dans toute grande surface.

Lancé de longue date dans une vaste dissimulation du réel criminel en France, le ministère de l’Intérieur publié des chiffres invérifiables sur le nombre d’armes de guerre saisies, sans piper mot de l’estimation de celles qui, chaque année, pénètrent chez nous et y trouvent acquéreur. En fait, l’Intérieur ne publie plus que les résultats de son propre travail... Tant d’opérations coup-de-poing... tant de saisies de stupéfiants... ce qui est fort malhonnête : X tonnes de cocaïne saisies prend un sens tout différent, si c’est plus et mieux (X tonnes estimées arrivées en France... X con­fisquées... Proportion croissante) ; ou si à l’inverse une marée de drogue nous submerge, dans laquelle, de ci - de là, on saisit quand même une vague cargaison.

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Revenons aux armes : bien sûr on pourrait, si on le voulait, progresser dans les saisies de kalach­nikov ou autres armes de guerre - mais comment faire avec un couteau ? Voyons maintenant où servent ces armes blanches, et d’où proviennent ceux qui en usent. La plupart du temps, des zones hors-contrôle du territoire, des « cités sensibles » en langage Bisounours. Ajoutons-y une immigration hors contrôle, toujours plus frénétiquement repoussée par l’administration fran­çaise dans la France profonde - « mineurs non-accompagnés » ou non, la plupart incapables ab­solument d’exercer un emploi, même modeste (toxicomanes... alcooliques... illettrés... Ne par­lant pas Français...).

Pas étonnant, dans ces conditions, que des bandes juvéniles surtout peuplées d’immigrés s’y constituent - comment peuvent-ils vivre sans emploi ni ressources ? - s’y livrent à des trafics et doivent donc défendre « leurs » territoires arme en main. Je répète : petits trafics, « em­brouilles » personnelles, armes blanches ; gros trafics, migrants, stupéfiants, etc., armes automa­tiques, voire armes de guerre. Voir la réalité est simple : il suffit d’ouvrir les yeux, de lire les noms des victimes ou des assassins dans ces « guerres » criminelles - quand les médias les donnent. 90% des bandes éphémères (« meutes ») et des crimes qu’elles commettent entrent dans le con­texte ci-dessus dépeint.

Face à la poussée ces actes, comment d’autres pays ont-ils réagi ? Ont-ils réussi à endiguer cette vague de criminalité à l’arme blanche ? Y a-t-il des cas intéressants et d’autres contre-pro­ductifs ? Ces exemples sont-ils transposables ? Quelles solutions seraient les plus adaptées à notre société ?

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À peu près toute l’Europe est logée à la même enseigne. Si dans un pays, la vague migratoire est forte, ce qui advient en France, décrit plus haut, y existe aussi. La grande différence, d’un pays à l’autre, tient à la façon dont on y ment sur ces phénomènes, dont on y fait avaler la pilule à la po­pulation. En Grande-Bretagne - pays européen, même s’il n’est plus dans l’Union européenne - les chiffres sont sur la table... Les responsables policiers et les magistrats répondent aux inter­views... Le public est convenablement informé sur ces affaires.

En Allemagne, dans les pays nordiques, on balaie la poussière sous le tapis. D’usage, dans les médias-du-système (ceux dont les propriétaires et dirigeants ont un intérêt personnel à ce que perdure le présent système politico-médiatique, l’infosphère,) mentionner les origines d’un cri­minel est vu comme déplacé, voire « raciste ». Là encore, c’est absurde, sauf à considérer que certaines « races » ne commettent jamais de crimes - ou sont d’avance absoutes de tous ceux qu’elles pourraient commettre, si horribles soient ils. Les prétextes d’absolution préalable sont bien connus... colonialisme... misère... La population n’est pas dupe - elle voit ce qui se passe sous ses yeux, mais pour l’instant, elle le tolère.

Le gouvernement réagit-il de la bonne manière ? Que pourrait-il faire ?

Bien évidemment, non. Il devrait d’abord informer les Français de la gravité de la situation. L’In­térieur sait forcément - il ne peut pas ne pas savoir - où ces crimes par arme blanche sont commis et par qui. Il devrait publier une carte le montrant, avec les criminels capturés par origines et pe­digree... (arrestations antérieures... Nationalité ou celle des parents...). Plus, l’évolution en bien ou mal du phénomène. Ce serait la cruciale phase de diagnostic, aussi banale que décisive en mé­decine. Comment soigner un patient sans explorations radiologiques ou biologiques ?

Mais bien sûr, cette ensemble de cartes et de tableaux prouverait de façon aveuglante l’échec de quarante ans de politique migratoire... de « politique de la ville »... Alors, de temps à autre, l’In­térieur se borne à publier la liste de ses opérations, qui sont, la plupart du temps, de simples coups d’épée dans l’eau. Au delà, compter sur M. Darmanin pour dire la vérité, c’est estimer que Gengis Khan pourrait diriger avec amour la fondation Abbé Pierre...

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