Vœux 2015 : ce que les entrepreneurs auraient voulu entendre | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
Vœux 2015 : ce que les entrepreneurs auraient voulu entendre
©

Les entrepreneurs parlent aux Français

Vœux 2015 : ce que les entrepreneurs auraient voulu entendre

Le président de la République François Hollande a présenté ses vœux aux entrepreneurs lundi 19 janvier tandis que l'examen du projet de loi Macron débute le 26 janvier prochain à l’Assemblée nationale.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

Voir la bio »

Il y a 1 mois je croyais. Je croyais que la paix était à portée de start-up. Je pensais que certaines valeurs universelles pouvaient vaincre n’importe quelle différence, aussi vivace soit-elle.  Quelque soit l’intolérance que certains, par calcul, par ambition et pouvoir aimeraient diffuser au nom d’une religion, dont l’objectif fondamental ne peut être que la paix et l’amour.

Il y a 1 mois, je recevais, chez Dan Serfaty, fondateur de Viadéo, des start-up, principalement arabes-israéliens, mais aussi des entrepreneurs juifs et chrétiens. Et je n’ai vu aucune différence entre eux. Aucune dérive religieuse n’était assez forte pour éteindre cette flamme de passion commune qui les animait. Ils parlaient d’un même cœur, d’une même ambition, et leur différence ne faisait qu’ajouter à leur force commune. C’était beau. Et j’y croyais. Je veux y croire encore. Si la France s’en donne les moyens, la clairvoyance, le courage. Le courage est tout ce qui nous sépare d’un monde dans lequel nous voulons encore croire et d’un monde que nous pourrions quitter, si la force de ses actes n’est pas à la hauteur de celles de ses mots, aussi forts et puissants soient ils (Valls à l’Assemblée, magnifique).

L’entrepreneur est un indécrottable optimiste. Mais il atteint en ce moment ses limites. Particulièrement si il est juif. Mais il est encore prêt à y croire. C’est la raison pour laquelle nous allons tenter de croire 2 père-noël cette semaine. Le premier aujourd’hui à l’Elysée, pour les vœux aux entrepreneurs. En la personne de François Hollande, dont le costume sera gonflé des 10 points gagnés dans les sondages. Et ceux d’Emmanuel Macron, mercredi, dont le costume sera lesté de près de 1 300 amendements.

A mi-mandat, mais au bout de la ligne droite qui nous sépare de l’abysse sociétal et économique, nous, entrepreneurs, nous voulons réclamer haut et fort les directions suivantes :

Une économie prospère réclame une démocratie forte. Une démocratie forte demande de savoir punir ceux qui la menacent. La démocratie ce n’est pas la faiblesse. Elle doit savoir réprimer, sans état d’âme, ceux qui la menacent pour que la nation tout entière puisse continuer à vivre libre. C’est la liberté et la sécurité qui pave la route de la réussite économique.

Nous demandons à nos politiques, en cette année qui démarre dans le sang, de nous protéger par leur courage. Celui d’affronter la réalité, et de combattre par tous les moyens, ceux qui menacent notre liberté. Non par des mots, mais par des actes. Sans loi d’exception mais en faisant du viol de la démocratie l’exception. En faisant simplement respecter la Loi. Cette loi dont le simple respect suffirait à assurer la sécurité de notre pays. En reprenant le pouvoir dans des zones de non droit, qu’elle a abandonné à son sort, à force d’angélisme, à force de refuser de faire la différence entre non stigmatisation et principe de réalité. Rendez nous une France libre et respectant la Loi, la même pour tous, quelque soit ses croyances. Car c’est au prix de règles communes qu’un pays se repère et se dirige.

Une démocratie forte est la condition sine qua non de la réussite économique. Car les acteurs économiques, si ils ne craignent pas le risque, craignent la bêtise et l’effondrement qu’elle abrite.

Nous leur demandons une France libérée. Une France qui se réforme, accepte le mouvement, et s’inscrive dans une dynamique d’innovation, d’évolution, de remise en cause des acquis, des rentes, des corporatismes. Cela commence par la réforme dite Macron.

Car ce qui est en jeu dans les discussions en cours, ce n’est pas le rebond économique ou le pouvoir d’achat prétendument rendu aux Français par la réforme des professions réglementées. Aucun rebond n’est à en attendre. Ce qui est en jeu, en réalité, c’est la réforme de la France toute entière. Et cela, ce serait extraordinaire.

Car ce signal fort, donné à tous les "protégés", les "rentiers" de la République, que l’armure tombe et qu’une fois nus, ils devront se tailler eux-mêmes un nouveau costume, sans attendre que la rente ne leur tisse. Sans le mériter. Un signal suffisamment déterminé, pour que toutes ces corporations comprennent que c’est la fin d’une récréation qui a trop duré, et que désormais, ils devront se remettre en marche. Innover. Ils pourront ainsi réaliser que leur place pourra être préservée à une condition simple. Etre les meilleurs. Si le signal est donné, si ils estiment qu’aucun retour en arrière n’est possible, que la réforme est inéluctable, alors ils redeviendront des acteurs économiques normaux. Des acteurs qui seront soumis à la concurrence et doivent se battre pour se maintenir. Croître. Toute la société en profitera.

Nous leur demandons la confiance. Confiance dans notre capacité à nous conduire en êtres responsables. Confiance dans notre croyance dans le dialogue direct avec nos salariés. Sans besoin d’intermédiaires. Sans nous imposer un dialogue social à la française et les méfaits d’un paritarisme qui a vécu, et n’alimente là aussi que des rentes et des baronnies, qui conduisent aux petits méfaits à la Lepaon. Des gens qui pensent être protégés et en dehors du temps et des lois. Nous vous en implorons, ne nous y jetez pas. Jetez les eux. Réformez le paritarisme. Obliger à une représentation syndicale, aussi légère soit-elle, dans les entreprises de moins 11 salariés, c’est nous plonger dans l’affrontement, la défiance. C’est une insulte à l’effort de simplification. Ne nous offrez pas en offrande aux négociations syndicales faites dans l’intérêt des "gros", jamais de nos PME.

Nous leur demandons le respect, des promesses tenues, de notre ambition, le courage de prendre les mesures que réclament la paix, l’unité et la démocratie. Entreprenez la France pour qu’elle entreprenne.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !