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Violences urbaines : 
a-t-on déjà tout essayé ?
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Zone franche

Violences urbaines : a-t-on déjà tout essayé ?

Si quelqu’un savait vraiment comment endiguer la montée de la violence, il l’aurait sans doute déjà fait. C’est tout le drame.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Ce qui est terrible, avec les questions de sécurité, c’est que plus personne ne sait vraiment par quel bout les prendre. Et lorsqu’un élu vert ― pas un affreux UMP mangeur de petits enfants, hein, mais un écolo transfuge du PCdemande à l’armée d’intervenir parce que les balles de fusil-mitrailleur sifflent au-dessus des cours de récréation de sa commune, on sent bien qu’un cap a été franchi.

On pourrait ironiser sur les contempteurs du « tout sécuritaire », passés de la critique de la politique du Kärcher aux sarcasmes sur son inefficacité mais, à ce stade, ça n'est même plus rigolo. L’interminable match de ping-pong prévention vs répression, on ne peut pas dire qu’il ait beaucoup fait avancer le schmilblick au fil des ans…

Clairement, pour toutes ses rodomontades, Sarkozy n’est pas parvenu à endiguer la montée des comportements violents et singulièrement des atteintes aux personnes. Tout aussi clairement, ce n’est pas la « police de proximité » version Jospin qui ramènera les braqueurs de casinos ou les agresseurs de vieilles dames sur le chemin de la rédemption.

Et si une partie de la gauche en est encore à considérer que s’inquiéter de ces « faits divers », c’est faire le jeu du FN, elle est devenue marginale. Valls et Royal en sont les meilleurs exemples : au PS, on est désormais tout aussi conscient qu’à droite de ce qu’il faudrait « faire quelque chose ». C’est que les agressions à coups de marteau devant un distributeur de billets ou le passage à tabac d’un ado pour une histoire de téléphone portable, on a du mal à accepter qu’il s’agisse de phénomènes « banals » ― une sorte de nouvel ordre des choses.

Bon, il y aurait bien, pour les simples d’esprit, l’idée qu’un régime autoritaire emmené par une matrone blonde soit la solution, mais c’est tautologiquement une idée pour simples d’esprit. Les régimes autoritaires, s’ils font parfois baisser la délinquance, c’est parce qu’ils finissent par mettre tout le monde en taule. Simples d’esprit compris.

A fortiori dans le contexte qui est le nôtre, où les premières victimes de la violence sont précisément les populations désignées par la matrone comme en étant les responsables. Dans les banlieues transformées en ghettos, ce ne sont pas des enfants de bourgeois blancs qui risquent une balle perdue ou un passage à tabac. Dans les banlieues transformées en ghettos, il n’y en a plus, de bourgeois blancs.

De fait, on adorerait être convaincu de ce que quelqu’un quelque part, à droite ou à gauche, la détienne, LA solution. La pierre philosophale, la martingale, le truc qui fera l’unanimité parce qu'il marche, tout simplement. Mais on a du mal à y croire. Prévention, répression... le match de ping-pong se poursuit. Aurait-on déjà tout essayé ?

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