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Le siège de Standard & Poor's à New York. "Nous, on met des amendes aux pays qui grillent les feux et on en encaisse le montant : on se fait du bien en faisant le bien, quoi..."
Le siège de Standard & Poor's à New York. "Nous, on met des amendes aux pays qui grillent les feux et on en encaisse le montant : on se fait du bien en faisant le bien, quoi..."
©Reuters

Zone franche

Urgent : cède « triple A » d’occasion, km élevé, valeur réelle à débattre…

Si les agences de notation doivent vraiment s’immiscer dans le débat, autant que ce soit avant la présidentielle histoire d'y gagner quelque chose...

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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J’ai du mal à me forger un point de vue vraiment univoque sur les agences de notation et leur rôle dans le psychodrame dont nous sommes les personnages ― personnages secondaires pour le moment encore, d’accord, mais notre grande scène ne devrait plus se faire attendre trop longtemps.

Parce ce que je suis à la fois sanguin (c’est mon côté marseillais) et borné (c’est mon côté breton), ma réaction initiale serait de suggérer à la poignée de trentenaires en costumes Brooks Brothers qui mène le monde à la catastrophe avec un tableur Excel de se fourrer leur satané « triple A » quelque part…

Charbonnier est maître chez soi et si les Français ont envie de continuer à dépenser l’argent qu’ils n’ont pas et de s’enfermer derrière les palissades du village d’Astérix pour empêcher les T-shirts chinois d’habiller leurs fils et leurs compagnes à bas-prix, ça les regarde.

Oui, nous sommes endettés jusqu’au cou, ne fabriquons, n’inventons et n’exportons plus rien et prétendons que c’est un « modèle économique » plutôt qu’une impasse,  mais ce n’est pas une raison pour se soumettre à la « logique comptable » des distributeurs de lettres de l’alphabet !

Nom d'un petit bonhomme !

Bon, ça, c’est ma réaction initiale. Parce qu’en seconde analyse, je les trouve plutôt utiles, ces crapules arrogantes. C’est que tous les Français ne rêvent pas de devenir grecs par chauvinisme paradoxal et que, à l’instar d’un dernier carré d’amateurs d’Europe dynamique dans un monde ouvert, je ne suis pas totalement hostile à l’intrusion d’un petit coup de réel dans le débat (là, c’est mon côté éditocrate parisien car j’ai autant de côtés qu’un rhombicosidodécaèdre).

Au pied du mur ? Non, la tête carrément dedans...

Ainsi, si nous devons être dégradés, autant que ce soit le plus rapidement possible et surtout avant la présidentielle… Car enfin, une remontée massive des taux d’intérêts et les douze plaies divines qui nous tomberaient subséquemment sur le paletot forceraient fatalement les candidats à sortir du baratin théorique convenu qu’ils déroulent depuis des mois pour entrer dans du concret !

Mélenchon, Le Pen et les autres protecto-souverainistes pourraient alors nous expliquer, sur fond de files de chômeurs à la Steinbeck , de surendettés incapables de payer leurs traites à taux variables et de PME privées de capitaux, ce qu’ils feraient vraiment s’ils prenaient le volant.

Hollande et Joly devraient nous dire comment ils entendent financer le recrutement de dizaines de milliers d’enseignants ou d’emplois jeunes et taxer davantage les entreprises pour relancer la machine. Sarkozy et Fillon, enfin, nous expliqueraient en quoi leurs allers-retours sur la TVA du Futuroscope et la taxe sur le Coca sont les clés du « changement de paradigme », comme on dit.

Bref, les uns et les autres ne seraient plus seulement le dos au mur mais la tête carrément dedans et les électeurs pourraient se mettre à juger des joueurs plutôt que des commentateurs. Si tant est que les électeurs aient vraiment envie de sortir leur tête du sable, évidemment…

N'empêche, les types en costumes chics des agences de notation, quelles canailles !

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