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Emmanuelle Cosse, en compagnie de Cécile Duflot.
Emmanuelle Cosse, en compagnie de Cécile Duflot.
©Reuters

Meuh !

Une écologiste, ça devient ministre et ça ouvre (aussitôt) sa gueule !

Pauvre Hollande ! A peine nommée, Emmanuelle Cosse l’a envoyé dans les cordes. Pourquoi se gênerait-elle ?

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Dans l’Histoire de France, les Rois fainéants n’ont pas le beau rôle. L’imagerie populaire les représente affalés sur des coussins dans un chariot tiré par des bœufs. Ils s’empâtent, prennent du gras, et n’ont qu’un pouvoir honorifique que leur concèdent les Maires du Palais qui décident de la marche du royaume. Qui connait le nom de Clotaire IV, un de ces rois mérovingiens ? Personne sauf quelques médiévistes distingués. En revanche son Maire du Palais, est célèbre : il s’agit de Charles Martel. 

François Hollande a quelques points communs avec Clotaire IV. Et Manuel Valls, son potentiel Maire du Palais, offre quelques ressemblances avec le vainqueur de la bataille de Poitiers. Comme lui, il n’est pas très tendre avec l’Islam. Mais l’essentiel n’est pas là. C’est qu’il faut des bœufs pour tirer le charriot de Clotaire IV, autrement dit de François Hollande. Or les pâturages de Moi-Je sont tristement déserts. Une étrange maladie – celle de la vache folle, de la gauche folle ? – a fait d’affreux ravages dans le cheptel bovin du roi.

Impossible de trouver de bonnes bêtes marchant paisiblement et droit. On prend donc ce qu’on trouve : des bœufs indisciplinés, turbulents, rétifs et tirant dans tous les sens au risque de faire basculer le charriot. C’est ainsi que trois écologistes ont fait leur entrée au gouvernement. Et la plus connue d’entre eux, Emmanuelle Cosse, a aussitôt montré son très, très mauvais caractère. Le sang de Sylvia Pinel, qui l’avait précédée au ministère du Logement, était à peine sec, qu’elle a réaffirmé son opposition franche et farouche au projet de déchéance de la nationalité.

Il s’agit là pourtant d’un engagement solennel de François Hollande.  "Le président ne m’a pas demandé de me renier", a précisé Emmanuel Cosse.  Mais il ne lui a sans doute pas demandé non plus de lui cracher, si vite et publiquement à la gueule…

On se gardera bien de critiquer la toute nouvelle ministre : elle avait besoin de faire savoir aux siens et à ceux qui pensent comme elle, qu’elle ne s’était pas couchée devant le président de la République en échange d’un portefeuille. Elle a préféré – on la comprend – dire clairement que c’était lui qui s’était couché. 

François Hollande n’avait pourtant pas ménagé sa peine et ses efforts pour amadouer les écologistes dont il avait tant besoin. Il pensait les avoir grassement payés en leur promettant un référendum bizarre et improbable sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ce n’était pas suffisant. D’où la sortie de Mme Cosse. Car pourquoi se gênerait-on avec un roi fainéant dont le charriot est visiblement embourbé ?

Les propos d’Emmanuelle Cosse n’ont suscité aucune réaction de l’exécutif qui avait déjà pendant des mois supporté Christiane Taubira en gardant un silence apeuré quand cette dernière disait pis que pendre de la déchéance de nationalité. Tout au plus, peut-être que François Hollande a plaintivement appelé la ministre du Logement : "Dis-moi, Emmanuelle, t’aurais pu quand même attendre quelques jours !"

Quant à Manuel Valls, il n’a rien dit non plus. Pourquoi volerait-il au secours du pauvre Hollande ? Il attend son heure qui viendra peut-être plus vite que prévue. Contrairement aux rois maudits, rendus célèbres par Maurice Druon, les rois fainéants sont faits pour être méprisés…

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