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Philippe Varin.
Philippe Varin.
©REUTERS/Benoit Tessier

Tribune

Un peu de décence monsieur Varin

Un tribune de Sophie de Menthon, présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance), membre du CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental) et chef d’entreprise (SDME).

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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Comment ne pas s’indigner devant les 21 millions de retraites chapeau que recevra en 2014 le président de PSA pour 4 années passées à la tête du groupe ?

D’accord avec la CGT ! Dans le cas de la somme provisionnée pour la retraite de Philippe Varin, on ne peut qu’être scandalisé au côté des salariés auxquels on a demandé des efforts sensibles. Au moment où l’Etat impécunieux veut faire "un geste pour les petites retraites", l’annonce qui s’étale de cette retraite chapeau ne peut que provoquer une indignation générale.

Ce sont d’ailleurs les patrons qui sont les plus choqués car tous les jours en ce moment, ils se battent à la fois pour leur entreprise, pour un environnement économique qui n’entrave pas leur croissance, pour expliquer qu’ils sont le socle sur lequel repose l’économie de la France car c’est grâce à eux, créateurs de richesse, que le système français qu’on nous vend à longueur de temps et sur tous les médias en se félicitant qu’il soit le plus protecteur, peut fonctionner.

Rappelons que 90% des patrons ont des salaires extrêmement modestes ; rappelons aussi que lorsqu’un chef d’entreprise crée son entreprise, il ne doit pas y avoir de limite à ce qu’il peut gagner et c’est normal ; rappelons aussi que les Français sont jusqu’alors contre la limitation par la loi des salaires… mais une telle indécence même légale et contractuelle, en cette période de crise, est de nature à briser une forme de cohésion sociale. Les loups vont hurler pour appeler à la loi comme d’habitude, les fractures vont s’accentuer, les politiques vont en profiter, les syndicats s'époumoner… et les salariés de Peugeot se désespérer.

Alors, que peut-on faire ? Et bien, c’est aux associations patronales de prendre leurs responsabilités et c'est aux stakeholders (parties prenantes de l’entreprise) de s’opposer à ce genre d’excès. Peut-être est-ce trop tard dans le cas de PSA,  puisque le contrat fait force de loi et que cette somme a été provisionnée, que le versement qui sera annuel ne peut pas dépasser les 650 000 euros par an (excusez du peu), mais c’est aujourd’hui qu’il faut anticiper, c’est aujourd’hui qu’il faut renoncer à des retraites chapeau qui n’ont pas leur raison d’être (à ce niveau de salaire, on peut un peu économiser pour sa retraite, non ?). Ces sommes astronomiques ne peuvent pas se justifier dans le contexte actuel, d’autant moins que qu’elles que soient les qualités de certains grands patrons, ils n’ont pas créé la société et ont été nommés à ces postes sans aucune prise de risque personnelle. Il devrait au minimum exister une clause pour que ces avantages prohibitifs disparaissent lorsque l’entreprise est en difficulté.

Lorsque l’Etat vient au secours d’une entreprise, ne pourrait-il pas imposer ses conditions en ce qui concerne les rémunérations excessives des dirigeants ? C’est à tous, partenaires réguliers ou occasionnels, de prendre leurs responsabilités pour limiter les abus d'avantages de quelques-uns. Je salue d'ailleurs le MEDEF, dont le comité d' éthique s'est saisi du problème. Et qu'en pense d'ailleurs le comité des sages du même MEDEF présidé par Denis Ranque ? Vont-ils faire preuve de compréhension devant l’émotion des salariés menacés de PSA ? ( Site en cours de fermeture, retraire chapeau du président : 1750 fois la prime de départ prévue pour un salarié d’Aulnay licencié ). Le libéralisme a toujours prôné la décence, alors monsieur Philippe Varin, vous sortiriez grandi et avec vous tous les patrons français si vous renonciez à cette retraite chapeau … c’est aussi cela le libéralisme !

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