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Un délégué régional exclu pour des propos sur l'avortement : l'UMP crèvera-t-elle du politiquement correct ?
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Autocensure

Un délégué régional exclu pour des propos sur l'avortement : l'UMP crèvera-t-elle du politiquement correct ?

Sur Twitter, un responsable des jeunes UMP des Alpes-Maritimes a estimé que les femmes qui avortent sont des "nazies". Depuis, il a démissionné. Rongée par le politiquement correct entretenu par la gauche comme moyen d'intimidation, la France ne pense plus, la chasse aux nazis et au racistes potentiels tenant lieu de pensée.

Bertrand Vergely

Bertrand Vergely

Bertrand Vergely est philosophe et théologien.

Il est l'auteur de plusieurs livres dont La Mort interdite (J.-C. Lattès, 2001) ou Une vie pour se mettre au monde (Carnet Nord, 2010), La tentation de l'Homme-Dieu (Le Passeur Editeur, 2015).

 

 

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Le cas de ce responsable UMP qui s’est fait éjecter de son parti pour avoir dit publiquement que les femmes qui avortaient étaient des nazies est doublement révélateur. Il y a encore peu, le terme "nazi" était une insulte dans la bouche des gens de gauche à l’égard de la droite. Voilà maintenant que cette insulte est utilisée par la droite. Il y a encore peu, c’était la gauche qui faisait le ménage afin d’éviter les dérapages sexistes. Voilà maintenant que c’est la droite qui se met à faire le travail de la gauche. Autrement dit, que ce soit pour insulter ou pour nettoyer l’insulte, la droite utilise des méthodes de gauche. Ce glissement s’explique.

La gauche a gagné. Elle a réussi ce qu’elle voulait. Obliger à parler et à penser comme elle. À force d’utiliser à tout bout de champ les mots "nazis et racistes" pour déstabiliser ses adversaires elle est parvenue à ce qu'inconsciemment ceux-ci se mettent à s’autocensurer en faisant avant elle le ménage dans leur propre conscience par peur de se voir frappés du sceau de l’infamie en étant traités de nazis ou de racistes.

Outre que c’est stupide, il est dommage que le responsable UMP ait traité les femmes qui avortent de nazies. Il aurait été utile pour son parti comme pour nous tous qu’il parle de l’avortement et non des femmes qui avortent, ainsi que de barbarie plutôt que de nazisme. Nous sommes un monde qui se croit civilisé. Nous sommes en fait un monde d’une rare violence et pour tout dire un "monde barbare" comme le souligne Louis-Vincent Thomas dans son "Anthropologie de la mort", notre barbarie passant par le fait de considérer l’avortement comme un droit alors que celui-ci est un drame pour la femme comme pour l’enfant qui ne verra jamais le jour. C’est cela qu’il aurait fallu que le jeune militant de l’UMP dise. C’est cela qu’il aurait fallu que son parti dise. On maquille les réalités en faisant passer pour un droit et une liberté ce qui est en réalité une violence et un drame. Cela n’a pas été dit.

Rongée par le politiquement correct savamment entretenu par la gauche comme moyen d’intimidation et de prise de pouvoir mental facilitant la prise de pouvoir réel, la France ne pense plus, la chasse aux nazis et au racistes potentiels censés se cacher derrière nos mots et nos consciences tenant lieu de pensée. Il y aurait pourtant bien à dire à propos de la solitude des femmes condamnées à devoir avorter, à propos des projets de suicide assisté qu’on nous promet pour 2014 comme à propos de ce Noël sinistre où il n’a été question que de bouffe, histoire de gommer totalement l’aspect spirituel de cette fête en noyant encore un peu plus la pensée et les esprits dans le vide.

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