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©PHILIPPE HUGUEN / AFP

Impact pour les entreprises

Un congé paternité à côté de la plaque ?

Alors que le congé paternité va être porté de quatorze à vingt-huit jours (avec l’obligation de prendre au moins sept jours), plusieurs organisations patronales sont partagées. Elles expriment des inquiétudes sur les incidences de cette mesure. Sophie de Menthon décrypte les enjeux de l'allongement du congé paternité.

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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Le moment choisi et la contrainte par la loi pour le doublement du congé de paternité « obligatoire », sont un parfait exemple de la dérive de notre pays.

En ce moment faut-il vraiment discuter d’une diminution même partielle et spécifique du temps de travail alors que nous essayons d’impliquer au maximum tous nos salariés pour compenser le manque à gagner ? L’application de cette loi en juillet 2022 n’est en aucun cas une circonstance réjouissante car les entreprises seront loin d’avoir retrouvées une profitabilité.  Ce sont en outre les TPE et les PME qui en seront les premières « victimes ». Sans parler de celles qui ont un couple parmi leurs salariés dont la femme vient d’accoucher... Le tout lorsqu’on a 7 salariés !

Par ailleurs l’Etat s’immisce encore davantage dans la vie privée et refuse le principe de responsabilité individuelle. Refus également de faire confiance à l’entreprise, le patron reste le salaud qui prive son salarié de son rôle de père !  Heureusement sur les 28 jours obligatoires, 8 seulement le seront, selon le Président de la République ce qui ne veut pas dire que les autres ne sont pas effectifs et effectués. 
Le financement de cette mesure, lui, est encore le signe d’une irresponsabilité politique, ce « cadeau » (électoraliste ?) va être financé par une Caisse Primaire d’Assurance Maladie encore plus malade du fait de la pandémie malgré quelques nouveaux milliards tombés du ciel ; et puis, au passage, de fil en aiguille l’entreprise devra contribuer bien sûr.

Comment aussi oser nous faire la leçon sur le rôle primordial du père dans les premiers jours jusqu'à en faire une loi, et EN MÊME TEMPS voter une loi pour autoriser les femmes à faire des enfants sans pères par insémination artificielle ?! Cherchez l’erreur.

Et les couples avec deux pères ou deux mères ?  Quand on mélange les questions sociétales aux obligations économiques, on court de gros risques.

L’enfer politique est pavé de bonnes intentions. Evidemment, que certains pères voudraient partager davantage une naissance mais où s’arrêter ? Rendre équivalent le rôle du père et de la mère est de la volonté de chacun. Enfin, répétons qu’en ce moment il ne faut penser qu’à une chose pendant au moins un ou deux ans c’est comment rétablir l’entreprise en s’impliquant plus.

Enfin ce congé obligatoire interdit-t-il le télétravail ? Ou bien l’état vérifiera-t-il la bonne contribution du père aux premiers jours du nouveau-né pendant cet arrêt imposé ? Et puis une loi pour que ce soit le père qui se lève la nuit ? Cela devrait enthousiasmer beaucoup de femmes…

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