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"Tant que Nicolas Sarkozy restera potentiellement le meilleur candidat pour la prochaine présidentielle, les principaux ténors de la droite de gouvernement seront pratiquement inaudibles."
"Tant que Nicolas Sarkozy restera potentiellement le meilleur candidat pour la prochaine présidentielle, les principaux ténors de la droite de gouvernement seront pratiquement inaudibles."
©Reuters

Tensions

UMP : le bruit et la fureur pour seul programme ?

Le premier tour de la primaire UMP pour les élections municipales à Paris ouvert vendredi 31 mai sur fond de tensions entre les candidats se clôturera ce lundi à 19 heures.

André Bercoff

André Bercoff est journaliste et écrivain. Il est notamment connu pour ses ouvrages publiés sous les pseudonymes Philippe de Commines et Caton.

Il est l'auteur de La chasse au Sarko (Rocher, 2011), Qui choisir (First editions, 2012), de Moi, Président (First editions, 2013) et dernièrement Bernard Tapie, Marine Le Pen, la France et moi : Chronique d'une implosion (First editions, 2014).

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A l’heure où les auto-entrepreneurs se battent pour leur survie, il n’est pas inintéressant de voir comment une auto-entreprise aussi célèbre que l’UMP travaille avec autant d’assiduité à son auto-destruction, pour son dernier tango à Paris peuplé de danseurs auto-satisfaits. Le parti qui, il y a dix ans, rassemblait pratiquement toute la droite, et qui devrait aujourd’hui parcourir glorieusement le boulevard de l’opposition, face à un François Hollande qui plafonne à 29% de satisfaits, semble choisir, encore une fois, l’implosion sous le poids des ego et le choc des micros.

La mortelle randonnée Copé-Fillon, il y a quelques mois, avait déjà sonné l’alerte, sinon le glas. Fillon, rescapé de cinq ans d’occupation sarkozyste, veut par-dessus tout en 2017, être calife à la place du calife. Copé, aussi ambitieux mais plus tacticien, avait opté pour une droite décomplexée qui gagne les élections, eu égard à l’exaspération d’une partie d’un peuple laissée pour compte et qui lorgne de plus en plus vers le rassemblement Bleu Marine. Bruits et fureurs, cris et chuchotements, horions et insultes : le combat cessa dès lors que les combattants s’aperçurent qu’ils étaient en train de se suicider, mais la rivalité brûle encore, évidemment.

Rebelote pour les primaires à Paris. L’on pensait pourtant que l’UMP avait compris que l’ADN de la droite politique ne se situait pas dans l’appel constant aux urnes avant les véritables échéances. Le fond du problème, et chacun le sait, c’est que tant que Nicolas Sarkozy restera potentiellement le meilleur candidat pour la prochaine présidentielle, les principaux ténors de la droite de gouvernement seront pratiquement inaudibles. La statue du Commandeur sonne, en creux, la vacuité des concurrences, alors que les débats de fond sont plus que jamais essentiels.

L’UMP, si elle veut avoir encore des chances de survie, devrait taire radicalement ses divisions et s’occuper de faire enfin son métier : cogner, mesure par mesure, sur l’actuel gouvernement et dire ce qu’elle serait capable de faire. Mais c’est peut-être trop demander à des hommes et des femmes dont la plupart sont de qualité et d’honnêteté, mais qui mettent aveuglément la charrue de l’ambition avant les bœufs du combat.

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