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Des aiguilles qui reculent, des turbines qui frictionnent, des compteurs d’énergie et des cubes qui pivotent : les nouveaux concepts horlogers défient l’espace-temps…
Des aiguilles qui reculent, des turbines qui frictionnent, des compteurs d’énergie et des cubes qui pivotent : les nouveaux concepts horlogers défient l’espace-temps…
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Ultra-compliquées, ultra-designées, ultra-conceptuelles : il y en a pour tous les goûts dans l'actualité des montres

Et aussi : une montre "All Black", les concepts horlogers les plus humanistes et une petite douceur venue de Chine.

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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La grande aventure mécanique sans se faire rançonner

Le « tourbillon » est une complication mécanique qui fascine les amateurs depuis que les marques de montres les ont persuadés que c’était le nec plus ultra de la virtuosité horlogère. Ce qui est très loin d’être vrai : ce dispositif complexe avait été inventé pour régulariser la marche des montres de poche, mais il est devenu un peu inutile sur une montre-bracelet – sinon pour rançonner les collectionneurs avec des prix abusifs. Spécialiste du low cost néo-classique, la manufacture genevoise Frederique Constant propose désormais un des tourbillons les plus sobres et les moins chers du marché : 26 500 euros en acier [le tiers du prix pratiqué par les « grandes marques »] pour une montre plutôt mince au design très épuré. En prime : la magie presque hypnotique d’une mécanique tourbillonnante high-tech – composants en silicium – qui tourne sur lui-même une fois par minute pour garantir la précision de la montre…



« Il était une fois dans une galaxie lointaine, très lointaine »

Le premier choc Star Wars remonte déjà à trente-cinq ans. Pour l’occasion, l’horloger japonais Seiko a décroché le premier contrat pour des vraies montres à la gloire des héros de la série. On peut ainsi choisir le modèle Dark Vador (effigie au dos de la montre), qui sera radio-pilotée : les heures et les jours obéissent au signal radio d’un réseau d’horloges atomiques. Normal pour le meilleur astro-pilote de la galaxie ! Chaque montre de ces six séries limitées (5 000 pièces en tout) reprend les couleurs du personnage, dont l’image figure sur le fond de la montre : vert pour Yoda, rouge pour Dark Maul (montre qui fonctionne à l’énergie solaire), doré pour C3PO, bleu pour R2D2, blanc pour les Storm Troopers. Une excellente friandise pour les adulescents qui ont grandi avec les deux premières trilogies et qui aimeraient bien voir la dernière tant que la Force est avec eux…

La montre prend une leçon d’humanité

Jusqu’ici, les montres apprenaient à lire l’heure et à s’initier à la mécanique. Avec la nouvelle Urwerk 210, la montre apprend l’homme et développe une relation symbiotique avec son porteur. Passons sur les aspects futuristes de ce concept dont les heures (marquées sur des cubes pivotants) sont guidées par une aiguille surdimensionnée le long d’une piste où se décomptent les minutes. Un « satellite » central assure la rotation du tripode qui porte les trois « cubes » de ces heures (quatre chiffes par cube). Le plus amusant reste l’indicateur de dépense énergétique logé en haut à gauche d’un cadran qui n’en n’est pas vraiment un : si vous vous remuez assez pour remonter le mouvement automatique, l’aiguille passe dans le vert ; sinon, elle reste dans le rouge. Au verso de la montre, vous pouvez même ajuster l’intensité de ce remontage automatique à votre niveau d’activité physique : des heures à la manier la souris méritent qu’on optimise le moindre basculement du poignet, quand un jogging permettra de réduire à l’essentiel ce remontage. Astuce : la modulation de ce rechargement du « moteur » de la montre se fait par des micro-turbines qui jouent sur la friction de l’air ! Tout ça au poignet : c’est un des concepts horlogers les plus « humanistes » de l’année…

Lien : Urwerk


Un clin d’œil des locomotives suisses à nos poignets

Les horloges des chemins de fer suisses font l’admiration des designers du monde entier : minimalisme fonctionnel absolu et style intemporel – elle a été dessinée en 1940 par l’ingénieur Hans Hilfiker. C’est presque un élément de l’identité nationale suisse, dans un pays où le contrôleur s’excuse pour la petite minute de retard de son train ! Il était fatal que les marques de montres transposent au poignet cette horloge dont l’aiguille des secondes est en forme de palette : le design de l’horloge est exploité depuis près de trente ans par la marque Mondaine, qu’on trouve à présent dans les vitrines françaises, à des prix très accessibles (dès 170 euros) et dans des tailles acceptables, notamment féminines (30, 33 et 36 mm). Les trains français n’en seront pas moins en retard, mais on pourra le vérifier à son poignet avec l’exactitude que les locomotives suisses ont érigé en principe existentiel…

Noir, c’est noir (surtout en diamant)

Le diamant noir fait rigoler les joailliers, mais le grand public en retient le mot « diamant » et les esthètes la couleur noire. Il excite donc l’imagination des créateurs, qui adorent le style « All Black », comme ce chronographe Linde Werdelin Spidospeed, qui conjugue le sombre éclat de ses surfaces aux reflets profonds de ses 48 diamants noirs. La nacre du cadran « squelettisé » (échancré) n’est là que pour souligner l’infinie noirceur d’une architecture générale très travaillée, dont les moindres angles ont été tendus avec la plus extrême rigueur par Morten Linde et Jorn Werdelin, qui ont donné leur nom (danois) à une marque de luxe horloger qui a la particularité de ne se vendre qu’en ligne, avec un astucieux système d’essai à domicile, de livraison et de réparations.

Lien : Linde Werdelin


Allez, un peu de douceur dans un monde brutal

Loin d’un marketing lancinant et des vertiges du branding horloger contemporain, une séquence émotion : on vient de voir apparaître sur le marché une collection de « montres chinoises » totalement inconnue et dans un état de fraicheur remarquable. Ces pièces semblent avoir été « sorties » de Chine dans les années 1950, à une époque où les collections nationales et les dépôts de l’Etat étaient probablement moins bien tracées qu’aujourd’hui : il s’agit de montres de poche fabriquées et décorées en Suisse au XIXe siècle pour être revendues aux élites impériales chinoises (d’où le nom de « montres chinoises »). À l’époque, la marque Bovet avait un tel succès en Chine que l’idéogramme de son nom, « Bo Wei », était devenu synonyme de « montre ». Beaucoup de ces montres avaient été pillées par les Européens, notamment lors du Sac du Palais d’Eté, les autres étant confisquées par la République de Sun Yat-sen, puis par le régime communiste – dont les dignitaires les revendaient parfois en douce aux Occidentaux. Aujourd’hui, elles sont rachetées à grand frais par des investisseurs chinois. Cette collection, qui sera dispersée par Christie’s Genève en novembre, est exceptionnelle par sa qualité et par son « environnement » : les émaux sont de qualité musée, les écrins sont d’origine, de même que les clés de remontage, et Christie’s propose également des lettres d’une passionnante correspondance commerciale des années 1840, entre la Suisse, Londres et Shanghai. Compte tenu du climat « patriotique » qui électrise la Chine, il est probable que quelques milliardaires locaux auront à cœur de casser leur tirelire [les enchères seront « millionnaires »] pour rapatrier ces trésors dans les collections nationales, en les offrant à la Chine pour se faire pardonner leur fortune trop rapidement édifiée…

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