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Uber : et si l’Europe assumait (enfin) la guerre des normes ?
©Reuters

Cour de justice des communautés européennes

Uber : et si l’Europe assumait (enfin) la guerre des normes ?

La Cour de justice de l’Union européenne a rendu ce jour un arrêt important qui pourrait bien marquer la naissance de "l’entrée en guerre" de l’Europe en matière de normes liées au numérique.

Jonas Haddad

Jonas Haddad

Jonas Haddad est secrétaire national au sein du parti Les Républicains en charge de l'Entreprenariat des Jeunes.

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En résumé, cette décision donne raison aux taxis de Barcelone qui réclamaient que les services collaboratifs d’Uber soient reconnus comme des services de transport et non pas de simple plateforme d’intermédiation.

Sans se prononcer sur le bien-fondé de cette décision, une évidence s’impose : les taxis ont gagné !

Or, depuis plusieurs années Uber avait libéré un marché sclérosé.

Progressivement, la concurrence des nouveaux acteurs VTC a contraint les prestataires de transport à réagir en se hissant à de meilleurs niveaux de qualité, pour le bonheur des usagers. Progressivement, Uber et les systèmes issus des VTC ont révélé toute l’étendue de leurs avantages et de leurs risques. Dans tous les pays européens, les législateurs ont tenté de trouver le point d’équilibre pour créer une nouvelle régulation permettre une saine concurrence ainsi qu’un équilibre des relations plateformes/chauffeurs.

Cependant, la décision de la CJUE n’est pas anodine et surtout elle s’inscrit dans un contexte particulier.

Sur le marché des VTC : Uber, acteur américain, n’est pas au mieux de sa forme et fait face à une crise de croissance matérialisée par des législations plus contraignantes et des mouvements remarqués à la tête de l’entreprise.  De nouveaux acteurs européens tels que Taxify, acteur estonien soutenu par des capitaux chinois, pratiquent une véritable guerre des prix et viennent bousculer l’ordre établi.

Sur le champ des normes : les positions américaines et européennes continuent de s’écarter en matière de numérique et pas seulement en matière de vie privée. Là où les pouvoirs publics américains ont récemment mis fin à la fameuse Neutralité du Net, les Européens font bloc pour conserver ce qui leur semble une garantie structurante.

Dans ses récentes interventions, le Docteur Laurent Alexandre, essayiste à succès en appelle à un réveil de l’Europe, déjà considérée comme une colonie numérique par rapport aux multinationales américaines et chinoises du numérique. Pour lui, l’Europe a perdu sa volonté de puissance se contente de quelques réussites de startups de taille moyenne et de vœux pieux.

Et si finalement l’Europe était en train de bouger ?

Et si l’Europe plutôt que produire des normes toujours plus contraignantes pour les producteurs européens commençait à percevoir la guerre économique qui se livre pour la maitrise de l’économie numérique ?

Un arrêt de la CJUE en soi ne saurait résumer cette entrée en campagne de l’Europe, mais si on y ajoute les ambitions européennes en matière de taxation des GAFA, on perçoit un frémissement.

Nos responsables politiques feraient bien mieux de regarder ce qui se joue dans ces décisions qui impactent des millions d’utilisateurs. Bien mieux que de défendre la nomination au sein du Conseil du numérique français de personnalités qui n’y connaissent rien au numérique mais tout à la polémique.

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