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Traître ou chevalier blanc ? L'ancien garde du corps de Diana révèle les vraies raisons qui l'ont poussé à révéler les secrets de la princesse
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THE DAILY BEAST

Traître ou chevalier blanc ? L'ancien garde du corps de Diana révèle les vraies raisons qui l'ont poussé à révéler les secrets de la princesse

Sa séparation avec Charles, ses aventures... Pour la seconde fois, Ken Wharfe dévoile les secrets de son travail avec la princesse Diana.

Tom Sykes

Tom Sykes

Tom Sykes est écrivain et journaliste, auteur du blog "The Royalist" pour The Daily Beast. Il a collaboré à de nombreuses publications, et a fait un passage au New York Post comme reporter nighlife et éditorialiste people. Il a écrit plusieurs livres, et a récemment aidé John Taylor de Duran Duran à écrire son autobiographie chez Dutton. Tom vit à Londres et en Irlande.

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Copyright The Daily Beast. Auteur Tom Sykes (traduction Gilles Klein)

Au cours de quinze années qui se sont écoulées depuis qu’il a publié son premier témoignage en tant que garde du corps de Diana, l’ancien officier de police, Ken Wharfe, a été traité de tous les noms. Un traître, un vendu, une honte pour son uniforme, figurent parmi le florilège d’insultes dont il a été gratifié.

Et maintenant, avec cette nouvelle publication qui évoque la vie tumultueuse de la princesse de Galles à l’occasion du 19ème anniversaire de sa mort, il est à nouveau accusé de trahir de manière spectaculaire la confiance de la défunte Diana. Mais Wharfe, qui a parlé au Daily Beast par téléphone, depuis sa maison londonienne, n’affiche aucune remord, ce qui n’est pas une surprise, et prétend au contraire se mettre au service de la mémoire de Diana.

"Chacun devrait penser aux raisons qui m’ont poussé à écrire. Je l’ai fait lorsque, à la suite de la mort de Diana, il y a eu une campagne menée par les communicants du Palais, travaillant pour son mari, le prince de Galles, pour faire disparaître Diana de nos mémoires, et préparer l’arrivée de Camilla, la nouvelle compagne du prince. Il y a eu des allégations venant de l’entourage du prince, à la télévision et à la radio, disant qu’elle n’était plus la même, qu’elle était devenue paranoïaque. C’était la même chose du côté des amis de la Reine. Et je me disais : 'Attendez ! Ce n’est pas du tout la femme que j’ai connue'".

Wharfe dit vrai sur un point : il y a eu une campagne de rumeurs disant que Diana était mentalement instable. C’était un sujet de conversation dans l’aristocratie durant les cinq années qui ont suivi sa mort. Et c’était un gros mensonge, affirme Wharfe. "Bien sûr qu’elle n’était pas malade", explose-t-il quand on lui pose la question. "C’est l'une des nombreuses raisons qui m’ont poussé à mettre tout cela noir sur blanc, parce que je pensais qu’il y avait des gens qui essayaient de démolir cette femme. Ce qu’elle était, en fait, c’est incroyablement malheureuse. Si elle avait eu une maladie mentale, elle aurait été incapable de continuer son travail sans relâche. Il y a des gens qui me parlent de la vie dure que mène la famille royale. Oui, la reine, le duc d’Edimbourg et, bien sûr, leurs fils, le prince de Galles, travaillent dur. Mais, vous savez, ce qu’ils font n’est pas difficile. Par contre, ce que Diana faisait, l’était. Elle s’impliquait tellement auprès des gens, c’est pour cela qu’elle est devenue si populaire, c’était une personne très humaine".

"Diana a modernisé la famille royale, elle l'a fait entrer dans le 21ème siècle. Ils n’ont pas apprécié. Mais une fois qu’elle a disparu, très vite, la famille royale a pensé : 'Nous avons perdu quelque chose'. Qui aurait pu penser à l'époque que la reine en personne prendrait part à une parodie de James Bond et atterrirait dans le stade olympique ? Qui aurait pensé que le prince de Galles se rendrait à la BBC pour lire le bulletin météo ? Si Diana avait fait cela, ils auraient dit qu’elle essayait encore de faire parler d’elle".

Mais cela fait quoi d’être qualifié de traître par les deux jeunes princes William et Harry, qu’il a contribué, à une époque, à protéger sans relâche ? "Aucun membre de la famille royale ne m’a contacté pour me dire qu’ils étaient en colère. Un ou deux officiers de police m’ont menacé, via les médias, de faire saisir mon livre, de faire supprimer ma retraite et d’autres choses du même genre. Mais, bien sûr, rien de tout cela n’est arrivé. C’est désagréable, mais il faut faire avec, et supporter les critiques. Ce n’est pas une expérience plaisante, mais si vous écrivez sur un tel sujet, il faut être prêt à rendre des comptes".

"Je ne crois pas que j’ai trahi mon devoir professionnel. Tout ce que j’ai fait, c’est écrire mes mémoires. Et dans ce cas, il faut décrire ce qui était comme c’était, même si c’est quelques fois contraire à ce que les gens veulent entendre".

Wharfe prétend que son livre est une contribution importante à l’histoire de Diana. "J’ai été conforté quand David Starkey, le célèbre historien, a dit dans les médias : 'Je ne sais pas pourquoi on en fait toute une histoire. Vous avez simplement quelqu'un qui a travaillé avec elle, c’est l'histoire de quelqu’un qui peut dire qu'il y était'".


Wharfe écrit avec un curieux mélange d’affection et de mépris sur le plus célèbre petit ami de Diana, James Hewitt. Il ne peut cacher son dégoût face à un comportement opposé à celui d’un gentleman après son aventure avec elle, mais le lecteur découvre aussi que Wharfe considère que cette aventure a été importante, qu’elle a permis à Diana d’être heureuse, et de tenir le coup. "Quand il a eu cette relation avec Diana, ils ne se voyaient pas tous les jours. La relation a duré près de deux ans, avec des moments partagés une fois par mois, ou bien toutes les trois ou quatre semaines. Il comptait pour Diana parce qu’elle était très malheureuse dans sa vie avec Charles".

L’aventure de Charles et Camilla a-t-elle été la première raison du malheur de Diana ? "Oui à 100%. Au début, on a dit à Diana que Camilla était une amie du prince. Diana s’est donc dit, comme beaucoup : 'OK, c’est terminé et ils restent amis'. Mais la vérité c’est que Camilla n’a jamais cessé de voir le prince. Et Diana n’était pas préparée pour le supporter. Ce n’était pas le genre de personne pour qui il était normal que le prince aie des maîtresses. Elle ne le voulait pas, mais malheureusement le prince n’envisageait pas de quitter Camilla. Cela a détruit leur relation. La séparation suivie du divorce a été le résultat de cette aventure avec une autre femme. C’est simple. C’est comme cela que cela s’est terminé".

"Je défie n’importe qui qui vivrait une telle situation de ne pas finir par avoir une aventure. Ce n’était pas mon rôle de faire la morale à Diana. Mon seul souci, c’était sa sécurité". Mais appréciait-il Hewitt ? "Je ne le méprise pas. Pourquoi le ferais-je ? C'était important de l’apprécier, parce qu’il avait de l’importance pour moi. J’avais besoin qu’il me dise ce que Diana oubliait de me dire". Exemple ? "Hé bien, il me prévenait s’ils prévoyaient de se revoir. Cela m’aidait, plutôt que de l’apprendre de manière indirecte, ou de le découvrir à la dernière minute. Au moins, je pouvais mettre en place une protection". "Il faut reconnaître que Hewitt a su se taire, il est arrivé très rarement que nous soyons repérés par des photographes. C’était toujours une grande inquiétude pour Diana. Mais sa sécurité n’a jamais été compromise".

Bien que Wharfe écrive dans son livre que Diana était blessée par les rumeurs disant qu’Hewitt était le père de Harry, Hewitt a encouragé ces spéculations quand il a collaboré avec Jon Conway pour une pièce de théâtre.

"J’ai vu la pièce. C’est un bon spectacle, mais il y a plein de choses fausses. Hewitt dit qu’il est peut-être le père de Harry, mais ce n’est pas le cas. Il n’était pas là au bon moment. Les dates et les faits ne coïncident pas". Wharfe n’accuse pas directement Hewitt d’avoir titillé le public avec de fausses allégations pour gagner de l’argent, mais il s’en approche : "Il a eu des difficultés quand il a quitté l’armée. Je n’ai rien contre lui et je ne commenterai pas ce qu’il fait maintenant".

Wharfe rejette les rumeurs disant que Diana a été assassinée, dans le cadre d’une conspiration. C’est absurde à ses yeux. "Je suis clair là-dessus. C’est un sujet sur lequel j’ai travaillé. J’ai été entendu comme témoin par le procureur ici, à Londres. Je crois que Diana est morte dans un tragique accident qui aurait pu et dû être évité. Je ne peux pas critiquer Trevor Rees-Jones qui était son garde du corps cette nuit-là, ou son collègue Kes Wingfield, mais ils étaient responsables de sa sécurité ce soir-là, et ils ont échoué".

"Ils ont échoué parce qu’ils ont laissé un homme ivre, Henri Paul, qui n’avait aucune expérience en matière de sécurité, à part celle de surveiller un hôtel, conduire un véhicule sous l’influence de l’alcool. Ils l’ont laissé conduire, sortir par une porte à l'arrière, pour tenter d’échapper aux paparazzi, alors que cela ne fait que les exciter". "Ils n’ont pas informé la police, ni demandé son assistance, ni contacté l’ambassade de Grande-Bretagne. Ils ont échoué parce qu’ils ne l’ont pas obligée à mettre sa ceinture de sécurité. Que dire d’autre ? Pas de conspiration. De quelle façon conspirer pour tuer quelqu’un à plus de 100 km/h contre un pilier en béton dans le tunnel de l’Alma ?".

Il rejette aussi les accusations impliquant d’une manière ou d’une autre la famille royale dans ce drame. "Pas un seul membre de la famille royale ne s’est félicité ou a bénéficié de sa mort. Il y a eu deux enquêtes, en France et en Angleterre. Elles ont conclu, sans l'ombre d'un doute : pas de conspiration. Il y a eu une immense tristesse, de son ex-mari, de chaque membre de la famille royale, parce que personne ne s’attendait à cela".

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