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Tous perdants d’une campagne où l’économie n’a eu aucune place
©Reuters

Les entrepreneurs parlent aux Français

Tous perdants d’une campagne où l’économie n’a eu aucune place

Nombre d’entrepreneurs étaient bien en peine de savoir pour qui voter. Si ce n’est par dépit. Et le cynisme, qui n’est pas la moindre "qualité" des politiques, leur permet de bien dormir la nuit en étant élu, même par défaut.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Ils ont tous perdu. Les entrepreneurs seront restés sur leur faim pendant ces élections, assombries, il est vrai, par des évènements d’une gravité extrême.

Si nous devons faire un résumé très rapide, car cela ne mérite certainement pas beaucoup plus, nous pouvons affirmer sans trop de craintes et sans risque de nous tromper que :

Les partis traditionnels sont au mieux, au fond du trou, mais plutôt, des morts vivants.

Alain Juppé a subi un large revers, ce qui n’est pas bon pour un futur candidat à la présidentielle.

Martine Aubry disparaît, je l’espère, les entrepreneurs l’espèrent, enfin et pour l’éternité politique. Elle qui appartient à un monde onirique, responsable d’un des pires attentats économiques des 40 dernières années.

Les politiques de ce pays ne respectent pas les Français, et n’ont, comme programme, que la seule alliance contre le parti qui leur grignote des parts de "marché", ce qui est pour le moins, limite à 20 mois de la présidentielle.

Personne ne parle d’emploi et d’économie ce dimanche soir, alors que c’est le sujet numéro 1 avec la sécurité dans notre pays.

Pour aller plus au fond sur ces remarques, nous pouvons donc ajouter :

Les partis, une fois de plus disent avoir compris le message. Nous allons rapidement voir que ces alliances artificielles, construites pour vaincre la concurrence, comme les monopoles le font en matière économique, quand ils craignent de se voir déloger de leurs rentes, feront long feu. Nous verrons les loups se manger à nouveau entre eux, car ces mariages forcés, pour de mauvaises raisons, ne dureront que 24h, 48 au mieux.  La "fête à la viande", va donc reprendre dès demain et la sanction sera la même en 2017. Pauvre France.

Entendre tous ces hommes de gauche et de droite, chanter à l’unisson ce petit couplet ridicule qui consiste à dire "que diraient les électeurs, si nous avions laissé le FN arriver à la tête dans 2 ou 3 régions". Quelle tristesse. Ils ont endossé leur petit uniforme de "bouclier de la démocratie", comme si le FN était un parti anti-démocratique. Pire que le front de gauche donc. Dont on ne conteste pas la légitimité.

La seule raison pour laquelle on souhaite barrer la route du FN, ce n’est pas qu’il n’est pas démocratique, c’est qu’il vient braconner sur les terres, sur les rentes, les fromages, le confort de ces conformistes qui plombent notre pays et l’empoisonnent, comme le plomb le fait pour la santé. Soit le FN est non démocratique et il faut l’interdire. Soit il l’est et on doit respecter à la fois ceux qui, désespérés, ont voté pour lui, et ils sont nombreux, et aussi le message qu’ils envoient. Et, bien que je n’envisage à aucun instant de voter pour le FN, le message envoyé, par le retrait du PS dans les régions pour assurer l’élection des rentiers habituels de la république est pour moi un deni de démocratie. Nombre d’entrepreneurs, aujourd’hui, étaient bien en peine de savoir pour qui voter. Si ce n’est par dépit. Et le cynisme, qui n’est pas la moindre "qualité" des politiques, leur permet de bien dormir la nuit en étant élu, même par défaut.

Alain Juppé perd. Valérie Calmels doit commencer à regretter l’entreprise. Mais il faut insister, à gauche comme à droite, pour laisser ceux et celles qui viennent de l’entreprise, faire leur chemin, jour après jour. Sarkozy avait perdu le 1er tour, marquant ainsi l’énorme rejet qu’il provoque, notamment chez « nous ». Juppé perd, par procuration, le 2nd tour. Une telle personnalité qui ne parvient pas à remporter sa région prouve qu’il ne rallie pas le suffrage des Français. Sa morgue, qui revient comme le naturel, au triple galop, le pousse à profiter du 2nd tour, perdu, pour annoncer indirectement que maintenant on parle de 2017. Pitoyable.

Aubry. No comment. Nous l’avons tous rêvé, les Chtis l’ont fait. Dehors. Qu’elle aille faire ses 35 heures ailleurs. Elle qui disait que son candidat y était allé à sa place, dans la région qu’elle tient ou prétendait tenir de main de maître, car il était meilleur qu’elle, a pour une fois eu raison. Elle aurait fait encore moins que lui, car elle appartient à une classe politique dont plus personne de veut. Celle de la rente et du privilège. Hérité familialement.

L’économie a été la triste oubliée, la causette de la campagne. Rien sur les 60 000 liquidations d’entreprises l’année passée, rien sur l’éducation, rien sur la sécurité pour des Français qui ne sentent plus protégés. Valérie Pécresse fera du Huchon, version BCBG. Les régions de droite élues par les voix de gauche, vont se déchirer, et oublieront très vite qu’elles sont redevables de voix d’électeurs qui ont porté au pouvoir en 2012, un pouvoir qu’ils critiquent et attaquent chaque jour. Etre élu par des gens qui ne vous aiment pas et ne vous pas confiance et devoir gouverner grâce à ces électeurs est la situation la plus vaudevillesques qui soit. Mais je crains que la farce ne fasse pas rire l’économie et les entrepreneurs. Car élus par des valeurs irréconciliables, élus de plus, SANS programme économique, la région Parisienne, qui pourrait être une force d’entraînement pour le reste de la France, risque de rester un triste wagon. Comme les autres.

Triste élection. 2017 doit donc au plus vite être occupé par la montée d’une force alternative, dotée de vision, d’ambition, d’honnêteté, sur fonds de rassemblement. C’est ce que veulent les Français, qui attendent cela pour canaliser leur dépit et le transformer en choix. Afin de remplacer une voix de contestation, de hargne, de dégout souvent, par un choix de cœur, un choix dicté par l’envie d’y croire encore avec des raisons pour le faire.

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