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Tour de France : Chris Froome, le « gagne-petit »…
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Ligne d'arrivée

Tour de France : Chris Froome, le « gagne-petit »…

Le Britannique a remporté le 104ème Tour de France. Son 4ème… sans remporter une seule étape. Il fait un Tour en bon gestion-naire. L’art sans la manière…

Serge Bressan

Serge Bressan

Serge Bressan, journaliste depuis 1974, a travaillé pour, entre autres, Le Quotidien de Paris, L’Equipe (Foot2), Le Parisien, L’Express, TéléCable Sat Hebdo ou encore la RTS (Couleur3) et France5…

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Connaisseur en la chose cycliste, un quotidien belge titre ce 24 juillet 2017 : « Christopher Froome, de raison plus que de pas-sion ». La veille, le Britannique a remporté, à 32 ans, le 104ème Tour de France. Son quatrième Tour- ce qui le place à une unité victorieuse du Belge Eddy Merckx, de l’Espagnol Miguel Indurain et des Français Jacques Anquetil et Bernard Hinault. Descendant du podium sur les Champs-Elysées, Froome a confié qu’il avait disputé son Tour « le plus difficile, le plus serré ». Et rappelé que, dans les Pyrénées du côté de Peyragudes, il a connu une sacré alerte, conséquence d’une fringale- ce qui généralement n’arrive qu’aux coureurs ordinaires…

De raison plus de passion… Oui, Chris Froome, surnommé « le Kenyan blanc » parce que né à Nairobi, capitale du Kenya, a gagné le Tour. Sûrement parce qu’il était le plus fort. Mais, avouons-le, durant cette édition 2017 de la « Grande Boucle », il n’a rien montré, démontré. Il a géré son affaire comme un petit boutiquier, n’a pas remporté une seule victoire d’étape- certes, ce n’est pas une première dans l’histoire du Tour, mais là, ça fait vraiment « gagne-petit ». En même temps, le directeur de l’épreuve, Christian Prudhomme, affirme : « Chris Froome ? il est bon partout ! » Le coureur britannique, de son côté, s’est presque excusé : « L’automne dernier, quand on a eu connaissance du par-cours de ce Tour 2017, je n’ai pensé qu’à la victoire finale… » Pourquoi pas, surtout si on applique le précepte qui fait avancer tout champion : « Seule la victoire est belle »…

Mais voilà, on nous dit que Froome a remporté une magni-fique victoire tactique. Pourquoi pas… Avec son équipe, le team Sky (budget annuel : 30 millions d’euros- le budget le plus impor-tant du peloton professionnel), il a bloqué la course pendant trois semaines. « Il n’est pas là pour établir des records mais au fond de lui, il rêve d’égaler le nombre de cinq victoires sur le Tour et, pourquoi pas, d’aller plus loin », confie Nicolas Portal, son direc-teur sportif chez Sky. Bloquer la course, on a connu ça dans le passé- avec Bernard Hinault, avec Eddy Merckx qu’on surnom-mait « le cannibale ». Mais ces deux-là, ils contrôlaient… et ga-gnaient des étapes après avoir dynamité le peloton. Venu sur une étape de ce Tour 2017, le grand Eddy Merckx n’a pas caché sa dé-ception : « Je m’attendais quand même à quelque chose en mon-tagne. Maintenant bon, Froome a toujours roulé défensivement, se défendait très bien et pouvait compter sur une équipe très forte. Lors du chrono d’ouverture, quatre hommes de Sky ont fini dans le Top 10. Il ne s’est presque rien passé dans ce Tour. Froome n’a jamais attaqué, n’a rien fait d’exceptionnel… » Et « le Canni-bale », d’ajouter : « Si Froome continue à se concentrer unique-ment sur le Tour, pourquoi cela devrait-il changer à l’avenir ? Il ne roule que le Tour… Si tu vois les choses de la sorte, alors autant n’organiser que le Tour vu que c’est la seule course qui compte… Mais le cyclisme n’est pas que le Tour. L’histoire du cyclisme, c’est aussi le Tour d’Italie, Milan-Sanremo, Paris-Roubaix… Toutes ces courses ont leur valeur. Je trouve dommage qu’on ne voit par Froome sur Paris-Nice, par exemple, ou d’autres courses ». 

Chez Sky, on n’a que faire des propos de l’ancien champion belge. On y envisage le cyclisme de façon méthodique, quasi scientifique. Depuis le lancement du projet Sky, sir Dave Brailsford monte chaque année la meilleure équipe possible- à coup de millions de dollars, il recrute les meilleurs du moment. Sur le Tour 2017, un directeur sportif d’une équipe adversaire a con-fié : « Les meilleurs coureurs du monde sont chez Sky… » Mais depuis quelque temps, le doute s’immisce dans et autour du pelo-ton. Ressortent les mots qui font mal : dopage chimique, technolo-gique… « Chris Froome a à cœur de prouver qu’on peut gagner le Tour cinq fois en étant propre, assure Nicolas Portal. Même s’il y a toutes les remarques derrière, c’est vraiment le truc qu’il aimerait prouver. Ce serait sa plus grande fierté ». Pour la première fois cette année sur les routes du Tour de France, Chris Froome a été sifflé par le public. Ce public qui apprécie si peu les « gagne-petit »…

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