Tour d'Europe des campagnes pour les Européennes : direction l'Espagne | Atlantico.fr
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L'espagne est un pays où les eurosceptiques sont ultra-minoritaires.
L'espagne est un pays où les eurosceptiques sont ultra-minoritaires.
©Reuters

Et chez vous, comment ça va ?

Tour d'Europe des campagnes pour les Européennes : direction l'Espagne

Huitième étape de notre tour d'Europe des campagnes pour les élections européennes : l'Espagne, où droite comme gauche adhèrent pleinement à l'idée européenne. Symbole de modernité, cette dernière rend ultraminoritaires les partis eurosceptiques.

Juan Pedro  Quiñonero

Juan Pedro Quiñonero

Juan Pedro Quiñonero est journaliste. Il est correspondant en France du journal conservateur espagnol ABC.

Auteur d'une vingtaine de livres.

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Atlantico : A l'approche des élections européennes, quels sont les principaux thèmes qui occupent les débats en Espagne ? Par quels partis sont-ils portés, et sont-ils focalisés sur l'Europe en elle-même, ou bien les préoccupations d'ordre national prévalent-elles ?

Juan Pedro Quinonero : Les deux grands candidats espagnols, c’est-à-dire le Parti Populaire (PP) et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) jouent surtout la carte de la défense des intérêts nationaux en Europe. Le PP, qui est au pouvoir, se présente comme celui qui défend le mieux une Espagne forte face à ses voisins ; son but est de rester, en termes de résultats, le premier parti espagnol. Le scrutin européen jouerait simplement la fonction de confirmation de la légitimité du gouvernement. Le PSOE, lui, vante une Europe qui s’opposerait à l’austérité. Il s’efforce par ce biais de sortir de l’ornière, mais sans succès garanti.

Des nuances existent au niveau des régions. En Catalogne, une grande partie de l’électorat se préoccupe de la compatibilité entre la construction européenne et le projet défendu par les indépendantistes catalans. Au Pays Basque, les nationalistes jouent également la carte de la constitution en un pays qui soit davantage représenté au niveau européen.

Mais de façon générale, les grands thèmes européens ne sont pas présents dans la campagne actuelle.

Quelles sont les forces en présence, et à quels résultats s'attend-on ?

Le paysage politique espagnol est fortement marqué par une logique gauche-droite, entre PSOE et PP. Tous deux sont au coude à coude, avec des prévisions autour de 32 % pour chacun, avec un très léger avantage pour le PP.

Au centre, l'Union pour la démocratie et le progrès (UPyD) et le Parti de la citoyenneté ne comptent pas pour grand-chose. A gauche du PSOE, on trouve un "potpourri" comparable au mouvement mélenchoniste en France, qui rassemble des écologistes, des membres de l'extrême gauche, des communistes… Ils jouent la partition de l’Europe des travailleurs contre l’Europe du capital. Mais ça ne vas pas très loin.

A quel niveau de mobilisation des Espagnols s'attend-on ?

Tout le monde craint une abstention massive. Le premier parti espagnol, de fait, devait être l’abstention. D’après un récent sondage, près de 25 % des Espagnols disent qu’ils comptent s’abstenir de voter, et environ 20% ne se prononcent. Sachant qu’en 2009, l’abstention a atteint un taux de 46 %...

Qu'en est-il des partis dits eurosceptiques ? Pourraient-ils, comme cela devrait-être le cas en France, effectuer une percée ?

Les eurosceptiques se trouvent dans une position d’extrême minorité. Vous en trouverez quelques-uns à l’extrême gauche, mais rien de comparable à ce qu’on trouve en France. Les socialistes ne sont pas d’un européisme béat pour autant, néanmoins l’Espagne a reçu beaucoup d’argent de l’Union européenne ces dernières décennies. Les Espagnols sont donc conscients qu’il est extrêmement important pour eux de faire corps avec les autres Européens. Être européen, pour un Espagnol, c’est faire preuve de modernité. Et d’autre part, tout le monde partage l’avis que sans l’UE, l’Espagne se trouverait dans une situation catastrophique.

Au sein des partis, certains membres – à gauche notamment – voient l’austérité d’un bien mauvais œil, mais l’opinion étant en faveur de l’Europe, ils doivent suivre. Les classes populaires, comme les CSP+, sont acquis à l’idée européenne. Être contre l’Europe en Espagne, c’est faire preuve d’un profond archaïsme.

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