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Pourquoi la police n'a pas pu empêcher Mohamed Merah
de commettre ses tueries
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Explications

Pourquoi la police n'a pas pu empêcher Mohamed Merah de commettre ses tueries

Mohammed Merah avait toutes les raisons d'être surveillé par la DCRI qui tenait à jour sa fiche personnelle. Pourtant, si les soupçons qui pèsent sur lui se confirment, il aura pu commettre trois tueries. Comment l'expliquer ?

Bruno Beschizza

Bruno Beschizza

Bruno Beschizza est conseiller régional d'Île-de-France, élu en mars 2010 en Seine-Saint-Denis et Secrétaire National de l'UMP à l'emploi des forces de sécurité.

Avant 2010, il était commandant fonctionnel de Police, secrétaire général du syndicat Synergie-Officiers.

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Atlantico : Le suspect de Toulouse, Mohammed Merah, était connu des services de renseignement pour avoir effectué plusieurs séjours en Afghanistan et au Pakistan et pour avoir fréquenté les milieux islamistes radicaux français. Pourquoi, au vu de son passé, n'a t-il pas été arrêté plus tôt ?

Bruno Beschizza : Lors des meurtres des parachutistes militaires, on se trouve encore dans un régime de droit commun. Il s’agit alors uniquement d’un crime et rien ne permet de parler de terrorisme. On ne peut commencer à en parler qu'à partir du moment où la tuerie a lieu à l’école juive.

Par la suite on constate de plus qu’il s’agit de la même arme et que ces crimes revêtent une dimension raciste. Le procureur de la République de Paris en conclut qu’il s’agit d’un crime terroriste. On change alors de cadre juridique.

Le changement de statut de l’affaire s’applique en termes de droit. Obtenir des informations sur le passé d'un suspect n'est pas une chose bien compliquée. En revanche, utiliser cette information dans le cadre d'une procédure est plus complexe.

La mise en place de l’anti-terrorisme permet d'avoir accès aux dossiers des services de renseignement, aux fichiers de la DGSE qui offrent la possibilité d'obtenir des informations sur les personnes qui vont passer leurs vacances au Pakistan, etc. Cela donne des pouvoirs dérogatoires. Avant cela, la police judiciaire n’avait pas accès à ces documents et ne disposait donc pas d'une partie de l'information liée au profil de ce suspect.

Pour vous donner un exemple concret des différence entre ces deux procédures : dans le cadre d'une affaire de terrorisme, l'interpellation peut commencer à 3h du matin tandis que dans un dossier de droit commun, il faut attendre 6h.

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