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Thierry Mariani : "L'UMP doit évoluer, le curseur s'est déplacé vers la droite depuis 10 ans"
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Droite populaire

Thierry Mariani : "L'UMP doit évoluer, le curseur s'est déplacé vers la droite depuis 10 ans"

Le ministre des Transports relativise les 18% récoltés par la candidate FN au premier tour. Mais 10 ans jour pour jour après la création de l'UMP, il juge que celle-ci doit être plus représentative de ses troupes.

Thierry Mariani

Thierry Mariani

Thierry Mariani a créé, en 2010, avec notamment les parlementaires Christian Vanneste et Lionnel Luca, le collectif de la Droite Populaire.

Il a été ministre chargé des transports dans le dernier gouvernement de Nicolas Sarkozy. 

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Atlantico : Marine Le Pen a obtenu 18% des voix au premier tour de la présidentielle. Nicolas Sarkozy se retrouve au deuxième tour en situation délicate face à François Hollande. Vous êtes l’une des figures de proue du courant de l’UMP « La droite populaire » classée à la droite du parti. Comment voyez-vous l’avenir de la droite française ?

Thierry Mariani : Le score de Marine Le Pen correspond au score de son père plus celui de Mégret en 2002. Il ne faut donc ni le minimiser, ni le surestimer. Aujourd’hui, un électeur sur trois s’est porté sur un candidat « de crise ». Il ne faut pas qualifier cet électorat d’extrême-droite, ce sont juste des électeurs qui en ont assez et cherchent un candidat qui pourra représenter leurs préoccupations.

Les différents partis de gouvernement se sont-ils suffisamment adressés à eux durant la campagne ?

Un nombre de Français avait envie de manifester qu’ils n’étaient pas satisfaits dans cette période de crise. Ils l’auraient fait qu’on s’adresse à eux ou pas. Il convient néanmoins pour le second tour de s'intéresser à eux.

Justement, comment faire ? Que peut faire l’UMP pour limiter la progression du FN ?

Marine Le Pen n’a pas envie d’exercer le pouvoir. Elle donnera sa position le 1er mai mais tout le monde a bien compris qu’elle fera tout pour battre Nicolas Sarkozy. Pour le FN la présidentielle est finie, leur horizon c’est les législatives, avec un double objectif : obtenir des élus et faire exploser l’UMP. Si l’UMP reste unie, le FN ne représentera pas une alternative.

Une alliance entre une partie de l’UMP et le FN est-il possible, notamment aux législatives ?

Je fais partie de ceux qui n’ont jamais prétendu que Marine Le Pen était fasciste, nazie ou je ne sais quoi. Je la mets au même niveau que Jean-Luc Mélenchon : elle a dit un nombre d’énormités invraisemblables dans la campagne, mais rien d’anti-démocratique ou anti-républicain.

Hollande peut discuter avec Mélenchon et les communistes. Quid de la droite avec le FN ?

On doit s’adresser à ses électeurs, pas à elle. Le Pen et Mélenchon sont deux personnages différents. Lui est un ancien ministre socialiste. Il a joué son rôle de rabatteur au premier tour. Son rôle est fini. Il nous expliquait il y a quelques semaines que François Hollande était un capitaine de pédalo, mais il se range désormais de son côté sans condition... A croire qu'il est le sous caporal du capitaine de pédalo…

Toutefois, il faut certainement que l’UMP change. L’UMP a été créé en 2002, nous sommes en 2012. Dix ans plus tard nous ne pouvons plus continuer de la même manière. Il y a dix ans, on avait regroupé des membres du RPR, des libéraux et de l’UDF pour former l’UMP en distribuant les postes par tiers. Tout ça, c’est du passé. Si l’UMP veut perdurer – et je souhaite qu’elle continue d’exister et reste confiant car Jean-François Copé se débrouille très bien – elle doit être représentative de ce que veulent nos militants et notre électorat. Il faut mettre un terme au système de chapelles représentant les élus. A force de vouloir créer un consensus avec tout le monde, on finit par obtenir une soupe qui ne veut plus rien dire !

Mais quels sont les aliments qui ne doivent plus faire partie de cette soupe ?

C’est aux militants de choisir après en avoir débattu démocratiquement. Il faut de vrais débats sur certains sujets et qu’on ne se contente pas du plus petit dénominateur commun.

La droite populaire dont vous êtes l’une des figures de proue pourrait-elle rejoindre un pôle souverainiste de droite dans lequel figurerait le FN ?

Non. Nous nous réunissons ce mardi. Aucune alliance n’a été entamée. Je sais bien que Marine Le Pen le laisse entendre, mais c’est du bluff, de l’intox. Ce que veut la droite populaire est simple : nous voulons que l’UMP continue à exister et nous sommes bien dedans. Mais l’UMP de 2012 ne peut plus être l’UMP de 2002.

On ne demande pas l’hégémonie du parti, mais juste de vrais débats avec un parti vraiment représentatif. Qu'il ne soit pas la cohabitation arithmétiquement équitable de courants qui existaient il y a dix ans et ne veulent plus rien dire aujourd’hui, si ce n’est des labels censés protéger certaines carrières individuelles.

La vie politique a évolué depuis dix ans. Je pense que le curseur s’est déplacé à droite, les élections sont encore là pour le montrer. Il faudra à un moment repenser la formation de l’UMP, que chacun compte ses troupes.

Bien sûr, ces débats n’ont de raison d’être qu’après les législatives. Pour l’instant, le seul combat qui mérite d’être mené par l’UMP consiste à gagner la présidentielle et les législatives.

Propos recueillis par Aymeric Goetschy

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