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©Rob Carr / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Lutte contre la Covid-19

Tests en entreprise : l’irréparable incurie de l’administration française

Alors que le gouvernement multiplie les annonces et les mesures dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, Sophie de Menthon revient sur la question des tests au sein des entreprises.

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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Quand on fait de la politique, il faut beaucoup annoncer puisque rien n'arrive dans les temps... une annonce faisant oublier l'autre, le temps que quelque chose se passe !

Ainsi Olivier Véran a-t-il dit  hier, que les tests salivaires allaient être disponibles dans les tout prochains jours ce qui devrait compenser l'encombrement des prélèvements dans le nez et la gorge… mais en fait les professionnels répliquent  que les tests sur les machines qui permettent d’analyser les prélèvements salivaires ne commencent que ces jours-ci et que les résultats ne sont attendus que fin octobre voire début novembre... Conséquence directe, les gens commencent déjà à faire la queue devant les labos pour les réclamer : désappointement ! Critiques en vue. 

« L’Europe, quel numéro de téléphone ? » : disait Henry Kissinger en 1970. Il se demandait qui appeler en cas de besoin et reprochait qu’on ne sache pas qui joindre ! C’est la même chose pour l’administration française aujourd’hui, elle n'administre plus mais elle bloque et c'est une occupation à plein temps. Un exemple, pas si anodin que cela illustre actuellement ce constat. Cela concerne les tests sérologiques que l'on aurait pu avoir il y a 6 mois, et disponibles maintenant en pharmacie. Ce qui se joue aujourd’hui sur les tests sérologiques est dans la parfaite continuité de ce qui s'est passé avec les masques avant et pendant le confinement.

Ainsi, les chefs d'entreprise, que l'on interpelle en les montrant du doigt à chaque occasion, se sont vus donner des règles et des protocoles (qu'ils avaient déjà mis au point en les adaptant, eux, à leur activité et à la taille de leur entreprise). Ils fournissent des masques dans l'immense majorité des cas et les paient (rappelons que pour avoir le droit d'acheter des masques en plein confinement, il a fallu se battre becs et ongles). Or, aujourd’hui les chefs d'entreprise veillant à la contagiosité potentielle de leurs salariés prévention, veulent faire mieux et leur proposer des tests sérologiques auto-administrés. Pas question bien sûr des tests PCR qui ne les concernent pas puisqu'il s'agit d'un acte strictement médical, ils demandent en revanche depuis 7 mois de pouvoir s'approvisionner en tests sérologiques. Rappelons que le test sérologique se pratique très facilement, sans risque, il s'agit de se piquer le doigt (soi-même) et de mettre une goutte de sang sur une plaquette qui donne le résultat dans les 5 minutes, indiquant le niveau d’anticorps.

Aucune objection valable possible :

- ce serait distribué seulement aux salariés qui le souhaitent

- ceux ci  seront maîtres de leur test et en aucun cas ne sont contraints de donner le résultat

- l'entreprise paie !

Efficace pour rassurer des salariés qui s'alarment et  dont certains se demandent si la grippe qu'ils ont eue il y a 2 ou 3 mois était la Covid 19 ou un simple virus.

Mais les choses les plus simples font l'objet d'opposition ou de non-réponse, ce qui revient au même. Impossible d'obtenir une info, le standard du Ministère de la Santé est un bastion digne des sketchs téléphoniques les plus hilarants : tapez 1.2.3.4.5.6.7.8. Ou bien attendez... "Une opératrice va vous répondre", on attend toujours.

Avec une infinie persévérance et des dédales d'appels, on nous renvoie au mail (pas de numéro) d'un "chef de cellule test", c'est environ le 6ème depuis des mois, frais émoulus sortis de l'ENA ils n'y peuvent rien, il sont d’ailleurs désolés et nous revient sur d'autres ...

Il s'agit simplement de savoir si une entreprise peut acheter des tests validés, en nombre, auprès d’une entreprise ( labo ou autre )  pour les offrir à son personnel ? Oui ou  Non ?! Aucun risque, cela ne coûte rien à l'État et c'est une offre qui bénéficierait à ceux qui le veulent allant dans le sens d’une forme de prévention supplémentaire.

Mais"  Macron, il y a le teléfon qui son et y'a person qui y répond " !

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