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Terrorisme : quand les assassins se disputent un cadavre !
©Reuters

C'est nous, c'est pas eux…

Terrorisme : quand les assassins se disputent un cadavre !

Dans la compétition de l'ignoble ils sont nombreux à concourir. Qui va les départager ?

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Ça s'est passé à Jérusalem. Une garde-frontière israélienne, Hadas Malka une jeune fille de 23 ans, a été poignardée à mort. La police a abattu les assaillants. Ces choses-là arrivent, hélas, assez souvent là-bas. Mais il faut noter à propos de ce drame une très intéressante novation. 

Daesh a revendiqué l'assassinat saluant le "courage" de ses combattants. Pas du tout ont dit le Hamas et le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) vantant la "bravoure" de leurs militants. D'habitude, pour un forfait ou pour un crime, on entend "c'est pas moi, c'est lui !". Ici c'est tout le contraire "c'est pas eux, c'est nous !'". Un mort israélien, ou une morte israélienne, ça ouvre l'appétit… 

Jusqu'à maintenant l'autorité palestinienne accordait une prime substantielle à toutes les familles des "martyrs" (appellation d'usage) tombés en tuant, ou en essayant de tuer, des Israéliens. De passage dans la région, Donald Trump a fait observer au numéro un palestinien, qui vit de l'aide internationale, que verser une prime de sang n'était pas le meilleur chemin pour parvenir à la paix. Mahmoud Abbas a obtempéré et a supprimé ce cadeau pour le moins répugnant. Mais peut être que ni Daesh, ni le Hamas, ni le FPLP ne sont au courant de cette décision ? Et c'est peut-être pour ça qu'ils se disputent la paternité de l'assassinat de Jérusalem. 

Chez nous en France rien de tel. Certes on tue aussi. Mais personne ne se bouscule pour revendiquer la mort de mécréants ou de Juifs. Seul Daesh répond toujours présent. Chez nous pas de Hamas, pas de FPLP, pas de Fatah. Un peu de Daesh quand même. 

Cependant nous avons notre diversité bien à nous. Des "radicalisés", des "déséquilibrés", des "loups solitaires", des "cas isolés". Tous entretiennent entre eux des rapports de bon voisinage. Ils ne se disputent pas autour de leurs victimes en criant "C'est moi, c'est moi". Pourtant, à bien des égards, ils ont beaucoup de choses en commun, avec leurs collègues de Jérusalem… 

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