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Édito : Sur les réformes et dans les sondages, Hollande recule partout
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L'Édito de Jean-Marc Sylvestre

Édito : Sur les réformes et dans les sondages, Hollande recule partout

Le président de la République est au centre d’un phénomène assez étonnant : il a beau reculer sur toutes les réformes, il continue quand même à s’enfoncer dans les sondages.

François Hollande a beau éviter tous les sujets qui fâchent, l’opinion publique ne lui en est pas reconnaissante pour autant. De fait, et depuis dix-huit mois, il recule sur tout. Il refuse toutes les réformes qui s’imposeraient en période de crise. Il prend des décisions fiscales en catastrophe parce qu'il lui faut bien trouver de l’argent mais l’impact se révèle tellement violent pour ceux qui paient l’impôt, qu'il les retire très rapidement. Il teste auprès de sa compagne des recettes pour rebondir, mais si elle les critiques un tant soit peu, il ne lutte pas. 

En fait, il recule devant toute réforme dès qu'elle entraine des manifestations impopulaires. Il recule même devant ses ministres, ayant refusé la rigueur imposée aux autres, il devrait être plébiscité. Avec ce « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, notre Président ne devrait avoir aucun problème de popularité ? Et bien c’est tout le contraire, il bat le record de l’impopularité. A tel point qu’il ne va plus pouvoir gouverner.

C’est incompréhensible sauf à imaginer que, par un curieux hasard, l’opinion ait perçu son ambition véritable : Rester au pouvoir quoi qu'il en coûte, en espérant que les choses se règlent d’elles-mêmes. Mais ça n’existe pas des problèmes qui seraient autonettoyants, un peu comme les fours qu'on fait en électroménager. En France, cette incapacité à gouverner pour nous sortir de la crise, est devenu insupportable. Y compris dans son propre camp.

Le Président est confronté à un deuxième phénomène qui va encore aggraver sa position. La plupart des pays européens sont sortis de la crise et retrouvent un peu de croissance. Sans parler des pays de l’Europe du Nord qui collent à la roue de l’Allemagne et qui ont opéré des réformes en profondeur il y a plus de dix ans. La Grande-Bretagne est sortie de l’ornière, l’Espagne, l’Italie et la Grèce ne sont pas loin du but. Tous ces pays sont sortis de la crise grâce à des outils mis en œuvre il y a près de trois ans.

Dans tous ces pays, les conditions du redressement ont été douloureuses mais payantes. Dans ces pays, on a laissé les forces du marché opérer les ajustements à la baisse. Tous les actifs (immobilier, entreprises…) ont perdu jusqu’ à 50 % de leur valeur. Les rémunérations et les salaires aussi : 30 à 40% de perte. Pourquoi cela a marché ? Parce que tous ces pays ont développé des politiques d’offres pour tous les acteurs de l’économie avec pour ciblage, le marché mondial.

Il est évident que le gouvernement et le président de la République peuvent difficilement se déjuger aussi radicalement. Le problème aujourd’hui, c’est que ces pays de l’Europe du Sud porte l’idée que l’on doit pouvoir sortir de la crise. Ces pays qui ont été aidé par l’Europe et le FMI démontrent leur capacité à rebondir et à gérer l’effort d’une politique de rigueur. Pour nous Français, leur sortie de crise est un marqueur spectaculaire de notre incapacité à se reformer.

Le succès des politiques d’ajustement à l’allemande justifie, et légitime l’échec du président de la République. A vouloir en permanence n’énoncer à tout ce qui a bien fonctionné ailleurs, il s’enfonce en permanence dans les sondages. Il ne fait pas de réformes par peur d’aggraver encore plus sa position. Le résultat est que le pays est enfermé dans une position qui est désormais grave de chez grave.

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