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Goldnadel s’attaque au best-seller mondial de Stéphane Hessel, "Indignez-vous !"
Goldnadel s’attaque au best-seller mondial de Stéphane Hessel, "Indignez-vous !"
©Reuters

Dansons la dissi-danse

Stéphane Hessel, indigné en toc

Dans "Le Vieil homme m’indigne !", Gilles-William Goldnadel s’attaque au best-seller mondial de Stéphane Hessel, "Indignez-vous !" Pour lui, le prétendu résistant est un imposteur et son travail, partial et creux (Extraits).

Gilles-William Goldnadel

Gilles-William Goldnadel

Gilles-William Goldnadel est un avocat pénaliste aux prises de position contestataires, président fondateur d'Avocats sans frontières. Il fut le défenseur des accusés dans les affaires Sentier I et Sentier II, ainsi que dans l'Angolagate. Il est l'auteur de Réflexions sur la question blanche et de Le vieil homme m'indigne ! : Les postures et impostures de Stéphane Hessel, parus chez Jean-Claude Gawsewitch. Gilles-William Goldnadel est également secrétaire national de l'UMP aux médias et à la désinformation.

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A lire aussi :
"Indignez-vous !" : petit livre indigent pour bobos conformistes

Fièrement, le petit livre jaune est publié par les éditions Indigène dans une collection intitulée : « Ceux qui marchent contre le vent ».

Il faut retourner, pour le fun, à cet article déjà cité de Télérama qui constitue un modèle de complaisance, de cire pompes vernies, qui a choisi pour titre cette noble citation de Stéphane Hessel : « J’ai toujours été du côté des dissidents » et qui commence par cette phrase bien envoyée : « C’est un vieux monsieur formidable qui nous reçoit simplement dans son appartement parcheminé du 14e arrondissement à Paris. Affable, séducteur, et toujours révolté contre l’injustice. » Ledit article est joliment orné d’une photo de l’humaniste souriant tendrement à Yasser Arafat.

Car il faut bien le reconnaître, de nos jours en France, il faut être dissident, à la manière de Soljenitsyne ou de Aung San Suu Kyi, pour oser prendre le parti des sans-papiers ou des Palestiniens. Au mieux Gorki, au pire le goulag ou l’hôpital psychiatrique.

Sans ces samizdats que constituent Le Monde diplo, Libé, Les Inrocks, Télérama, Mediapart, Rue89, Politis, qui sait vers quelle destination inconnue, le dissident serait conduit de par le pouvoir implacable de la pensée dominante et des lobbies ?

Car c’est à la nuit tombée que les résistants se passent de main en main tremblante le petit livre ronéotypé. Dehors, hulule une chouette ? Tu n’y es pas camarade. C’est un ami qui monte la garde. S’il tombe, un ami prendra sa place.

Et si on était, rien qu’un peu, sérieux ? En France, ce n’est pas le pouvoir politique qui aujourd’hui opprime, c’est celui qui imprime, et qui est censé informer sans déformer.

J’ai appris récemment, sous la plume de l’excellent Michel Gurfinkiel un nouveau mot : ochlocratie, la dictature de l’opinion cornaquée par les potentats médiatiques qui, profitant de la faiblesse des politiques, formatent les esprits.

Si Stéphane Hessel avait été toujours du côté de la dissidence, il aurait lutté pour les sans-voix et laissés-pour-compte de la pensée conforme.

Pour le représentant de l’Armée de Libération du Soudan que je défends contre les menaces récurrentes d’expulsion du Quai d’Orsay pour cause d’intransigeance à l’égard du criminel de guerre qui préside à Khartoum. Pour les chrétiens d’Algérie poursuivis pour blasphème par les tribunaux de leur pays. Pour les opposants iraniens réfugiés en France contre le régime des mollahs. Pour le gouvernement provisoire de Kabylie basé à Paris. Pour les Tamouls massacrés au Sri Lanka. Pour les Tibétains expulsés, quitte à ne pas vendre son livre aux Chinois.

Pour les modernes esclaves indiens ou bengalis de Dubaï ou d’Abou Dhabi…

La blasphématoire vérité, c’est que « saint Stéphane » est du côté du sceptre, du manche et de la cognée. Du côté des faux rebelles et des authentiques fayots. Du côté des ochlocrates. Du côté des theâtrocrates démagogues raillés par Platon, du côté, précisément, de ceux qui ont monté en omelette baveuse de platitudes, de boursouflures, de vantardises, de mensonges, de demi-mensonges, en poussant des oh !, des ah !, des bravos !, et des encore !

Hier, Elena Bonner, veuve Sakharov est morte en exil. En silence. Dissidente.

Tout le contraire d’un conformisme nauséabond en odeur de sainteté.

Et dans le sens du vent.

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Extraits deLe vieil homme m'indigne !, Jean-Claude Gawsewitch (26 janvier 2012)

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