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Le Vibe Z, un des smartphone de Lenovo
Le Vibe Z, un des smartphone de Lenovo
©Lenovo

L'interview Atlantico Business

Stéphane David - Lenovo : "Apple et Samsung ne sont pas des obstacles pour lancer nos smartphones sur le marché français"

[REDIFFUSION] 18,6%, c’est la part de marché mondiale de Lenovo dans le marché des PC pour le quatrième trimestre 2013. Le groupe chinois de produits informatiques a ravit la place de numéro 1 mondial du PC en se plaçant devant HP en juillet dernier. Dans l'hexagone depuis 6 ans, Lenovo continue son développement. Après les offres B to B, le PDG français, Stéphane David, met désormais le cap sur les produits grand publics et ambitionne de se faire une place sur le marché si convoité des smartphones.

Stéphane David

Stéphane David

Stéphane David est le PDG France de Lenovo. Avant de rejoindre le groupe en 2005 en tant que Responsable Commercial Secteur Public pour la France, Stéphane David a occupé différentes fonctions marketing et commerciales chez IBM. Stéphane David est diplômé de l’Institut Politique de Paris.

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Atlantico Business : Quel bilan tirez-vous de ces derniers mois et quelle feuille de route pour la fin 2014 ?

Stéphane David: 2013 restera l'année où nous avons pris la place de numéro un mondial sur le marché du PC. C'était l'ambition fondatrice au moment de la constitution de la marque en 2005. Cela fait maintenant deux trimestres consécutifs que nous avons cette position-là et nous pensons la conserver vu la forte croissance que nous connaissons. Depuis 2009, nous sommes à 18 trimestres consécutifs de croissance. Sur le marché français, le bilan est également excellent de notre point de vue. La marque occupe le cinquième rang, toutes activités confondues et nous avons investi la quasi totalité de nos canaux de distribution à savoir la grande distribution, les enseignes spécialisées et les sites e-commerce. Pour 2014, notre volonté, c'est d'assoir la marque auprès du grand public. On veut associer la marque Lenovo à des produits innovants qui élargissent l'expérience des utilisateurs et qui ouvrent aux nouveaux usages. Pour y parvenir, nous allons capitaliser sur l'innovation, c'est le moteur de notre croissance, mais aussi en continuant le développement de notre réseau de distribution.    

En écho aux grognes patronales, notamment sur la fiscalité des entreprises, estimez-vous qu'il est plus compliqué d'investir et d'innover en France qu'ailleurs ?

La France, fort heureusement, ne nous empêche ni d'innover, ni d'imaginer des stratégies commerciales, ni de vendre nos produits. Je crois cependant, que le point qui est une menace pour notre industrie, c'est plutôt l'ajout de taxes et de redevances supplémentaires qui pourraient frapper l'ensemble des équipements connectés. Ajouter 1% de taxe sur ces produits, comme projette de le faire le gouvernement, peut avoir des dommages considérables si l’on se réfère aux marges réalisées dans cette industrie. Je crois aussi que cela peut avoir pour effet indirect des achats de ces produits via des sites étrangers, pour échapper à la redevance, ce qui créera inévitablement des distorsions de concurrence qui pourraient pénaliser le marché français.

Le marché des PC chute fortement, -10% le trimestre dernier, est-ce la fin de ces appareils au profit des nouveaux équipements ?

Quand ont dit que certains produits chutent, c'est parce qu'il y a une floraison de l'offre qui n'a jamais été aussi importante. Ces nouveaux produits ont bouleversé la manière d'appréhender les produits informatiques. L'ordinateur de bureau tel qu'on le connait ne disparaitra pas, il reste d'ailleurs très dominant dans le segment des grandes entreprises, plus puissant et davantage dédié à la production. En France, le marché des PC c'est 2 millions d'unités chaque trimestre, ça reste donc un marché important. Notre positionnement sur le marché du PC, il n'est pas terminé. En revanche, ces nouveaux produits viennent en cohabitation des autres, puisque vous avez la possibilité de synchroniser les données, d'utiliser l'un ou l'autre en fonction de vos besoins.

Parmi ces nouveaux produits, il y a ce que vous nommez la famille des PC+, pourquoi la demande va vers ce type de produit ?

En termes d'équipement, le PC traditionnel regroupe les PC portables, les ordinateurs de bureau et les tablettes graphiques. Depuis quelques années maintenant, des tablettes avec ou sans claviers, modulables, connectables ont séduit les consommateurs. C'est cela que nous appelons le PC+. Il y a trois ans, ce marché représentait pour Lenovo 4% du chiffre d'affaires, 1 an plus tard 8% et l'an dernier 15%. On voit donc clairement que la demande se dirige vers ces produits et ce, pour plusieurs raisons. D'abord, la valeur ajoutée de ces produits : ils sont tactiles, autonomes, rapides. Ils créent de nouveaux usages dans le domaine du divertissement, mais aussi dans le domaine professionnel. Il y a clairement aussi une question de l'accessibilité en terme de prix et enfin, un élément sociologique. Les modes de vie évoluent, nous sommes de plus en plus mobiles et les jeunes générations demandent moins de frontières entre certaines façons d'interagir. Tous ces éléments ont fait que cette activité s'est développée rapidement.

Lenovo a également lancé une gamme de smartphone. Quelle est l'ambition sur cette famille de produits très concurrentielle ?

La diffusion de smartphones par Lenovo va se faire graduellement. Il n'y a pas aujourd'hui de calendrier précis, mais c'est dans le cœur de notre stratégie. L’implantation de ces produits a déjà été faite dans le bassin asiatique où nous sommes présents en Inde, aux Philippines, au Vietnam... Depuis un peu plus d'un an maintenant la volonté est de développer la commercialisation de ces appareils sur les EMEA, c'est-à-dire l'Europe et l'Afrique du Nord. L'introduction s'est déroulée avec succès, nous avons déjà des parts de marché significatives en Russie, en Ukraine ou encore en Bulgarie...

Sur notre marché, Apple et Samsung domine aussi bien en terme de ventes que d'image de marque, cela ne risque-t-il pas d'être compliqué pour vous ?

Il est évident que sur le marché français, beaucoup de gens découvrent que Lenovo est un acteur dans le monde des smartphones. Samsung et Apple sont des leaders mondiaux, donc la configuration d'arriver sur un marché où ces marques sont présentes est pratiquement systématique. Cela ne nous a pas empêché d'occuper le 4ème rang mondial du secteur. Ce n'est donc pas un frein pour lancer nos smartphones sur le marché français. La volonté de Lenovo, c'est d'assoir une marque grand public et l'on sait que quelqu'un qui veut acheter un smartphone a besoin de connaitre la marque avant l'achat. Cela fait donc partie de nos focus pour 2014, continuer le développement de notre business grand public et favoriser l'achat de smartphones. Je dirais enfin, que des acteurs très renommés il y a 7 ou 8 ans, ne le sont plus aujourd'hui. Pourquoi, parce que le secret, c'est de faire des bons produits qui surprennent les consommateurs. Si vous n'apportez pas d'innovation, vous ne pouvez répondre que sur le prix. Lenovo a trouvé cet équilibre entre innovation et prise en compte des attentes du consommateur, notamment dans le prix. 
Propos recueillis par Julien Gagliardi

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