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Fera-t-on au PS le même chantage sur ses alliances avec l'extrême gauche que celui fait à l'UMP avec le FN ?
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La semaine Goldnadel

Fera-t-on au PS le même chantage sur ses alliances avec l'extrême gauche que celui fait à l'UMP avec le FN ?

Après un premier tour qui a porté Marine Le Pen à 18%, place au jeu des alliances. Si les soutiens de Joly et Mélenchon à Hollande n'ont guère suscité de réactions, le devenir des voix du FN semble poser plus de problèmes.

Gilles-William Goldnadel

Gilles-William Goldnadel

Gilles-William Goldnadel est un avocat pénaliste aux prises de position contestataires, président fondateur d'Avocats sans frontières. Il fut le défenseur des accusés dans les affaires Sentier I et Sentier II, ainsi que dans l'Angolagate. Il est l'auteur de Réflexions sur la question blanche et de Le vieil homme m'indigne ! : Les postures et impostures de Stéphane Hessel, parus chez Jean-Claude Gawsewitch. Gilles-William Goldnadel est également secrétaire national de l'UMP aux médias et à la désinformation.

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Je vais me livrer à un exercice difficile. Faire comme si je n’avais pas entendu les commentaires des commentateurs. C’est un exercice périlleux car leurs analyses polluent les esprits pourtant les plus prévenus contre eux. Je vais le faire néanmoins, car une fois de plus, je constate qu’ils se sont trompés et que, très certainement, ils continueront à le faire avec la même morgue, avec la même assurance, en oubliant leurs bévues aussitôt qu’elles sont constatées. Ils n’avaient pas vu Marine Le Pen aussi haut, ils avaient même vu Jean-Luc Mélenchon devant elle. En réalité, ils n’avaient pas voulu voir. Aujourd’hui ils expliquent doctement que la stratégie de Nicolas Sarkozy a échoué et que celle-ci aurait même profité à Marine Le Pen.

Et si, une fois de plus, ils se trompaient. Et si, l’addition des voix de droite et d’extrême droite ne signifiaient pas tout simplement l’exaspération montante du peuple Français ? Et si, au contraire, l’échec relatif de Nicolas Sarkozy était à rechercher, non seulement dans ses renoncements du passé, mais encore dans le fait qu’il a joué petit bras dans sa campagne du premier tour ? A-t-il fait vraiment le procès des corps intermédiaires, à l’arrogance inversement proportionnée à leur défaut de toute légitimité ? A-t-il vraiment su prendre la mesure d’une affaire Mohamed Merah qui lui livrait tristement sur un plateau tous les ingrédients qui composent aujourd’hui la véritable haine raciste dans ce pays ? Et si, déjouant effectivement tous les pronostics, Nicolas Sarkozy savait montrer à un peuple encore riche de sa sagesse et de son bon sens les bienfaits de la théorie de la relativité en politique ?

Je reste toujours convaincu d’une chose : à l’anti-sarkozysme qui constitue la trame unique du message - par ailleurs délibérément insipide - de François Hollande doit être opposée l’obscénité d’une alliance entre le parti socialiste et ses alliés d’extrême gauche. Si ce combat culturel avait été mené depuis des années, jamais le candidat socialiste n’aurait eu l’audace tranquille d’appeler nommément Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly à venir le rejoindre. Le moment n’est-il pas venu, pour les tenants de la droite démocratique de mettre la gauche socialiste au pied du mur en lui indiquant clairement que si elle ne renonçait pas à ses alliances extrémistes, elle en tirerait désormais toutes conséquences aux élections législatives ? Jusqu’à quand va durer ce chantage unilatéral qui vicie la vie politique française ?

La semaine dernière, je racontais comment Le Monde avait tenté d’utiliser l’affaire Breivik dans le cadre d’un amalgame, que par ailleurs il dénonce régulièrement, pour présenter l’historienne Bat Ye’or comme l’une des inspiratrices du terrorisme norvégien.

Libération a fait encore plus fort. Dans l’article du 16 avril intitulé « La blogosphère de la haine », la correspondante en Scandinavie Anne-François Hivert fait dire à un certain Lars Gule qu’elle présente comme un « philosophe » : « Ces sites ( néoconservateurs) fonctionnent comme des caisses de résonance, où ceux qui les fréquentent ne reçoivent aucune opposition, mais uniquement des réponses qui confirment leur vision du monde ». En conséquence, des idéologues, tels que Bat Ye’or mais aussi l’écrivain américain Robert Spencer, directeur du blog Jihad Watch, ont leur part de « responsabilité. ». Renseignements pris, le « philosophe » a été condamné pour des faits de terrorisme d’extrême gauche.

Décryptage vertigineux : l’idéologie d’extrême gauche en majesté interdit systématiquement toute réflexion sur l’affaire Merah, en brandissant simultanément les risques de l’amalgame raciste ou de l’exploitation politique indue, alors même que les motivations du meurtrier sont sur la table, en revanche et sans aucun élément, sa partie la plus extrême n’hésite pas à livrer en pâture les noms d’intellectuels qui n’ont jamais utilisé le moindre appel à la violence.

Petit courrier personnel : un apparatchik socialiste dont j’ai déjà oublié le nom et qui s’exprime au nom d’une obscure officine qui s’intitule Socialisme et Judaïsme m’a mis en cause la semaine dernière assez méchamment.

Je crois tirer de ce vilain articulet que cette association ne me pardonne pas d’avoir moqué SOS racisme pour s’être livré à son traditionnel jeu de piste de l’extrême droite avant que l’on arrête Mohamed Merah. Je pense pouvoir survivre à ce méchant procès mais celui-ci a l’indiscutable mérite de servir de cas pratique pour observer comment l’intelligence et la morale ont largement changé de camp depuis que le danger principal a lui aussi glissé d’un extrême à l’autre. Ainsi, mon socialiste de contradicteur me reproche d’avoir défendu les dames Oriana Fallacci (que l’on ne présente plus) et Anne Kling qui fut paraît-il membre de l’association Alsace d’abord. Il n’est pas venu à l’idée de mon contradicteur de rappeler à ses lecteurs que ces personnes avaient gagné leur procès, ce qui aurait tendance à montrer que j’avais, sinon bien fait mon métier, au moins eu raison d’accepter de les défendre.

D’autre part et surtout, il ne me viendrait pas à l’idée, sauf à me ranger dans la série des pithécanthropes de reprocher à ma consœur ainée Gisèle Halimi d’avoir défendu des terroristes palestiniens ou à l’époux de Madame Aubry d’avoir défendu des islamistes. On voudra voir ici la décence habituelle de nos donneurs de leçon.

Mon metteur en cause me reproche également d’avoir fait grief à SOS Racisme de ne pas être aussi sévère envers les islamistes qu’elle ne l’est envers l’extrême droite. Je serais en cela bien injuste. C’est sans doute parce que je n’ai pas vu la manifestation de nos vigilants potes lors du congrès de l’UOIF, alors que j’avais bien constaté celle qui a empêché de s’exprimer Marine Le Pen à l’université Dauphine.

Mais il y a sans doute un point sur lequel mon metteur en cause a raison, bien qu’il m’en fasse gauchement grief : sur le fait que je considèrerais désormais l’extrême droite comme moins dangereuse que l’extrême gauche et les islamistes. C’est vrai, j’avoue. J’avoue tout. Je considère aujourd’hui que l’islamo-gauchisme est devenu le nouveau totalitarisme à combattre. Ou pour le dire à la manière des potes le combat anti-fasciste à mener.

Je n’arriverai jamais à être aussi anti-communiste que Winston Churchill l’a été pourtant celui-ci n’a pas hésité à s’allier à Staline pour vaincre Hitler.
Je ne suis pas Winston Churchill, Marine Le Pen n’est pas Staline, mais le temps est venu de dire que le parti socialiste a trahi le parti socialiste. 
Je préfère petit-déjeuner, en tout bien tout honneur avec Marine Le Pen plutôt que de dormir avec Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent et Noël Mamère. Quand bien même leur union aurait été célébrée à l’Hôtel de ville !

Dernier sujet, Socialisme et Judaïsme aura fermé les yeux, lorsque Bertrand Delanoë a reçu la semaine dernière Salah Hamouri condamné par la justice israélienne pour avoir tenté d’assassiner un rabbin. Quelques jours seulement après le massacre de Toulouse, on voit dans quelle estime Socialisme et Judaïsme est tenu…

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