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Lord Ivar Mountbatten a dévoilé son homosexualité, mais cette nouvelle concernant un membre de la famille royale n'a pas entraîné de scandale. Cette histoire témoigne du fait qu'il est bien difficile d’être un membre éloigné de la famille royale.
Lord Ivar Mountbatten a dévoilé son homosexualité, mais cette nouvelle concernant un membre de la famille royale n'a pas entraîné de scandale. Cette histoire témoigne du fait qu'il est bien difficile d’être un membre éloigné de la famille royale.
©Reuters

THE DAILY BEAST

Sang bleu, sang malheureux : pourquoi la vie des membres éloignés des familles royales n’est vraiment pas drôle

La récente révélation de l’orientation sexuelle d’un parent éloigné de la reine Elizabeth montre à quel point il est parfois pénible d'être rattaché à la famille royale. Vous avez un beau nom, mais pas grand-chose d’autre.

Tom Sykes

Tom Sykes

Tom Sykes est écrivain et journaliste, auteur du blog "The Royalist" pour The Daily Beast. Il a collaboré à de nombreuses publications, et a fait un passage au New York Post comme reporter nighlife et éditorialiste people. Il a écrit plusieurs livres, et a récemment aidé John Taylor de Duran Duran à écrire son autobiographie chez Dutton. Tom vit à Londres et en Irlande.

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The Daily Beast - Tom Sykes

Lorsque Lord Ivar Mountbatten a récemment révélé son orientation sexuelle auprès des médias britanniques, il a été présenté comme étant le cousin de la reine Elizabeth. Ce qui est proche de la vérité, mais il est en fait le petit-cousin au troisième degré de la reine.

Pour resituer le contexte, dans un modèle familial traditionnel qui comporte entre deux et trois enfants à chaque génération, cela donne 190 petits-cousins, d’après le blog ADN 23andme.com. Mais si vous comptez les cousins éloignés, ceux qui ne sont pas de votre génération, par exemple les cousins de vos parents ou de vos enfants, le nombre de parents va alors doubler voire tripler.

Alors, pourquoi Lord Mountbatten a-t-il décidé de sortir du placard ? Eh bien, entre autres, pour mettre en avant l’entreprise familiale dont il s’occupe, un manoir à côté de Uffculme, village du Devon, qui peut être loué pour des mariages et autres événements. Mais peut-être cette publicité n'est-elle qu'un rayon de soleil autour d'un gros nuage...

Il a annoncé la chose de façon très publique parce que, explique benoitement le Mail on Sunday, les autres médias menaient déjà des investigations sur sa vie privée, c’est pour cette raison qu’il a décidé de prendre les devants. Il a refusé par la suite une interview complémentaire, en expliquant dans un mail envoyé au Daily Beast que ''tout ce qui doit être dit a été dit".

C’est un signe que l’opinion publique britannique a gagné en maturité. Les tabloïds n’ont pas tourné en scandale la nouvelle qu’un membre éloigné de la famille royale était homosexuel. Malgré tout, cette histoire témoigne d'un fait : il est bien difficile d’être un membre éloigné de la famille royale.

Pensons par exemple à Pippa Middleton, qui a finalement donné "une première véritable interview" selon le journal the Mail. Mais peut-on toutefois considérer qu’une interview sans aucune mention de sa sœur, la future reine, soit complète ? L’agacement flagrant de Pippa, bien compréhensible par la majorité des personnes de bon sens, est que le public la voit comme un membre à part entière de la famille royale, comme, disons, la fille du prince Edward (Louise), alors qu'elle ne bénéficie d'aucun soutien ni d'aucune protection de la part de l’énorme machine royale. Pippa a révélé que ''cela fait désormais quelques années que je vis sous l'oeil du public et cela m’a forcée à m’endurcir. Mais gérer tout cela seule n’a pas été facile''.

''Il y a bien des choses auxquelles je suis confrontée, par exemple les paparazzi qui se cachent derrière des voitures et qui bondissent armés d’un appareil photo. Cela peut s’avérer déstabilisant". Quant à sa vie professionnelle, son travail et les nombreuses associations caritatives qu'elle soutient, "les gens semblent penser que je reçois beaucoup d’aide, mais ce n’est pas le cas, il n’y a que moi".

Les membres "mineurs" de la famille royale et les "ex" - pensez par exemple à la chasse aux jobs de Sarah Ferguson - semble souvent être coupés des opportunités financières par l'establishment royal. Qu'ils soient incapables ou ne veuillent pas prendre un travail normal, quand le butin s'épuise, ou qu'ils se trouvent contraints d'essayer de générer un peu de cash en écrivant un livre, une rubrique dans un journal, en participant à une émission de télévison, ou, hum, en faisant des strip-teases (à propos, la cousine par alliance de Kate Middleton au second degré est danseuse dans un show burlesque). Quand ils acceptent ces contrats, ils sont d'abord interviewés par les médias, puis diffamés et exclus par ces mêmes médias pour avoir commis le péché impardonable de tenter de monétiser les plus beaux noms du royaume.

Parfois, l’une de ces personnalités rattachées à la royauté trouve la formule magique et parvient à en tirer profit.

Parmi ces cas rares, on compte Zara Tindall, la fille de la princesse Anne, et le très recherché vicomte Linley, fils de la princesse Margaret.

Le vicomte David Linley représente parfaitement le dilemme que rencontrent certains rejetons de l'arbre royal. Bien que sa mère ait été une princesse, la princesse Margaret, les titres nobiliaire au Royaume-Uni sont transmis uniquement par le père. Il n’a donc pas eu accès à la lignée royale et s'il porte le titre de vicomte, c'est uniquement parce que c'est un titre créé pour son père lors de son mariage avec la princesse Margaret.

David Linley est considéré partout comme étant le meilleur des créateurs de meubles de son temps. Zara a très bien rentabilisé sa filiation. Elle lui a permis de trouver des sponsors, comme Land Rover. D’autant plus que grâce à ses remarquables qualités de cavalière, elle est entrée dans l’équipe olympique équestre de Grande-Bretagne en 2012. Lord Snowdon, David Linley et Zara Tindall ont donc prouvé qu’être simplement affilié de loin à la famille royale peut représenter un atout et qu'ils sont capables d'honorer la nation...

Peut-être devrions-nous leur accorder le même respect que T.S Eliot, qui admirait les poètes peu connus en les comparant à ceux qui avaient la reconnaissance et la gloire ? Dans son essai What is Minor Poetry, Eliot écrit qu’il s’oppose à l'expression "poète mineur" et à toute interprétation péjorative qui y serait liée. L’idée que ces poètes peu connus puissent êtres moins intéressants que leurs confrères célèbres ne lui semble pas juste. L'observation de la vie de certains membres éloignés de la famille régnante nous questionne sur la réelle nécessité de leur présence dans les médias. Certains sont devenus des modèles et sont plus adulés que leurs royaux cousins au premier degré. 

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