Repentis fiscaux : les cinq derniers paradis où les riches Français vont pouvoir cacher leur fortune<!-- --> | Atlantico.fr
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Restent pour l’instant cinq paradis fiscaux dans le monde.
Restent pour l’instant cinq paradis fiscaux dans le monde.
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L'Edito de Jean-Marc Sylvestre

La France va récupérer 2,4 milliards d’euros l’année prochaine grâce au rapatriement de comptes cachés à l’étranger et 85% viendront de la Suisse. Les vrais riches ne savent plus où cacher leur argent... mais quelle misère !

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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Ces très riches, repentis de la fraude fiscale, vont permettre à Bercy de boucler le Budget 2016. La chasse aux très riches qui ont dissimulé une partie de leurs avoirs à l’étranger fait les bons comptes de Bercy. Depuis 2014, 44.000 contribuables qui avaient de l’argent non déclaré sur un compte à l’étranger se sont manifestés et ont rapatrié leur fortune moyennent le paiement d’un forfait qui les met à l’abri de toute poursuite. Cet argent avait été placé par les contribuables ou leurs ascendants. C’était de l’argent qui n’avait pas payé l’impôt et qui était coincé dans un coffre en Suisse parfois depuis des dizaines d’années.

L’avoir moyen qui a été rapatrié est de 735.000 euros.  Pour l’année prochaine, Michel Sapin le dira mercredi en présentant la loi de Finances, attend 2,4 milliards de rentrée fiscale en provenance de ces avoirs qui seront rapatriés. Cela devrait lui permettre de financer les baisses d’impôts promises. Les impôts des riches vont payer ce que les plus pauvres ne paieront plus. La morale est sauvée et chacun croit ce qu’il veut.

Toujours est-il que le rapatriement des fonds illégaux est un tel succès selon Bercy que l’administration a multiplié les bureaux pour accueillir les repentis. A Marseille, à Paris, à Vanves, à St-Germain-en-Laye, à Strasbourg, Bordeaux et Lyon. Des implantations qui ne sont pas étonnantes. L’administration des impôts a toujours su où était l’argent.

Ce dont le gouvernement français ne se vante pas, c’est que ce mouvement de régularisation a été initié et rendue possible grâce aux Américains. Quand en 2010, Barack Obama fait voter une loi qui oblige les banques à dévoiler l’identité de leurs clients américains, leurs retraits et leurs versements d’argent, tous les détenteurs de comptes ont été automatiquement soupçonnés de fraude fiscale.

Du coup, impossible d’échapper à l’examen des comptes sous peine d’une amende de 30% calculée sur l’ensemble des activités sur le territoire américain. Toutes les banques américaines et étrangères se sont empressées d’ouvrir leurs comptes de peur de se faire retirer leur licence.

Le secret bancaire était donc levé dans les banques travaillant avec les Etats-Unis, c’est-à-dire avec toutes les banques du monde. La Suisse n'a d'ailleurs pas tardé à se mettre en ligne et à enterrer le sacrosaint secret bancaire le mois dernier.

La Suisse, qui renseignait déjà le fisc américain depuis 2010, va donc commencer à renseigner le fisc français à partir de 2018. Les détenteurs de comptes illégaux ont donc deux ans pour régulariser leurs affaires et blanchir leur argent. Bercy leur fait des tarifs spéciaux de blanchisserie pendant cette période après, il sera plus compliqué et plus dangereux. Après deux ans, le risque de passer par la case prison existe.

Les très riches qui ont mis leur argent à l’étranger sans le déclarer ont donc encore deux ans pour régulariser leur situation. Ce qui veut dire qu’ils peuvent rentrer en France ou rester à l’étranger. Mais c’est là où la condition d’hyper-riche devient compliquée.

Ces privilégies ont deux solutions. Ou bien ils régularisent leur situation vis-à-vis du fisc français, et ils perdent une partie de ce qu’ils avaient. Ou bien il trouvent un autre havre de paix pour cacher l’argent impur.

Pour des Français qui disposeraient d’un magot mal acquis, il reste assez peu d’endroits dans le monde pour le mettre à l’abri. La Suisse, le Luxembourg, Singapour, Monaco… Toutes ces places paradisiaques sont équipées d'une vidéosurveillance directement branchée sur l’administration  américaine. Autant dire qu’elles sont hors-jeu.

Restent pour l’instant, cinq places dans le monde où l'on peut encore compter ses sous, à l’abri des regards. Mais ces cinq endroits ne sont pas tous paradisiaques. Vous avez tout d'abord le Bahreïn, c'est assez bien desservi, quelques beaux hôtels mais il y fait très chaud. Pour la chaleur, comptez aussi sur les iles Cook, dans l’océan pacifique. Le Vanuatu et le Nauru sont également en Océanie mais ne sont pas d’un romantisme torride. Enfin, le Panama là où le secret est garanti par les Américains. Ceci étant cela ne durera sans doute que le temps des travaux d’élargissement du canal.

Pour ceux qui aiment le froid, la vodka et Saint-Pétersbourg, la Russie de Vladimir Poutine autorise les comptes à numéro dans les banques de Moscou. Mais à part Gérard Depardieu, assez peu d’occidentaux placent leur argent sous la protection de Vladimir Poutine. Il y a beaucoup plus d’apparatchiks russes qui viennent se réfugier à Chypres, à Londres ou à Paris. C’est quand même curieux.

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