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Rapport Gallois : le gouvernement peut mieux faire
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Compétitivi.. quoi ?

Rapport Gallois : le gouvernement peut mieux faire

Jean-Marc Ayrault a confirmé mardi 6 novembre la mise en place du crédit d'impôt et la hausse de la TVA, pour améliorer la compétitivité. Pour l'économiste Nicolas Bouzou, ces mesures vont dans le bon sens, mais sont incomplètes et partielles.

Nicolas Bouzou

Nicolas Bouzou

Nicolas Bouzou est économiste et essayiste, fondateur du cabinet de conseil Asterès. Il a publié en septembre 2015 Le Grand Refoulement : stop à la démission démocratique, chez Plon. Il enseigne à l'Université de Paris II Assas et est le fondateur du Cercle de Bélem qui regroupe des intellectuels progressistes et libéraux européens

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Atlantico : Qu'aurait-il fallu garder du rapport de Gallois ?

Nicolas Bouzou : Il aurait fallu garder toute la partie qui porte sur le coût du travail. C'est quand même une grande problématique en France, bien qu'elle ne soit pas la seule. L'unique façon de freiner l'augmentation du chômage à court terme, c'est quand même de faire un effort sur ce point-là. C'est un sujet qui reste sur la table.

L'autre volet du rapport qui me paraît très intéressant, c'est celui sur le coût de l'énergie, la façon dont on peut considérer l'affaire des gaz de schiste. Il faut au moins ouvrir la porte aux innovations, notamment en matière de la technique de fragmentation, nécessaire pour extraire les gaz. On a besoin d'une baisse du coût de production des entreprises : dans ces coûts, on retrouve la masse salariale et la question de l'énergie, qui regroupe elle-même les renouvelables, et la question des énergies fossiles, comme le gaz de schiste. C'est pour cela qu'il est intéressant de se pencher sur le sujet.  Néanmoins, dans ce qui a été annoncé ce matin, il y a des tas de choses qui sont importantes.

Le gouvernent a annoncé mardi 6 novembre des crédits d'impôt pour les entreprises prévus à hauteur de 20 milliards d'euros, s'étalant sur trois ans. A travers ces mesures, ne favorise-t-on pas les grandes entreprises au détriment des petites ?

Il va falloir qu'on ait les détails dont on ne dispose pas encore sur cette question, et qu'on comprenne bien à quels critères sont soumis les allègements d'impôts  sur les bénéfices des entreprises. Cependant, cela ne favorise pas les grandes entreprises. L'idée est plutôt de faire en sorte que les mesures bénéficient à la fois aux petites et moyennes entreprises, mais aussi aux emplois qui sont les moins bien rémunérés. Néanmoins, deux bémols peuvent être soulignés : il aurait sans doute fallu être plus offensif sur la question du coût du travail. Deuxièmement, à propos du maintien des réductions des dépenses publiques, on est sur des choses très minimalistes. Tout cela mis à part, l'état d'esprit est bon.

Le gouvernement a-t-il privilégié des solutions d'urgence au détriment de réformes structurelles pour le long terme ?

Au contraire, le problème de ces mesures, c'est qu'elles s'étalent sur trois ans. Ce sont des mesures de moyen et long terme. Il est évident qu'on a laissé tomber l'idée de choc au profit du pacte. Pourquoi pas? Mais il ne faut pas oublier qu'on a besoin de croissance économique assez rapidement. Dans le domaine de l'emploi, le chômage est un problème qui se pose aujourd'hui, et pas dans trois ans. Les mesures présentées aujourd'hui sont des solutions incomplètes, partielles, et qui ne vont pas assez loin. Mais elles ont quand même le mérite de faire prendre conscience que le problème numéro un en France n'est pas un problème de consommation, mais de compétitivité. C'est extrêmement sain de se placer dans cette logique.

Propos recueillis par Ann-Laure Bourgeois

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