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Une bonne partie de la presse de gauche a dénoncé le manque de "déontologie" d’Atlantico.
Une bonne partie de la presse de gauche a dénoncé le manque de "déontologie" d’Atlantico.
©Flickr/Su morais

Justice-fiction

Que ce serait-il passé si le "mur des cons" avait été l’œuvre de magistrats de droite ?

Voilà une belle histoire propre à faire rêver dans les chaumières (de gauche). Mais faut-il en rire ou en pleurer ?

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Un jour sous le règne honni de Nicolas Sarkozy, un site plutôt connoté à gauche publia une image qui déclencha l’une de ces tempêtes politiques que la France affectionne. Il s’agissait d’une photo où l’on voyait un « mur des cons » affiché dans les bureaux d’un syndicat de magistrats connu pour être fortement engagé à droite. On y voyait, épinglées, les photos de François Hollande, de Martine Aubry, de Jean-Marc Ayrault. Avec des appréciations très peu flatteuses. Leur tenaient compagnie des journalistes comme Nicolas Demorand de Libération, Laurent Joffrin du Nouvel Obsevateur et des intellectuels comme Alain Badiou. Pour faire bonne mesure voisinaient avec eux des parents de victimes dont un général dont la fille avait été sauvagement agressée par une bande de fdesouche.

Le scandale fut grand. La gauche hurla saisie par une sainte colère. Les heures les plus sombres de notre histoire étaient revenues ! Ces magistrats-là, ces Torquemada, étaient les dignes héritiers des juges de Vichy ! Et leur syndicat fascisant devait être dissout sur le champ ! Car quelle foi pouvait-on encore accorder à l’impartialité de ces juges ? C’est peu dire que la droite fut embarrassée par cette affaire.

La garde des Sceaux, Rachida Dati, qui comptait nombre d’adhérents de ce syndicat dans son entourage tenta de minimiser le scandale en suggérant aux personnes affichées sur le « mur  des cons » de porter plainte. La présidente du syndicat ainsi voué aux gémonies tenta un timide : «  c’est juste une blague de potache ». Rien n’y fit car l’indignation était à son comble. La pauvre Dati fut obligée de convenir que c’était « inacceptable ». Et même, François Fillon, le Premier ministre, du mouiller sa chemise en déclarant que ce mur était « inacceptable ».

Le scandale aurait pu en rester là. Avec des dégâts moraux et politiques dévastateurs pour la droite. Mais c’était sans compter avec le Figaro dont la servilité à l’égard du pouvoir en place était notoire. Le journal mit ses meilleurs enquêteurs sur l’affaire. Et, aidé par les magistrats humiliés et offensés, il sorti un scoop, un scoop de derrière les fagots. C’était un journaliste (très certainement de gauche) travaillant pour une chaîne de télévision qui s’était procuré l’image du « mur des cons », violant ainsi et grossièrement l’intimité des « potaches » du syndicat. Oui, il y avait complot ! Oui, là était le vrai scandale !

La chaîne ouvrit une enquête sur cet abominable manquement à l’impartialité requise, comme chacun sait, de chaque titulaire de la carte de presse. Les syndicats de journalistes, tous très à droite, fustigèrent leur confrère qui s’était acoquiné avec la gauche la plus dure. Depuis on est sans nouvelle du journaliste à jamais marqué du sceau de l’infamie. Il se murmure que sa photo aurait peut être rejoint le « mur des cons »…

Est-il utile de préciser que dans cette histoire toute ressemblance avec des faits qui se sont réellement produits ces derniers jours ne serait ni fortuite ni accidentelle ?

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