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Quand la hausse des taux d’intérêt risque de gonfler la dette de la France
©Reuters

Edito

Quand la hausse des taux d’intérêt risque de gonfler la dette de la France

Au moment où les sondages font apparaître une baisse de la popularité du chef de l’Etat, une nouvelle difficulté est en train de voir le jour qui pourrait à terme avoir une influence négative sur la croissance : le relèvement des taux d’intérêt partout dans le monde.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Il s’agit sans doute du début d’une nouvelle époque. Après la crise de 2008, une longue période de réduction du loyer de l’argent avait été inaugurée par les banques centrales qui ont inondé le monde de liquidités, ce qui avait conduit même à des conséquences aberrantes et dommageables à long terme : l’apparition de taux négatifs, qui poussait tout le monde à s’endetter au maximum. Au départ, la mesure pouvait se justifier dans la mesure où une récession mondiale a été évitée, tandis que les Etats pouvaient retrouver progressivement le chemin de la croissance. Aujourd’hui celle-ci est bien installée, au point que les craintes de déflation sont désormais écartées ; la hausse des prix revient à l’ordre du jour en particulier pour les matières premières et le pétrole et va commencer à se diffuser au niveau des étiquettes de la vie courante.

Le quinquennat de François Hollande a largement profité de la période d’argent facile entre 2011 et 2016, la charge des intérêts de la dette n’a cessé de se réduire, alors que parallèlement, l’endettement de la France était en hausse régulière. Grâce à une gestion habile, le Trésor a pu devancer parfois des échéances en profitant de la diminution régulière des taux provoquée par la générosité des banques centrales. A l’automne 2016, le loyer de l’argent était tombé à zéro. Un an plus tard, il était seulement de 0,5%. Cette fois, il atteint le chiffre symbolique d’un pour cent. Celui-ci peut paraitre modeste. Mais il est seulement un point de départ à une nouvelle évolution qui sera plus lourde pour les finances publiques. Car la période bénie que le pouvoir aurait pu utiliser pour amorcer la grande réforme, comme l’y invitait régulièrement la Cour des Comptes, est désormais terminée. Et le pays risque d’être confronté dès maintenant à des échéances douloureuses. Car, les Etats-Unis, qui sont à l’origine du changement, ont déjà redressé la barre et s’apprêtent cette année à relever au moins à quatre reprises le montant de leurs taux, entraînant le monde entier dans leur sillage. Parallèlement, les banques centrales freinent leurs engagements, réduisent le robinet du crédit en resserrant leur politique monétaire.

Pour la France, cela n’augure pas d’un avenir radieux. Elle devra emprunter 180 milliards sur les marchés cette année pour faire face à ses engagements. Une hausse d’un point du loyer de l’argent se traduit par plusieurs milliards supplémentaires : sur trois ans, cela alourdit de près de sept milliards l’endettement et notre pays apparait comme l’un des plus gros emprunteurs du monde.

Les Français n’ont pourtant pas conscience du péril qui les menace. Drogués à la dette depuis des générations, alors que le dernier budget en équilibre remonte à 1974, ils continuent de réclamer toujours plus de dépenses et ne comprennent guère les efforts déployés par Emmanuel Macron pour tenter de réorganiser le pays. Pourtant, la loi des marchés est inexorable. Elle va créer de nouvelles tensions au sein de l’Europe, entre une Allemagne excédentaire et des pays comme la France ou l’Italie déficitaires, avec un danger d’entraîner un frein sur l’expansion économique qui pourrait se trouver étouffée à terme par la guerre des taux d’intérêt, en compliquant un peu plus la tâche de la banque centrale européenne.

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