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PSG / Naples en Ligue des Champions : ces erreurs dont le club parisien n’apprend jamais

Une très belle affiche qui s'est soldée par un match nul entre le Paris Saint-Germain et l'équipe napolitaine.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis... et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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C'était là une belle affiche ! Rare et sulfureuse, la dernière rencontre opposant les deux équipes datant de 1992, avec une victoire du PSG emmené par Paul Le Guen... Côté championnat national, les Parisiens accumulent les buts et les victoires, sans même devoir forcer leurs talents. Côté coupe d'Europe, c'est autre chose. Les défaites douloureuses des campagnes précédentes sont comparables à de vieilles blessures. Du genre de celles qui ne veulent pas cicatriser. Cette affiche, digne des meilleurs western spaghettis, était donc un test majeur, contre un adversaire sérieux... vainqueur, lui, de Liverpool. Un match oui, mais plus que cela. C'était aussi une histoire de familles avec des unions et des divorces. Côté Napolitain, le coach. Pas n'importe lequel puisque son nom n'est pas personne. Et pas n'importe qui puisque ce serait même plutôt quelqu'un: Carlo Ancellotti, alias le "Mister". Bardé de diplômes, de titres, de coupes et de distinctions comme joueur puis comme entraîneur. Un Shérif qui a quitté le PSG fâché avec sa hiérarchie et qui revient avec une certaine envie de revanche. Côté Parisien, Edinson Cavani. Pistolero prolifique pour le club Napolitain avec 104 buts en 138 matchs. Pour quelques dollars de plus, il s'était envolé pour Paris sous les cris de haine et les accusations de trahison. Un duel au sommet donc, pour prendre la première place du groupe.

 Tuchel, l'entraîneur Parisien, débute la rencontre en s'appuyant sur sa marque de fabrique du moment: un double pivot Verratti/Rabiot au milieu de terrain (dont le rôle principal est d'harceler le porteur, dès la perte du ballon) et Neymar en numéro dix. Seulement, si le premier quart d'heure est viril et enlevé, les Napolitains  prennent rapidement le contrôle de l'entrejeu et des opérations. Plus agressifs, mieux impliqués collectivement sur les tâches défensives, ils envoient un avertissement sans frais avec un tir de Mertens sur la barre à la 23ème... avant d'ouvrir logiquement le score par l'autre lutin de l'équipe, Insigne. Son lob fait mouche à la 29ème. Coup de froid sur le Parc. Le PSG réagira ensuite par spasmes, et regagnera les vestiaires en étant battu dans l'organisation, l'occupation du terrain et l'état d'esprit. Ca fait beaucoup. Des Parisiens statiques donc, manquant de solidarité, trop de joueurs n'étant pas suffisamment concernés par leur rôle théorique à la perte du ballon. Du déjà vu. Une rengaine dès lors que Paris ne maîtrise pas son sujet. 

Il faut alors souligner le coaching de Tuchel. Il décide de changer de système, remplace Bernat par Kehrer et le jeu reprend. Les intentions et les attitudes sont meilleures et le Parc se réveille. Il reprend vie à la 60ème lorsqu'un centre du très remuant Meunier est dévié dans son propre but par Rui. Naples est poussé à la faute, le PSG respire à nouveau. Mais pour bien peu de temps... Paris retombe trop vite dans ses travers et Mertens se charge de la punition en battant Areola de près à la 77ème. La suite sera pénible et il faudra un exploit de Di Maria (transparent jusque-là) dans les arrêts de jeu, pour éviter la catastrophe.

 En resserrant la focale, on ne peut être totalement surpris de cette contre-performance. Car l'actualité doit toujours être examinée à la lueur d'une certaine profondeur historique. Les matchs des années précédentes, comme ceux joués contre Liverpool et Lyon avaient mis les fêlures des Parisiens en évidence: manque de caractère, de force collective, d'intensité, d'incarnation. Sur ce dernier point, on ne peut ignorer l'importance de l'absence de Tiago Silva (impérial depuis le début de l'année) comme on ne peut que continuer à déplorer certaines attitudes désinvoltes. Chasser le naturel... Un PSG à réaction donc mais qui a sauvé l'essentiel puisqu'il est toujours en course dans la qualification. Seulement, passer l'hiver sera bien difficile si l'état d'esprit ne progresse pas. Ce club semble retomber perpétuellement dans les mêmes travers, sans jamais apprendre de ses erreurs. Et les questions se multiplient, à propos du terrain comme de l'organigramme. Neymar doit-il rester meneur de jeu ? Mbappe est-il un électron libre ? Tuchel est-il meilleur communiquant qu'entraîneur ? L'effectif semble déséquilibré (de nombreux titulaires étaient simplement remplaçants l'an passé), la direction technique échoue côté recrutement et la complémentarité entre les attaquants pose question. Parlons-en des attaquants. Ils font certes équipe commune mais semblent faire rêves à part. Cavani, en cruel manque de confiance, paraît de plus en plus esseulé sur le terrain et en dehors. Nouveauté: il est toujours le premier à sortir, ce qui est plus que signifiant. Bref, ce club ne sait plus trop où donner de la peine. Troisième de sa poule ce soir, tout reste cependant possible. Dans ce groupe particulièrement dense, rien n'est fait.  Mais ce ne sont que des finales que Paris s'apprête à disputer désormais. Et contre des cadors. Il faudra aller à naples et recevoir Liverpool... La fin de semaine ne risquant pas d'être de tout repos puisque Marseille sera le prochain adversaire... Paris est ébranlé ce soir et les remous seront visibles dans les jours qui viennent. Il faut cependant rester prudent avec ce club. Capable du meilleur comme du pire, avec lui, les conclusions ne sont jamais définitives.

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