Amanda Knox : obscur objet de désir médiatique | Atlantico.fr
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Après avoir écopé de 26 ans de prison pour meurtre, Amanda Knox a été acquittée.
Après avoir écopé de 26 ans de prison pour meurtre, Amanda Knox a été acquittée.
©Reuters

Suspense

Amanda Knox : obscur objet de désir médiatique

Après avoir écopé de 26 ans de prison pour le meurtre de sa colocataire, l'étudiante américaine a été acquittée sous les yeux de la presse internationale fascinée.

Une étudiante britannique assassinée dans un appartement italien en 2007. Sa colocataire, une jeune américaine, âgée de 20 ans, et son petit ami italien accusés de l'avoir tuée parce que la victime aurait refusé de participer à un jeu sexuel.

Les médias de trois pays qui s'affrontent sur fond de nationalisme après une première condamnation à 26 ans de prison, en 2009, suivie d'un spectaculaire acquittement lors du procès en appel qui s'est terminé lundi 3 octobre 2011. Tous les ingrédients d'un grand show médiatique sont réunis.

La victime britannique, c'est Meredith Kercher, une étudiante âgée de 21 ans, retrouvée dénudée, lardée de 43 coups de couteau, le 2 novembre 2007 dans un appartement de la ville de Pérouse. Le 4 décembre 2009, la justice avait jugé coupable l'Américaine Amanda Knox, et son petit ami italien, Raffaele Sollecito. Ils avaient écopé de 26 et 25 ans de prison.

Et pour compliquer encore plus le tableau, il y avait un complice, Rudy Guédé, un ivoirien qui aurait maintenu la victime au cours d'une soirée sur fond d'alcool et de drogue. Guédé a été condamné à 16 ans de prison, au cours d'un procès où il était le seul accusé. Une chronologie détaillée de l'agence AP permet de retrouver les dates clés de cette sombre histoire.

La première condamnation de Knox a, bien sûr, déjà fait l'objet d'un livre, sorti aux USA en août dernier sous le titre The Fatal Gift of Beauty: The Trials of Amanda Knox.

Dans un point de vue sur le site du New York Times, Timothy Egan "remercie le système judiciaire italien qui donne à chaque condamné une deuxième chance, en clair un appel devant des yeux nouveaux". Pour lui l'accusation contre Amanda était totalement erronée, elle s'appuyait sur des preuves scientifiques ridicules aux yeux des normes internationales. Il ajoute que si Knox avait été jugée aux USA, elle pourrait bien être en attente d'une exécution après avoir été condamnée à la peine capitale.

Sur le site Daily Beast, on trouve les réactions, présentées comme exclusives, de la mère de la victime britannique qui regarde les unes de la presse italienne, et souligne que tout le monde parle de l'accusée désormais libre de rentrer aux USA, à Seattle sur la côte Ouest, mais personne ne parle de la victime, sa fille Meredith.

Dans un autre article écrit par deux journalistes depuis Rome, et Pérouse, le New York Times explique que, si aux USA les commentaires sont favorables aux accusés enfin libres, en Italie pour certains l'acquittement est une humiliation, vécue sous la pression d'un crique médiatique américain qui a décrit l'Italie comme une république bananière, avec des policiers amateurs qui ont pollué les traces d'ADN, et des magistrats incompétents. L'article cite la radio italienne d'Il Sole 24 qui demandait comment les Américains pouvaient juger le système italien, alors que les États-Unis appliquent encore la peine de mort.

Il est clair en tout cas, que l'image de l'Italie a été mise à mal pendant toute la durée du procès d'appel, et que la décision d'acquittement n'est vue que comme la correction d'une injuste et lamentable erreur. Tandis que la presse italienne reprend la thèse des parents de la défunte en disant qu'on a oublié la victime.

Le Guardian britannique souligne que le procureur italien fait appel de la décision d'acquittement, que le Premier ministre David Cameron a exprimé son soutien à la famille de la victime, mais Amanda Knox est libre et vient de s'envoler vers son pays. Elle est restée 1 400 jours en prison, mais la vraie victime est bien Meredith Kerner.

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