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Primaire de la droite et du centre : 87% des sympathisants de droite considèrent que le vainqueur verra maximisées ses chances d’être présent au second tour en 2017
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Primaire de la droite et du centre : 87% des sympathisants de droite considèrent que le vainqueur verra maximisées ses chances d’être présent au second tour en 2017

Dans un sondage exclusif Harris Interactive pour Atlantico, une très grande majorité de Français (79%) et de sympathisants de droite (87%) se déclarent favorables à la primaire de la droite et du centre, estimant que cela donnera une grande légitimité au vainqueur. Un plébiscite qui fait écho à celui de la primaire à gauche en 2011, mais gare au résultat final et à la participation, qui pourrait bien tout chambouler.

Jean-Daniel Lévy

Jean-Daniel Lévy

Jean-Daniel Lévy est directeur du département politique & opinion d'Harris Interactive.

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Invité de France Info le vendredi 15 janvier 2016, Thierry Solère, responsable de l’organisation de la primaire de la droite et du centre en vue de l’élection présidentielle de 2017, a confirmé les dates de ce scrutin à deux tours : les 20 et 27 novembre 2016. Alors que des interrogations subsistaient jusqu’alors sur ce calendrier, tout comme sur le degré d’ouverture de ce scrutin (aux proches de la formation "Les Républicains" ? Au centre ?), le député des Hauts-de-Seine a confirmé la tenue d’un dispositif ouvert à toutes les personnes "qui partagent les valeurs de la Droite et du Centre". Dans ce contexte de mise en place d’un processus de primaire ouverte, nouveau pour la droite et le centre, quelle appétence les Français affichent-ils pour cette démarche ? Qui souhaiteraient-ils voir sortir vainqueur ? Quelles conséquences éventuelles perçoivent-ils pour la campagne de l’élection présidentielle ?

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Les principaux enseignements de cette enquête

Les Français, et tout particulièrement les sympathisants de droite et du centre se montrent largement favorables (79% et 87%) à l’organisation d’une primaire à droite et au centre pour déterminer leur candidat à l’élection présidentielle de 2017. Cette attitude favorable à la primaire, également valable à l’organisation d’un tel scrutin à gauche, est sans doute en partie due à l’efficacité perçue de ce dispositif pour créer une dynamique de campagne et pour maximiser les chances d’atteindre le 2nd tour de la présidentielle. A l’heure de choisir la personnalité politique qu’ils souhaiteraient le plus voir représenter la droite et le centre à l’élection majeure, les sympathisants partageant ces convictions politiques donnent leurs faveurs à Alain Juppé (45%), avant Nicolas Sarkozy (21%), Bruno Le Maire (12%) et François Fillon (6%). Notons qu’auprès des seuls sympathisants "Les Républicains", Alain Juppé apparaît également comme la personnalité préférée, ici encore devant Nicolas Sarkozy (40% contre 35%).

Dans le détail

- Alors que les modalités d’organisation de la primaire ouverte aux sympathisants de droite et du centre étaient en cours de précision, plus des trois quarts des Français se sont déclarés favorables à ce processus (79%), 40% y étant même "tout à fait favorables", contre 16% opposés (8% "tout à fait opposés"). Cette tendance, observée auprès de l’ensemble des Français, s’avère encore plus nette parmi les sympathisants de droite et du centre, dont 87% expriment une position favorable à une primaire avant l’élection présidentielle de 2017, et même plus de la moitié "tout à fait favorable" (54%). Les sympathisants "Les Républicains", quant à eux, sont même 89% à se prononcer favorablement vis-à-vis de ce dispositif nouveau. Notons que ces chiffres sont proches de ceux observés chez les sympathisants de gauche : dans une étude Harris Interactive pour Marianne, 85% d’entre eux se sont affichés favorables à une primaire à gauche. Cette opinion positive s’explique à la fois par le contexte politique de ces deux "camps", mais probablement également par une attitude générale favorable à l’organisation de ce type de dispositif : 73% des Français perçoivent favorablement les deux primaires.

- L’attitude des Français en faveur de l’organisation de primaires est, au moins en partie, expliquée par l’efficacité qui leur est attribuée par les Français. Cette primaire de la droite et du centre, qui fait suite au scrutin inédit organisé par le Parti socialiste et le PRG en octobre 2011 et ayant vu le candidat alors victorieux gravir le perron de l’Elysée sept mois plus tard, est perçue par plus de 2 Français sur 3 comme pouvant créer une dynamique pour le candidat de droite (69%) et maximiser ses chances d’être présent au second tour de la présidentielle de 2017 (68%). Cette perception, importante parmi l’ensemble des Français, se renforce encore davantage lorsque l’on considère uniquement les réponses des sympathisants de droite et du centre (respectivement 88% et 87%), et plus encore lorsque l’on ne retient que les seuls proches du parti "Les Républicains" (93% et 90%). Cette quasi-unanimité des sympathisants du parti dirigé par Nicolas Sarkozy doit être mis en parallèle avec l’opinion des sympathisants du Parti socialiste, eux-aussi très positifs quant à l’effet dynamique (82%) et favorisant l’accès au second tour (81%) d’une éventuelle primaire à gauche. Ces dernières perceptions apparaissent néanmoins un peu moins unanimes qu’à droite et au centre, une différence non sans lien avec l’affaiblissement du président de la République qui pourrait en découler, une conséquence anticipée par près d’un sympathisant socialiste sur deux (47%).   

- Lorsque les sympathisants de droite et du centre se voient proposer huit noms de responsables politiques qui pourraient être désignés pour représenter leur camp après la primaire, 45% donnent leur préférence à Alain Juppé, soit un score plus de deux fois plus important que celui de Nicolas Sarkozy (21%), lui-même bénéficiant d’une confortable avance sur son principal challenger lors du scrutin interne visant à désigner le président de l’UMP, Bruno Le Maire (12%). L’ancien Premier ministre, François Fillon, ne recueille, quant à lui, que 6% des préférences, score lui permettant néanmoins de se démarquer des quatre autres personnalités testées dont le score ne dépasse pas 3% : Nathalie Kosciusko-Morizet (3%), Hervé Mariton (1%), Nadine Morano (1%) et Jean-François Poisson (qui n’atteindrait pas la barre des 1%). Enfin, 10% des sympathisants de droite et du centre n’expriment une préférence pour aucune de ces personnalités (et 1% ne se prononcent pas sur la question).

Atlantico : Les sympathisants de droite plébiscitent cette primaire, notamment au nom de la légitimité que cela donnerait au vainqueur pour 2017. Mais le laps de temps très long entre novembre 2016 et avril 2017 ne risque-t-il pas de faire retomber le soufflé ?

Jean-Daniel Levy : Tout dépend des conditions dans lesquelles le vainqueur l'emportera. Si le vainqueur obtient une victoire claire et nette, cela créera forcément une dynamique positive. Si l'on se retrouve avec un résultat serré, ce sera plus difficile pour le candidat désigné d'avoir une légitimité suffisante. Le deuxième point, c'est de savoir quelle sera la participation réelle. Premièrement en termes de volumes. Est-ce qu'on aura une participation à trois ou quatre millions d'électeurs, ou est-ce qu'on sera sur un niveau inférieur ? Forcément, une comparaison sera effectuée par rapport à la primaire citoyenne de 2011. Deuxièmement, il faudra voir la "qualité" des personnes qui votent. Il y a aujourd'hui une intention non masquée de la part des sympathisants de gauche de se dire que la primaire de la droite et du centre est également une façon de pouvoir désigner le prochain président de la République s'ils doutent de la capacité de François Hollande d'être réélu. Si la participation des électeurs de gauche est importante, cela peut entraver en partie la légitimité du candidat qui sortira vainqueur de cette primaire.

La légitimité ne se fera que s'il y a union derrière le candidat désigné. Or, on peut s'attendre dans les mois qui suivent à des attaques personnelles entre candidats, qui sont par ailleurs assez proches idéologiquement. Est-ce que la droite n'est pas face à un gros problème en vue, si elle offre pendant un an un spectacle peu réjouissant aux Français en l'absence d'un leader incontesté ?

Aucune situation n'est totalement transposable, mais quand on regarde ce qu'il s'est passé à gauche, où l'on avait dit que ce serait une charpie, que le candidat désigné ne serait pas entièrement légitime... Il n'y a pas eu ce procès en illégitimité contre François Hollande, cela n'a pas entravé la dynamique issue de la primaire. On sait qu'à droite, les batailles sont féroces. Est-ce qu'elles le seront beaucoup plus qu'à gauche ? Je n'en suis pas persuadé.

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