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Hillary Clinton est candidate à la primaire démocrate en vue de l'élection présidentielle américaine de 2016.
Hillary Clinton est candidate à la primaire démocrate en vue de l'élection présidentielle américaine de 2016.
©Flickr / marcn

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Présidentielle américaine : Joe Biden jette l’éponge… quels risques pour Hillary Clinton de faire la course en tête ?

Cela faisait plusieurs semaines que le doute planait. Mercredi 21 octobre et suite au décès de son fils au mois de mai dernier, Joe Biden a déclaré renoncer pour raisons "personnelles" à la course à l'investiture démocrate.. Lundi, c'était Jim Webb, un des 5 candidats démocrates, qui revenait aussi sur ses ambitions. Une aubaine pour Hillary Clinton.

François Clemenceau

François Clemenceau

François Clemenceau est rédacteur en chef International au Journal du Dimanche. Il était précédemment rédacteur en chef de la matinale d’Europe 1 après avoir été correspondant de la radio à Washington pendant sept ans. Son blog USA 2008 sur la campagne présidentielle américaine a reçu la Coupe de l’Info 2009 du meilleur blog politique et économique.Son quatrième livre sur la politique américaine, Hillary Clinton de A à Z vient d'être republié dans une édition augmentée (éditions Du Rocher). 

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Atlantico : Hillary Clinton est-elle renforcée par ces deux défections ?

François Clemenceau : Hillary Clinton sort indiscutablement renforcée de ces deux évènements bien qu’ils ne soient pas comparables. La défection de l’ancien sénateur de Virginie Jim Webb était attendue car il disposait de peu de soutiens et de donateurs et sa performance lors du premier débat télévisé des candidats démocrates n’avait pas été bonne. De plus, cet ancien secrétaire à la marine de Ronald Reagan occupait le même créneau qu’Hillary Clinton sur le plan de la sécurité nationale si bien qu’il avait du mal à la concurrencer. La non-candidature de Joe Biden est d’une toute autre importance. Le vice-président des Etats-Unis représentait pour les démocrates la chance de voir le bilan de Barack Obama totalement assumé et relancé lors de cette campagne présidentielle, un peu à la manière d’Al Gore après le double mandat de Bill Clinton. Joe Biden, bien que n’étant pas déclaré, était distancé dans les sondages d’intention de vote par Hillary Clinton et Bernie Sanders mais pouvait nuire à l’ancienne secrétaire d’Etat en attirant toute une frange de l’électorat démocrate de la classe moyenne, un socle sur lequel elle éprouve encore des difficultés à convaincre.

Pour autant, cette diminution du nombre de candidats démocrates pourrait-elle avoir pour effet de concentrer le feu de ses adversaires sur elle ? Côté démocrate et évidemment chez les Républicains ?

Hillary Clinton s’est lancée dans la campagne présidentielle en faisant en sorte d’avoir le moins d’adversaires possible afin d’incarner à elle seule la ligne et l’héritage du parti démocrate. La difficulté de cette stratégie est qu’effectivement elle se retrouve avec peu d’opposants mais chacun d’entre eux étant désormais tenté d’être le plus offensif contre elle. Le risque étant même qu’elle finisse par ne plus avoir de rival. Pour l’instant, cette hypothèse n’est pas d’actualité car l’ex-gouverneur du Maryland, Martin O’Malley et l’ancien gouverneur du Rhode Island, Lincoln Chaffee, sont toujours en piste même s’il est douteux qu’ils puissent se maintenir longtemps. Ce n’est pas le cas de Bernie Sanders qui suscite suffisamment d’engouement au niveau national pour bénéficier de fonds de campagne conséquents. Chez les Républicains, en revanche, si nombreux qu’ils ne cessent de donner dans la surenchère pour davantage se diviser, la perspective de voir Joe Biden se présenter contre Hillary Clinton était une aubaine. Ils n’auraient plus été les seuls à afficher leur zizanie. Clairement, Joe Biden a dû entendre suffisamment de conseils, à la Maison Blanche comme dans les hautes sphères du Parti démocrate, pour le supplier de ne pas affaiblir son propre camp. Il faut donc s’attendre à ce que les Républicains n’aient désormais plus d’autre dénominateur commun que de désigner Hillary comme la cible à abattre. A ce jeu-là, les électeurs de droite finiront par devenir raisonnables et favoriser celui qui a le plus d’atouts pour battre Hillary Clinton, autrement dit celui qui peut rassembler non seulement son propre camp mais au-delà. Dans cette équation-là, Donald Trump est celui qui a le plus à perdre et Jeb Bush ou Jon Kasich le plus à gagner. 

Dans le camp démocrate, quelles sont les conséquences pour Bernie Sanders, le candidat "socialiste" de ces primaires ?

Depuis le début, Bernie Sanders n’est pas dans la meilleure position face à Hillary Clinton. Beaucoup plus à gauche qu’elle, il attire tout un public de jeunes et de "bobos" de la côte Est et de la côte Ouest mais cela le condamne à se marginaliser tant qu’il reste sur son programme "socialiste" à l’européenne. Si Biden avait été candidat, Sanders aurait pu se réjouir de voir Hillary affaiblie mais il n’aurait plus été son seul rival, son alternative. Il va donc lui falloir trouver une méthode pour se recentrer sans se déjuger. Ce qui est beaucoup plus difficile pour un homme comme lui qui a toujours été engagé "à gauche". Alors qu’Hillary, centriste par excellence, capable de prendre les meilleures idées à droite comme à gauche, selon les recettes de triangulation expérimentées par son mari à la Maison Blanche dans les années 90, est beaucoup plus experte dans ces tactiques de campagne.

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