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Christophe Praud, président du CJD.
Christophe Praud, président du CJD.
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L'interview Atlantico Business

Christophe Praud - CJD : "Avec les entreprises, l'administration publique est dans une posture de défiance et pas d'accompagnement"

Selon un sondage BVA publié cette semaine, 63 % des entreprises estiment que les services publics "ne sont pas à l’écoute" des entreprises. Un résultat qui n'étonne pas le président du Centre des Jeunes Dirigeants (CJD), Christophe Praud.

Atlantico Business : Les deux tiers des chefs d'entreprise estiment que les services publics "ne sont pas à l’écoute" à leur écoute. Que pensez-vous de ce résultat ?

Christophe Praud : Je ne suis pas étonné par ce résultat, c'est globalement ce que l'on entend de la part des chefs d'entreprise membres du CJD. Ceci étant, je pense que ça ne sert à rien de taper sur l'administration. Elle a toujours été construite pour se mettre dans une posture de défiance et de contrôle et non pas dans une posture de confiance et d'accompagnement. Donc chez eux, c'est culturel. On va vous contrôler sur quelque chose mais il n'y a pas de service qui vous aide à faire en sorte de ne plus avoir besoin d'être contrôlé. C'est donc un peu facile de dire que l'administration n'aide pas les entreprises, évidement car on ne lui a jamais demandé.

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Pour l'entreprise, où se situent les difficultés ?

Sur tout ce qui va être social et fiscal, toute les activités parapubliques. Il y a une opacité de l'information à ces niveaux-là. Si vous n'avez pas les moyens d'avoir un DRH pour optimiser tout cela, vous êtes seul. C'est un constat ressenti par nos entrepreneurs. Récemment, le gouvernement a lancé une sorte de laboratoire de réflexion sous une thématique "dites-le nous une fois". Ce programme voudrait que l'on ne donne qu'une seule fois à l'administration nos informations pour ne plus avoir à les redonner de toute l'année. Nous avons des entrepreneurs membres du CJD qui font partie de ces groupes de travail, mais là encore c'est lent à venir.

Le "choc de simplification" promis par François Hollande peut-il aller dans votre sens ?

Je crois que le choc de simplification c'est une attention louable, mais aujourd'hui les entrepreneurs sont globalement assez absents des instances qui permettent de dire concrètement ce qui nous complique la vie. Il ne faut pas se tromper de combat et commencer tout d'abord par s'occuper de simplifier toute les tâches récurrentes d'un chef d'entreprise. Par exemple, un groupe travaillait récemment sur les moyens de simplifier un permis de construire quand un entrepreneur bâtit de nouveaux locaux. C'est bien mais ce truc arrive une fois ou deux dans la vie d'un patron, ce sont des non-sujets. Je suggère que l'on commence plutôt par simplifier la fiche de paie par exemple. A l'heure actuelle aucun entrepreneur ne peut s'occuper de ça s'il n'a pas quelqu'un dans son équipe qui est spécialisé. Tous les mois ça change, les catégories, les barèmes... C'est ça le "vrai" choc de simplification.

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