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Pourquoi les quadras des Républicains pensent s'unir contre Nicolas Sarkozy au second tour de la primaire
©Reuters

Guerre de génération

Pourquoi les quadras des Républicains pensent s'unir contre Nicolas Sarkozy au second tour de la primaire

Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse préféreraient une candidature Juppé à la présidentielle afin que leur horizon soit dégagé en 2022.

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, François Bayrou ou encore Ségolène Royal.

Son dernier livre, Chronique d'une revanche annoncéeraconte de quelle manière Nicolas Sarkozy prépare son retour depuis 2012 (Editions Du Moment, 2014).

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Lorsqu'ils l'ont vu déposer ses valises, rue de Miromesnil, sur son grand canapé blanc d'ex Président-retiré-de-la politique, ils ont eu du mal à réfréner un soupir de soulagement. Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et François Baroin allaient enfin pouvoir vivre. Se lancer eux-mêmes dans la carrière sans avoir à tuer le père. La voix était libre ou presque. Bien sûr, l'ombre d'Alain Juppé planait sur leur route mais au moins, le sexagénaire ne ferait-il qu'un mandat. 2022 marquerait donc l'heure du passage de témoin.

Aussi lorsque l'ancien Président a commencé à tâter le terrain et à chercher des soutiens pour amorcer son retour, il n'a rencontré que des poignées des mains molles et des regards fuyants. Les quadras, ces quadras qu'il avait vu naitre, qu'il avait promu, prenaient leurs distances. Ces quadras qui lui devaient tout, lui tournaient le dos. Pire, ils tentaient, pour certains, d'entraver discrètement le retour du grand homme. Expliquant, que s'il voulait leur soutien, Nicolas Sarkozy devait s'engager, comme Alain Juppé, à ne faire qu'un mandat. Le maire de Bordeaux, lui, en a même fait un slogan: "Un seul mandat, un seul président". Mais rien de tel dans la bouche de Nicolas Sarkozy, bien au contraire. Voir tous ces jeunes aux dents longues, qu'il a formé, vouloir l'enterrer avant l'heure lui donnerait plutôt des envies de mordre la vie politique à pleines dents.

Il décide donc en 2013, de faire monter une nouvelle génération. Des trentenaires censés ringardiser leurs ainés : les leaders de la Droite Forte, Geoffroy Didier et Guillaume Peltier en sont les premiers exemples. D'autres les suivent comme Gérard Darmanin ou encore Virginie Duby Muller. Mais rien ne semble entraver la route des quadras. Bruno Le Maire fait un score étonnant lors de l'élection pour la présidence de l'UMP, dans son sillage, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand s'installent à la tête de deux grosses régions dont ils espèrent bien qu'elles leurs serviront de marchepied en 2020, quand à NKM, elle ne devrait pas tarder à annoncer sa candidature à la primaire. Seul Laurent Wauquiez semble encore rester sous la tutelle du président des LR, mais pour combien de temps ?

"Les quadras préfèrent tous que ce soit Juppé", affirme un cadre des LR qui ajoute: "de leur point de vue, 5 ans c'est mieux que 10. Ils voient aussi que Nicolas Sarkozy bloque tout, veut tout savoir, tout diriger. Et en plus il les malmène". Nicolas Sarkozy n'hésite pas, en effet, à faire sentir à ces bébés Sarkozy qu'il ne leur pardonne pas leur infidélité. Il dit souvent, "sans moi, ils ne seraient rien" et ne semble pas comprendre leur émancipation lui qui n'hésitait pas, en 1983, à doubler son ami Pasqua pour accéder à la mairie de Neuilly. "Ces quadras l'agacent aussi beaucoup car ils le revoient à son âge, lui qui a si peur de vieillir, d'être périmé,  a du mal à le supporter", explique un élu. Depuis des mois, l'ambiance s'est donc tendue, pour arriver à son apogée lors du limogeage de Nathalie Kosciusko-Morizet.

Ce qui fait dire à certains, rue de Vaugirard, que ces quadras pourraient tous s'émanciper et, au second tour de la primaire, former une coalition anti Sarkozy. Un nouveau TSS, comme en 2004, pour faire barrage à l'ancien président. Il faut dire que sa longue stagnation dans les sondages puis sa mise en examen a donné des ailes à ses opposants. Un lâchage qui semble aussi se transmettre aux plus jeunes. Un trentenaire, jusqu'ici très proche de l'ancien chef de l'Etat, expliquait, la semaine dernière, sous couvert d'anonymat: "il faut que nous inventions un néo sarkozysme, un sarkozysme sans Sarkozy". Des propos qui ressemblent fort à un enterrement de première classe. Et d'ajouter: "le plus populaire au gouvernement, c'est le plus jeune. Marion Maréchal Le Pen a ringardisé sa tante, Mattéo Renzi a, à peine, 40 ans. Il y a une soif de relève". La guerre des trentenaires a, elle aussi, commencé et les quadras pourraient bien découvrir qu'il y a toujours plus jeune que soi. Et plus ambitieux. 

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