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Pourquoi les Français continuent de préférer la pierre à la bourse
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Edito

Pourquoi les Français continuent de préférer la pierre à la bourse

L'année 2017 qui s'achève aura donné lieu dans le monde à un véritable feu d'artifice sur le plan financier.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Comme souvent dans le passé, les prévisions des spécialistes auront été démenties par les faits. La prudence avait été requise par les experts, au motif que les risques géopolitiques devenaient de plus en plus menaçants, avec la multiplication des conflits, l'extension du terrorisme et le développement des mouvements migratoires de plus en plus incontrôlables. Et pourtant, les performances réalisées sur les différentes places financières sont impressionnantes. Les Etats-Unis ont mené le bal avec une hausse ininterrompue depuis l'élection de Donald Trump. Certes, les marchés ont joué la réforme fiscale annoncée qui a fini par être menée à bien. A Wall Street, le Standard and Poor a bondi de vingt pour cent et le Nasdaq de trente. Mais les pays émergents ont enregistré eux aussi de envolées spectaculaires. Et le Japon est sorti de sa torpeur pour enregistrer une hausse de 19%. 

Ces performances ont été rendues possibles grâce à des taux d'intérêt restés excessivement bas et se sont accompagnées d'une volatilité des marchés très faible, comme si ceux-ci s'étaient habitués à surfer sur un volcan. Les dernières séquelles de la crise de 2008 paraissent bien oubliées, grâce il est vrai à la reprise généralisée de la croissance à un rythme confortable dans la plupart des pays. 
 
Dans ce contexte, l'Europe reste un peu en retrait, aussi bien sur le rythme de son expansion que de ses performances boursières. Il est vrai que la situation politique comporte certaines incertitudes, notamment en Allemagne, en Italie ou encore en Espagne. Le Dax a progressé de 14%, alors que la France, qui joue pourtant un rôle vedette dans un vieux continent affaibli , est restée un peu en dessous de dix pour cent pour son indice phare du CAC 40.  Les Français continuent de se montrer timides vis à vis du placement en actions, alors que leur faveur va toujours pour le placement immobilier : ainsi au cours des dix dernières années, les prix au mètre carré ont augmenté de 25% dans les dix plus grandes villes du pays ; à Paris ils ont doublé en douze ans et la perspective du brexit donne à penser que le mouvement va se prolonger dans la capitale. Sur le long terme, la hausse n'est pas pour autant linéaire : on assiste même dans de nombreuses villes moyennes, sans parler des déserts régionaux à des chutes de prix et bon nombre de cités n'ont pas retrouvé les niveaux de 2011. 
 
Par comparaison, la Bourse a connu des mouvements plus brutaux : en septembre 2000, le Cac 40 avait frôlé les sept mille points pour retomber à 2600 points en octobre 2002. Et il achève l'année un peu en dessous de 5400 points, en piétinant pratiquement depuis six mois. Pourtant Emmanuel Macron vient de lui administrer des stimulants : la suppression de l'ISF et la création de l'IFI qui s'en prendra uniquement à taxer l'immobilier et la nouvelle taxe unique de trente pour cent sur les dividendes représentent une réforme essentielle qui corrige non seulement les excès de prélèvement institués par le quinquennat précédent, mais vise à générer un nouveau climat dans un pays où les hommes politiques ont trop souvent manifesté leur aversion au placement boursier. L'indice Cac, qui vient de fêter ses trente ans, a pourtant connu une performance annuelle de 5,8% très honorable, mais un peu théorique, car la plupart des épargnants n'auront pas vécu une continuité aussi grande. Du moins aujourd'hui, met-on fin à une période où à l'exception de la création du PEA en 1992, chaque mesure nouvelle se traduisait par une aggravation de la fiscalité sur les actions.  Et d'autres mesures devraient suivre, telles que l'encouragement de l'épargne salariée en valeurs mobilières. Ainsi, à la manière qui lui est propre, le président de la République veut opérer un rééquilibrage dans les placements. Sur le plan financier, il ne fait que suivre ce qui se passe à l'étranger, sans que le régime de la France soit plus avantageux, mais qui va permettre de combler une grande partie du retard accumulé. Et l'on peut être assuré que le goût inné de nos compatriotes pour la pierre n'en sera pas vraiment entamé, car, au milieu des incertitudes de l'époque, elle constitue toujours une référence, à condition bien sûr de choisir aussi son emplacement.

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