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Les moqueurs surnomment parfois Nelson Montfort « Mets le son moins fort ! ».
Les moqueurs surnomment parfois Nelson Montfort « Mets le son moins fort ! ».
©DR

Silence Télé

Pourquoi les fans de tennis n’ont pas d’autre solution que de se résoudre à regarder Roland-Garros sans le son

Roland-Garros a ouvert ses portes depuis le 21 mai. L'occasion de relancer un débat de fond : est-il bien nécessaire de regarder le tournoi avec le son, quand on entend la piètre qualité des commentaires sportifs des journalistes ?

Arnaud Ramsay

Arnaud Ramsay

Arnaud Ramsay est ancien rédacteur en chef à France Soir, chargé des sports. Passé également par France Football, Le Journal du Dimanche et M6, il est journaliste indépendant. Auteur des biographies de Bixente Lizarazu, Nicolas Anelka ou David Douillet, il vient de publier celle de Mourad Boudjellal " Ma mauvaise réputation" aux éditions La Martinière ainsi que « Ligue 1 : 80 ans de football professionnel » (Solar), avec Paul Dietschy.

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La pluie est, hélas, l’attraction de ce début de Roland Garros. Pas de quoi bouleverser Roger Federer qui, jeudi, au lendemain de son 56e succès Porte d’Auteuil où il a laminé l’Indien Devvarman, ne lui laissant que quatre petits jeux, en a profité pour grimper au sommet de la Tour Eiffel. C’est la première fois que le Suisse découvrait le monument et il a illustré ce moment par une photo sur son compte Twitter, ouvert il y a moins d’une semaine et totalisant déjà plus de 260 000 « followers. »

Pour l’instant, donc, la curiosité s’aiguise hors des courts. La qualité de la réalisation et des matches n’y est pour rien. On ne peut pas toujours en dire de même des commentaires. L’idée n'est pas d’accabler ceux qui meublent comme ils peuvent durant les coupures. Oui, la pluie gâche le plaisir, même si elle a le mérite de provoquer quelques traits souriants, comme cette sortie de l’humoriste Mathieu Madénian : « L'organisation de Roland Garros va installer un pédiluve à l'entrée du Central ! ». Mais ceux qui décryptent les rencontres derrière leur micro sont-ils pour autant obligés d’enfiler les banalités, d’enquiller les jeux de mots douteux ou de décrire, d’interpréter ou d’analyser chaque geste anodin ? Evidemment non, quand bien même la nature a horreur du vide. Le spectacle est sur le court et nulle part ailleurs. Les commentaires passe-partout ne subliment pas assez l’événement, donnant l’impression de ne pas toujours être à la hauteur, naviguant sans trouver la bonne distance entre humour pataud et analyse technique grand public, entre simple décryptage de l’image et anticipation. 

La télévision, par ailleurs, a une tendance ultra cocardière agaçante. Elle vit Roland Garros par le prisme quasiment unique des performances des tricolores, sans recul. Certes, chez les joueurs comme les joueuses, le début de tournoi est encourageant. De là à ne se focaliser que sur eux… Nelson Montfort appartient, lui, au décorum. Le journaliste à l’élégance surannée promène sa silhouette partout dans les allées (et adore qu’on le reconnaisse ; il feint de ne pas en tenir compte mais doit compter le nombre d’autographes signés chaque jour). Sauf que la longueur de ses questions, notamment, peut crisper les acteurs du circuit. J'en veux pour témoignage ce grand moment de solitude juste avant que Monfils ne rentre sur le court Central se mesurer au premier tour au Tchèque Tomas Berdych, tête de série n°5. Tandis que Montfort interroge Monfils sur ses sensations espérées sur le terrain, le joueur le regarde à peine et lâche, indifférent et concentré: « Je me sens bien. » « On ne va pas faire trop long », reprend immédiatement le journaliste polyglotte, comprenant qu’il n’obtiendra rien de plus. Les moqueurs surnomment parfois Nelson Montfort « Mets le son moins fort ! ». En réalité, la solution pour profiter idéalement de Roland Garros devant son écran est simple : couper le son des commentateurs, garder celui de l’ambiance. Et, quand il ne pleut pas, laissez-vous emporter par la magie de ce tournoi…

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