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Pourquoi le plan d’économies d’Emmanuel Macron a du plomb dans l’aile
©FRANCOIS GUILLOT / POOL / AFP

Edito

Pourquoi le plan d’économies d’Emmanuel Macron a du plomb dans l’aile

Fin de l'euphorie : la conjoncture se dégrade, et le gouvernement va devoir faire quelque chose pour s'adapter à cette nouvelle donne.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Les nuages s’accumulent sur l’économie mondiale avec le ralentissement de la croissance et la guerre commerciale allumée par Donald Trump qui crée un vent d’inquiétude mêlée de panique dans de nombreux pays comme en témoigne le retournement intervenu sur les marchés financiers. Pour la France, la belle euphorie engendrée par les résultats spectaculaires engrangés à la fin de 2017 est en train de retomber. Elle lui avaient permis de faire tomber son rythme d’endettement au-dessous de trois pour cent grâce à un rebond inattendu de l’expansion, sans que le budget 2018 ait comporté les réformes structurelles qu’avaient réussi la plupart de nos partenaires et qui étaient réclamées par les organismes internationaux. Cette fois le gouvernement est au pied du mur car le prochain exercice budgétaire qui sera dévoilé dans quelques semaines doit impérativement montrer que la France est décidée à entrer dans la voie des réformes de fond et ne pas se contenter de promesses. Or, depuis quelques semaines la conjoncture s’est dégradée. La hausse du pétrole, à laquelle on n’avait pas pris garde et qui a retrouvé son niveau le plus élevé depuis quatre ans, a fait resurgir l’inflation qui atteint la cote d’alerte en se situant à deux pour cent. Car elle conduit à amputer un peu plus le pouvoir d’achat déjà touché par le relèvement de la CSG en début d’année et la majoration d’autres taxes. Par ailleurs les conséquences de la grève prolongée de la SNCF ne sont pas encore mesurables, mais elles ne seront pas légères, comme le montrent les premiers signes de diminution de la consommation des ménages. Et l’Insee et la Banque de France avertissent que la perspective d’une croissance supérieure à deux pour cent cette année qui aurait été un baume pour les finances publiques n’est déjà plus crédible. On ne dépasserait plus 1,9%. Dans ce contexte, le plan d’économies du gouvernement a déjà du plomb dans l’aile, car il faudrait réduire de trois à quatre points le niveau des dépenses publiques d’ici la fin du quinquennat. Cela supposerait d’augmenter la durée du temps de travail dans les collectivités publiques qui reste au-dessous des normes légales de 1607 heures, d’encourager les départs volontaires des fonctionnaires en développant en parallèle la fonction contractuelle, de réduire le nombre des fonctionnaires en poste à l’étranger et surtout de piocher dans le maquis des aides sociales et des doublons dans la fonction publique. Quand on voit la multiplication des couacs qui se développent dans les sphères gouvernementales sur les décisions à prendre, quand on mesure les oppositions de points de vue au sein du Parlement, on ne peut qu’être inquiet sur la possibilité de déboucher sur un programme concret cohérent à l’heure où les lobbies fourbissent leurs armes pour s’opposer à tout changement. Cela est particulièrement patent quand on évoque les choix qui devraient être engagés sur la réduction des aides ou lorsqu’on aborde le dossier explosif des régimes de retraite. L’augmentation des tensions internationales engendrées par le comportement de Donald Trump qui déclenche une véritable guerre commerciale, face à laquelle l’Europe a bien du mal à faire preuve d’unité, alors que l’Italie est en pleine crise gouvernementale, engendre la tentation du repli sur soi et du report des réformes à des jours meilleurs, ce qui serait la pire des solutions alors que la nécessité d’opérer des choix d’avenir n’a jamais été aussi forte.

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