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Pourquoi l'ère du tout-automobile est obsolète
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Pourquoi l'ère du tout-automobile est obsolète

Huit Français sur dix habitent en ville : ce petit manuel donne des pistes pour orienter les comportements urbains de manière à réduire leurs impacts sur la planète, dans tous les domaines de la vie quotidienne. Extrait de "Manuel d'écologie urbaine" (2/2).

Guillaume Jan,Eudoxie Jantet et Céline Vautard

Guillaume Jan,Eudoxie Jantet et Céline Vautard

Guillaume Jan, journaliste et écrivain, travaille depuis quinze ans sur les questions relatives à la place de l’homme dans son environnement.

Eudoxie Jantet, journaliste et géographe, a commencé sa carrière en Guyane avant de venir à Paris collaborer avec Yolaine de la Bigne, chroniqueuse environnement sur Europe 1.

Céline Vautard, journaliste et auteur, travaille dans la presse professionnelle textile et mode. Elle a fondé le site éco-lifestyle Doukyo.com.

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la part modale de la voiture est en train de diminuer dans toutes les grandes villes de France. À Paris, la mairie a engagé une ambitieuse politique en matière de transports en commun (couloirs de bus, extension des lignes de métro, de RER, de tramway), facilitant également les trajets des cyclistes (pistes cyclables, Vélibs) et des piétons. Le Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif) remarquait en 2012 que la part des déplacements effectués en voiture s’était stabilisée sur les dix dernières années. Alors que les ménages parisiens ont déjà amorcé une baisse de leur équipement automobile dans les années 1990, ce recul s’est accentué ces dernières années, et ils sont 55 % en 2010 à ne pas avoir de voiture – en banlieue, 29 %.

Même constat à Marseille, Lyon, Bordeaux, Lille, Toulon, Grenoble, Reims, Toulon, Rennes, Strasbourg… De moins en moins de personnes passent leur permis de conduire non seulement en France, mais aussi dans les autres pays d’Europe. Après le pic du pétrole, sommes-nous arrivés au pic de la voiture ? Trop polluante, trop chère, trop encombrante, elle perd de son aura enchanteresse. C’est tout un faisceau d’éléments qui nous font nous détourner (lentement) de l’hégémonie automobile. Après les baby-boomers, adeptes du tout-auto, la génération Y considère-t-elle que les médias sociaux leur donnent une forme d’accès au monde suffisante ? Une chose est certaine : les urbains se sont aperçus que des alternatives efficaces au transport individuel motorisé existaient. Les alternatives à la voiture : comment circuler écolo dans la ville ? Comment faire pour circuler sans provoquer de dérèglement climatique ? Réponse : en marchant ou en pédalant.

Éventuellement en se déplaçant en trottinette, en roller, en skate. Les transports les plus écolos sont ceux que l’on qualifie de doux, c’està- dire qu’ils ne sont pas motorisés – nos propres calories sont leur seule source d’énergie. Les villes ont également développé leurs réseaux de transports en commun, avec plus ou moins de réussite – à noter que le transport collectif n’est pas toujours respectueux de notre planète, selon le mode de propulsion utilisé et la densité de l’habitat. On verra aussi que la voiture peut devenir une alternative de transport relativement écologique. Là encore, c’est en prenant les questions environnementales dans leur globalité que l’on arrivera au résultat le plus efficace. En clair : s’il est très écologique de troquer sa voiture pour un vélo, il est également préférable de faire ses courses dans les commerces de proximité (plutôt que d’encourager les hypermarchés à s’agrandir davantage) et il est surtout recommandé de consommer des produits locaux pour éviter les transports inutiles. Objectif : renforcer le poids des alternatives à l’automobile.

Plusieurs villes de France se sont déjà engagées dans cette voie. C’est notamment le cas des villes en transition, qui proposent de préparer le passage « de la dépendance au pétrole à la résilience locale », en incitant les citoyens d’un territoire à réduire leur consommation d’énergie fossile et à reconstruire une économie locale vigoureuse et respectueuse de l’environnement. Plus de cinquante villes françaises ont déjà lancé le processus – d’Aix-en-Provence à Toulouse, en passant par Caen, Frontignan ou Orléans. Initié en 2006, dans la ville de Totnes, en Angleterre, le mouvement est aujourd’hui mondial. Il tente d’impliquer les communautés urbaines dans leur ensemble, considérant que le changement ne doit pas venir seulement des gestes individuels quotidiens, ni des instances politiques via la législation. Concrètement, les villes en transition encouragent le covoiturage, l’autopartage, les transports en commun et le vélo.

D’autres initiatives vont dans ce sens. Citons celles des cittaslow (villes lentes), qui s’engagent à suivre des recommandations inspirées des principes de la décroissance et de la sobriété heureuse – elles donnent la priorité aux transports en commun et transports non polluants, elles favorisent les zones piétonnières, la création de places publiques « où l’on peut s’asseoir et converser paisiblement » ou encore le développement des commerces de proximité et des systèmes d’échanges locaux. En France, Segonzac (Charente) est la première commune à avoir adhéré à la Charte cittaslow en mai 2010. Une demi-douzaine de villes moyennes ont suivi – telles Blanquefort, Créon, Labastide-d’Armagnac (Landes), Mirande et Saint-Antonin-Noble-Val – déterminées à créer un réseau français de villes lentes.

Extrait de "Manuel d'écologie urbaine, Peut-on vivre 100 % écolo en ville ?", Guillaume Jan, Eudoxie Jantet & Céline Vautard, (François Bourin éditeur), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 

 

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