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Pourquoi l’écart des prélèvements fiscaux se creuse entre la France et l’Allemagne
©Reuters

Edito

Pourquoi l’écart des prélèvements fiscaux se creuse entre la France et l’Allemagne

Emmanuel Macron rêve d’un front commun franco-allemand qui deviendrait le fer de lance d’une Europe revitalisée pour donner un nouveau souffle à l’ensemble du vieux continent.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Emmanuel Macron annonce une série de chantiers destinés à transformer  notre pays pour lui faire rattraper  son retard. Mais pour l’instant, rien ne  dit que l’écart existant de part et d’autre du Rhin pourra être facilement colmaté.

C’est la quadrature du cercle  pour obtenir en France un simple ralentissement de la dépense publique, qui continue  bel et bien  de progresser, sans dépasser espère-t-on 3% cette année. Alors que pendant le même temps Angela  Merkel, qui s’apprête à une réélection triomphale pour un quatrième  mandat,  cherche comment utiliser dans le prochain budget les excédents qu’on lui prédit,  en raison du dynamisme de l’économie allemande, qui  a su surmonter les obstacles engendrés par l’abondance des migrants qui ont été intégrés et  la chute du dollar qui n’empêche pas  les  exportations  de progresser.

En France,  le déficit des échanges est devenu abyssal  et souffre au contraire de  la force de l’euro. Mais en réalité,  il met en lumière la nécessité urgente de procéder aux réformes structurelles si souvent évoquées mais toujours mises  sous le boisseau, alors qu’elles avaient été réalisées outre-Rhin par Gerhard Schroeder. A cet égard, une étude récente d’un organisme de  recherche, Rexecode, a mis en lumière l’écart impressionnant existant entre la taxation des entreprises de part et d’autre du Rhin. Celui-ci s’est établi à 185 milliards d’euros en  2015 , et la situation aurait plutôt empiré depuis . Rapporté à la taille des économies, cela  signifie un prélèvement de 9,3% sur le produit intérieur brut allemand, alors qu’il a représenté 17,7% sur la richesse nationale française.  Il en résulte  un handicap considérable qui explique en partie les mésaventures du commerce extérieur. L’étude montre ainsi qu’il existe un surcoût de 37 milliards sur les impôts sur les salaires au détriment  de la France,(alors que le niveau moyen des salaires est supérieur outre-Rhin), de 33 milliards sur l’impôt  foncier.  Mais il existe aussi toute une panoplie d’impôts et taxes qui alourdissent la barque hexagonale et qui demeurent plus ou moins cachés aux yeux de l’opinion, pour laquelle on  brandi surtout l’impôt sur les sociétés, qui  représente seulement une partie des prélèvements. Ainsi les entreprises subventionnent certains secteurs publics, comme  la Sncf,  ou des transports régionaux pour leur personnel. A l’échelle  de la planète, la population française représente1,5% de la population mondiale, qui fait face à des prélèvements de 15%.  C’est cette anomalie à laquelle il convient de remédier , en luttant contre une inertie entretenue par des siècles  d’immobilisme,  puisque certaines institutions  sur lesquelles nous reposons datent de la période révolutionnaire et que l’inconscient collectif  suggère que l’on peut encore maintenir ce qui existe depuis si longtemps. Pour  l’instant, le gouvernement envoie des messages,  lance des pistes, qui affolent une grande partie de l’opinion, toujours inquiète de la nouveauté et du changement. Le pire serait de se contenter de réformer à la marge, selon la technique fragmentaire du rabot, alors qu’il  faudrait porter le fer sur un projet de réforme de l’Etat lui-même, en  son centre,  et en revisitant les  privilèges des castes dirigeantes. Mais sur ce  plan, le pouvoir est plus discret.

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